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Accueil s'informer La revue de presse Des œufs pour le directeur de Continental

Des œufs pour le directeur de Continental

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[...] Continental a annoncé mercredi la fermeture de deux sites de production de pneus en Europe, dont celui de Clairoix en France où sont employées 1.120 personnes.

Est également concerné le site de production de pneus pour poids-lourds de Hanovre en Allemagne, où Continental a aussi son siège : 780 personnes seront touchées. Hans-Joachim Nikolin, membre du directoire en charge de l'activité de pneumatiques, a expliqué qu'il «n’y a malheureusement pas d’alternative», mettant en cause la chute brutale de la demande en Europe : plus de 30% sur les deux premiers mois de l'année pour les pneus pour voitures.

Jeudi matin, la direction de l'usine a expliqué le projet de fermeture à quelque 500 salariés réunis dans un entrepôt à l'intérieur de l'usine à l'arrêt. Le directeur Louis Forzy a été copieusement sifflé et insulté par les salariés, et certains lui ont lancé des œufs. C'est le directeur des ressources humaines de l'usine, Philippe Bleuvarcq, qui a finalement présenté le projet dans un échange, parfois houleux, avec les salariés. La production sera arrêtée en deux étapes : 650 départs en octobre 2009 et 450 en mars 2010. A terme, ne resteront à Clairoix que des activités de marketing et de distribution, qui emploient 175 personnes.

Délocalisation larvée, chantage à l'emploi… et bénéfices

Continental avait fait valoir que Clairoix était le site européen où les coûts étaient les plus élevés. En difficulté depuis deux ans, il est placé en concurrence directe avec une nouvelle usine du même groupe en Roumanie, conçue pour fabriquer plus de pneus à moindre coût.

La CFTC, majoritaire, s'est déclarée mercredi «odieusement flouée», «d’autant plus que le groupe Continental fait des bénéfices». Le syndicat avait été le seul à accepter fin 2007 l'augmentation de la durée du travail. Même son de cloche à la CFE-CGC où l'on a souligné que les salariés ont été «trahis». Un point de vue partagé par le porte-parole du gouvernement Luc Chatel, qui avait rencontré récemment les dirigeants de Continental. «Je leur ai indiqué que le site de Clairoix avait eu l’occasion d’entamer une négociation entre les salariés et la direction il y a trois ans sur le temps de travail. Un engagement avait été pris : l’augmentation du temps de travail contre l’emploi. Et donc que tout retour sur cet accord pouvait être considéré par les salariés comme une trahison», a jugé le secrétaire d'Etat à l'Industrie. De nombreux élus locaux ont, eux, crié au «cataclysme» dans une région déjà affectée par les restructurations, dont le sénateur UMP Philippe Marini (Oise) qui dénonce une décision «sans justification économique».

Luc Chatel a insisté sur le fait qu'il avait prévenu les dirigeants de Continental «que si le groupe persistait dans sa volonté d'une restructuration du site de Clairoix, il aurait à justifier devant les tribunaux de la motivation de tels licenciements, surtout dans une période où le groupe Continental a annoncé des résultats positifs pour 2008 dans sa branche de pneumatiques». Le secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi Laurent Wauquiez a, lui, estimé jeudi que les salariés du fabricant de Clairoix auront «raison» de porter plainte contre leur employeur, car «les règles d’information n'ont pas été respectées». [...]

(Source : Europe 1)

NDLR : Il y a deux ans, sur décision de la CFTC, les salariés de Continental avaient accepté une hausse du temps de travail hebdomadaire à 40 heures contre la promesse du maintien de leur emploi au moins jusqu'en 2012. Comme quoi, à l'instar de toutes ces autres entreprises (Fenwick, Bosch, Hewlett-Packard, Peugeot Motocycles, Doux…) qui ont demandé à leurs salariés, au nom de la sauvegarde de leur gagne-pain, de se sacrifier en travaillant plus pour gagner moins avec la complicité de syndicats dits «réformistes», quand on commence à baisser son froc, au final on se retrouve toujours à poil !

