Hier soir, j'ai zappé entre LCI, BFM-TV (Marschall-Truchot et leurs téléspectateurs qui peuvent intervenir en direct par webcam), France 2 ou TF1 afin d'observer la manière dont l'initiative de Xavier Darcos serait traitée. Quelles ne furent pas ma stupéfaction et ma colère de constater qu'aucun d'entre eux n'a lâché le terme CONTRATS AIDÉS et, surtout, expliqué de quoi il en retourne alors que leur utilisation est au cœur du dispositif.Tous ont dit que le ministre voulait recruter «5.000 agents» ou «médiateurs» pour remettre les élèves qui décrochent sur le droit chemin : a priori, une excellente nouvelle. Et chacun de sortir des chiffres et des pourcentages sur l'absentéisme scolaire. Ici un expert pour expliquer le phénomène, son apparition et ses causes. Ailleurs, un syndicaliste (pas trop virulent, ou coupé au montage) pour critiquer les suppressions de postes dans l'Education nationale et faire valoir qu'il y a déjà des personnels qualifiés pour cela. Sinon, une institutrice de dire que c'est peut-être une bonne idée, mais de s'interroger sur le niveau de formation de ces nouvelles recrues...
RIEN sur la précarisation galopante des emplois publics (10 à 25% de contrats précaires selon les secteurs). RIEN sur le vrai visage des contrats aidés, partie intégrante de la panoplie gouvernementale censée lutter contre le chômage, et qui ne font jamais l'objet d'un examen plus approfondi.
Pourtant, si les Français savaient ce que sont réellement ces emplois, ils ne verraient pas l'initiative de M. Darcos d'un bon œil. UN CONTRAT AIDÉ, C'EST :
• un CDD à temps partiel rémunéré au Smic (autrement dit, un emploi jetable payé une misère) qui, de plus en plus souvent, se permet d'exiger de l'expérience et des qualifications => voir exemples en commentaire…
• un travail si mal payé que son «bénéficiaire» peut certes le cumuler avec certaines aides, mais où les mauvaises surprises sont fréquentes (perte de droits, imbroglios administratifs ou juridiques…)
• une véritable aubaine car quasi gratuit pour l'employeur : celui-ci ayant la bonté d'offrir un petit boulot à un RMIste, il est en contrepartie grassement subventionné par l'Etat (tant est si bien que le plus de la moitié du budget «emploi» de Bercy est consacré aux exonérations et allègements de «charges» sur les bas salaires au détriment de ses autres missions : accompagnement, orientation et formation des chômeurs)
• un emploi qui, au lieu de servir de tremplin à la réinsertion professionnelle de l'intéressé, le stigmatise et l'abonne à ce type de contrats (selon un rapport de la Cour des comptes => lire en commentaire…)
Grâce à leur coût très faible, au déclassement systématique des candidats sélectionnés et à la précarité/flexibilité qu'ils induisent, les contrats aidés dévalorisent le travail. Exerçant un dumping social, ils se substituent à de vrais postes (notamment aux emplois pérennes supprimés dans la Fonction publique) et concurrencent même les emplois classiques au Smic.
Pour finir, non seulement ils coûtent une fortune à l'Etat et aux collectivités locales, mais ils contribuent au déficit de recettes de toute la protection sociale !
Voilà ce que sont les «contrats aidés».
Et voilà sous quelles conditions M. Darcos entend lutter contre l'absentéisme scolaire : confier à des travailleurs pauvres et précaires «une fonction d'insertion» vis-à-vis de familles elles-mêmes en difficulté. Une aberration limite immorale.
Il faut en finir avec les contrats aidés. Il faut en finir avec le démantèlement de l'Education nationale. Et il faut en finir avec les JT.
S.H.