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Mis à jour ( Mercredi, 20 Octobre 2010 03:54 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2009-03-12 16:11 Voici un argument qui devrait amadouer tout le monde : Le fabricant de pneus Continental vient d'annoncer qu'il proposera le double des indemnités légales de licenciement aux 1.120 salariés de son site de Clairoix (Oise) qu'il souhaite fermer dans un an.

Invité par la presse à donner des précisions sur le plan social soumis la veille au comité central d'entreprise et aux élus syndicaux, le vice-président du groupe, Bernhard Trilken, a rappelé que le minimum était de 0,3 mois de salaire par année travaillée. "On a doublé la base légale", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse, ajoutant que la proposition sur la table était donc de 0,6 mois par année travaillée. Continental promet par ailleurs de fournir une aide financière au reclassement.

Ainsi, Continental tente d'acheter la paix sociale et éviter tout recours en justice.
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0 # Yves 2009-03-12 16:43 "Continental promet par ailleurs de fournir une aide financière au reclassement"…

Quel "reclassement" ?

Dans l'automobile ? Dans le BTP ? Ou peut-être dans l'hôtellerie-restauration grâce au coup de pouce de la baisse de la TVA qui va profiter aux patrons, pardon aux employés et aux clients ?

De "reclassement", dans l'immédiat, il n'y a aucune perspective !

Prenez vos sous et pointez à Pôle Emploi !
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0 # mabulle 2009-03-12 18:10 Financer le reclassement, c'est à dire les miettes pour les salariés licenciés, sous forme :
- d'aide à la création d'entreprise, comme toujours…
- d'aide à la formation, de préférence vers les "métiers en tension", là on rigole, comme toujours…
- d'un accompagnement personnalisé, tient, ça me rappelle quelque chose,
- mais surtout le financement des grasses honoraires d'un cabinet de reclassement chargé de ce suivi personnalisé.

Les Kléber de Toul (54) pourront vous en parler.
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0 # 2009-03-13 18:55 Je vous rappelle les paroles d’un homme politique connu : «Les promesses n'engagent que ceux qui y croient».

Pensez vous sérieusement qu’une entreprise, sans doute en difficulté puisqu’elle demande à son personnel de travailler 40h et être payé 35 (+ 14% mais uniquement sur la masse salariale, ce qui est négligeable au niveau du résultat), va dégager suffisamment de profits pour satisfaire ses actionnaires ?

Non : car dans une logique financière, il faut absolument rentabiliser les Capitaux investis. Dans un groupe, toute entreprise qui tire la moyenne de la rentabilité financière vers le bas est vouée à disparaître. (Les branches mortes…)

Actuellement, la politique des entreprises consiste à :
- profiter de la crise pour se purger des canards boiteux (branches mortes), vendre les actifs, dégager de la trésorerie,
- attendre la relance pour se développer et produire dans les pays à bas couts.

Avantages :

- on paye les primes de licenciement et «on se quitte définitivement» ,
- on soulage le groupe d’une branche moins rentable, ce qui mécaniquement entraine une amélioration de la rentabilité financière au niveau du Groupe,
- on ne fait pas de délocalisation officielle (mal vu en ce moment).

Inconvénients :

- quelques humeurs de salariés (mais dans 6 mois ils serons passés à la trappe),
«La CFTC, majoritaire, s'est déclarée mercredi «odieusement flouée»…

- quelques paroles d’hommes politiques, mais sans suites (Paroles, paroles…du vent).
«Le secrétaire d'Etat chargé de l'Emploi Laurent Wauquiez a, lui, estimé jeudi que les salariés du fabricant de Clairoix auront "raison" de porter plainte contre leur employeur, car "les règles d’information n'ont pas été respectées"»…

Donc, en définitive :

Il y pour le Groupe plus d’avantages que d’inconvénients .
Pourquoi se gêner ?
C’est l’économie de marché !
Il faut être «sans Tabou».

CQFD
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