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Lieu de travail
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Type de contrat
CONTRAT A DUREE DETERMINEE DE 6 MOIS
Nature d'offre
CONTRAT ACCOMPAGN. EMPLOI (1)
Expérience
SOUHAITEE DE 1 AN DANS LE SOCIAL ET/OU L'ASSOCIATIF
Formation et connaissances
DIP. ETAT BAC+3 ASSISTANT SOCIAL EXIGE(E) (2)
Autres connaissances PRATIQ. TRAIT.TEXTES EXIGE(E)
Qualification
EMPLOYE QUALIFIE
Salaire indicatif MENSUEL 925 Euros (6 067,60 F)
Durée hebdomadaire de travail 20H00 HEBDO
Déplacements
Taille de l'entreprise 1 OU 2 SALARIES
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Perçus comme une incitation à l'assistanat par les uns et comme un tremplin vers l'emploi par les autres, les différents contrats aidés n'ont souvent pas eu le temps d'être évalués qu'ils sont déjà remplacés par d'autres dispositifs. Dans un rapport commandé par la commission des Finances du Sénat, qui doit être publié ce matin et dont Les Echos ont obtenu copie, la Cour des comptes a donc tenté d'évaluer, non sans mal, l'impact de ces mesures sur la baisse du chômage.
Les dispositifs, qui ont profité en 2005 à près de 2 millions de personnes pour un coût de 5,6 milliards d'euros, présentent un bilan très contrasté. Le contrat initiative-emploi (CIE), destiné au secteur marchand pour une durée maximale de 24 mois, se distingue comme l'un des plus efficaces, ce qui s'explique en partie par sa longévité. Ainsi, les plus de 50 ans qui en ont bénéficié sont deux fois plus nombreux à occuper un emploi qu'une population témoin n'en ayant pas profité.
L'impact sur le chômage reste cependant très faible : la Cour, qui se base sur les statistiques du ministère de l'Emploi, estime que 100 CIE concourent à réduire le nombre de demandeurs d'emploi de 12. Cette méthode permet de neutraliser les effets d'aubaine, certaines entreprises recourant à ces contrats pour profiter des subventions, et les effets d'appel, certains chômeurs s'inscrivant sur les listes de l'ANPE pour y accéder.
Effets pervers. Les emplois aidés dans le secteur non marchand ont un impact sur le chômage plus fort à court terme, car les effets d'aubaine sont nettement réduits. La création de 100 contrats emploi-solidarité (CES, 24 mois maximum), par exemple, permet de réduire le nombre de chômeurs de 72. Mais leur efficacité en termes d'insertion sociale est contestée, certains contrats provoquant même des effets pervers, selon la Cour. Les personnes employés en CES en 1999 sont ainsi moins nombreuses aujourd'hui à occuper un emploi que les membres d'un échantillon semblable n'en ayant pas profité. «Les bénéficiaires […] sont dans une situation beaucoup moins favorable à l'issue de leur contrat et sont même parfois stigmatisés d'être passés par ces mesures», expliquent les auteurs du rapport. Faute de formation et de suivi, les bénéficiaires se voient refuser l'accès au privé qui leur permettrait, à terme, d'obtenir un emploi classique.
Sans renier l'intérêt de ces dispositifs ciblés sur les populations les plus difficiles, la Cour préconise de développer la validation des acquis de l'expérience (VAE) qui permettrait de faire reconnaître leurs compétences sur le terrain. C'est déjà le cas des contrats d'avenir (36 mois maximum) mis en place par Jean-Louis Borloo, qui donnent systématiquemen t droit à une attestation de compétence de la part de l'employeur.
Avertissement. De manière plus générale, la Cour des comptes regrette «l'éclatement, la complexité et la forte instabilité» des contrats aidés sur la période récente, qui brouillent leur visibilité du côté des salariés comme des employeurs. Elle adresse ainsi un avertissement implicite aux candidats à la présidentielle qui seraient tentés de marquer leur empreinte en faisant table rase des dispositifs actuels pour en créer de nouveaux. Ségolène Royal, par exemple, a promis la création d'«emplois parents» et la généralisation des emplois tremplins, mis en place par les régions de gauche en 2005 pour faire barrage aux contrats d'avenir de la droite.
(Source : Les Echos du 21/02/07) Répondre | Répondre avec citation | Citer
Mon fils était déjà inscrit en maternelle, puis pour des raisons professionnelle s nous nous sommes déplacés en région parisienne. Il a été inscrit dans une école mais "non admis" pour cause de classe pleine. Ça a duré 3 mois jusqu'à ce que ma femme aille faire un sit-in à la mairie. C'est honteux.
C'est vrai qu'en interdisant aux enfants d'aller à l'école, il y aura toujours trop de professeurs — à dégraisser ! Répondre | Répondre avec citation | Citer