"Nous savons prendre nos responsabilités". C'est par ces mots que Jean-François Roubaud a déclaré, mercredi soir, que la CGPME qu'il préside signerait finalement la nouvelle convention d'assurance chômage négociée depuis plus de trois mois entre le patronat et les syndicats.
"Si je viens d'annoncer que la CGPME ratifiera la nouvelle convention sur l'assurance chômage, ce sera à la condition expresse que les cotisations diminuent effectivement au 1er juillet prochain", a-t-il néanmoins prévenu. "Si tel n'était pas le cas, nous n'hésiterions pas à retirer notre signature. On ne peut en effet arguer de la bonne santé financière du régime pour y faire rentrer des centaines de milliers de chômeurs supplémentaires et expliquer aux chefs d'entreprise qu'on n'est pas en mesure de leur garantir une baisse des cotisations !"
Depuis qu'un projet d'accord a été bouclé le 24 décembre, la CGPME jouait pourtant les gros bras, menaçant de ne pas parapher le texte, au motif qu'il représentait "un marché de dupes" et faisait "prendre des vessies pour des lanternes aux chefs d'entreprise". Dès mardi soir, son comité exécutif avait décidé de se raviser et de signer l'accord. Et mercredi après-midi, le comité directeur de la CGPME a validé cette position, au terme de plusieurs réunions tenues dans la matinée. Sa principale composante, l'UIMM (fédération de la métallurgie), a appelé fermement à la "responsabilité" et à "l'unité" patronale. Son représentant, Laurent Bernard, avait reçu mandat de son président, Frédéric Saint-Geours, pour presser Jean-François Roubaud de se rallier au Medef.
Il faut dire qu'en face, dans le camp syndical, la plus grande incertitude prévaut. Seule la CFDT a l'intention, à ce stade, de signer la convention Unedic. La CGT, FO et la CFTC s'y refusent. Quant à la CGC, elle se déterminera le 20 janvier.
(Source : Les Echos)
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Commentaires
Le feuilleton de l'accord sur l'assurance-chômage commence à agacer sérieusement la présidente du Medef qui a jugé hier «stupéfiante» l'attitude des syndicats. «Jamais nous n'avons mis sur la table une convention Unedic aussi ouverte à autant de bénéficiaires possibles, nous disons que nous pouvons à la fois augmenter les droits et ne pas accroître les cotisations, voire les réduire», a-t-elle souligné. Que la CGT, FO et la CFTC aient décidé de ne pas signer le texte conclu la veille de Noël, au terme de trois mois de négociations, est dans ces conditions «très étonnant».
A ses yeux, «on peut se demander si ces positions ne sont pas prises en fonction d'autres considérations que le contenu du texte et l'intérêt des parties prenantes». Laurence Parisot voit une contradiction entre le fait que les syndicats, dans la crise actuelle, «demandent quelque chose en faveur du pouvoir d'achat» et le fait que trois d'entre eux refusent d'avaliser l'ouverture du droit à indemnisation «à tous ceux qui ont cotisé ne serait-ce que quatre mois, sur une période de référence étendue». Autrement dit : ils s'interdisent «la possibilité d'une diminution de ce qui pèse sur la feuille de paye», argue-t-elle.
La CFDT étant la seule à avoir opté pour une signature à ce stade, la présidente du Medef lance un appel à la raison en direction de la CGC, laquelle doit arrêter sa position le 20 janvier. «Je pense sérieusement que le paritarisme est en train de marquer un but contre son camp», ajoute-t-elle. […]
Laurence Parisot n'hésite pas à brandir un scénario noir. Si le gouvernement décide de ne pas agréer l'accord faute d'un nombre suffisant de signatures, c'est le dispositif actuel «qui continuera à vivre» et «les droits élargis ne seront pas mis en œuvre pendant au moins six mois», dit-elle. Ensuite, le gouvernement peut décider d’«étatiser» le système, une hypothèse «que l'on aurait tort d'écarter», selon elle. L'exécutif peut aussi demander une nouvelle négociation, comme l'a fait lundi soir Jean-Claude Mailly (FO) dans un courrier à la patronne des patrons, et comme l'avait déjà fait la CFTC la semaine dernière. Mais là, «c'est non», prévient-elle, écartant toute idée de «troisième mi-temps».
(Source : Les Echos) Répondre | Répondre avec citation | Citer
L'Union professionnelle artisanale répond ainsi à François Chérèque, secrétaire général de la CFDT - seule organisation ayant annoncé à ce jour sa signature - qui a appelé mercredi matin sur France-Info les non-signataires à "prendre leurs responsabilités " en faisant valoir ce droit.
Dans un communiqué diffusé mercredi, l'UPA demande aux syndicats non-signataires "de rejeter la politique du pire qui consisterait à faire valoir leur droit d'opposition et à rendre inapplicable la nouvelle convention". Pour elle, "cette démarche négative conduirait tout droit à une reprise en main par l'Etat de la gestion de l'assurance-chômage. Or, les partenaires sociaux ont montré dans le passé leur capacité à gérer efficacement ce régime".
L'UPA considère en outre "que la définition des politiques d'indemnisation des demandeurs d'emploi est naturellement du ressort des représentants des employeurs et des salariés, c'est-à-dire des acteurs même de l'entreprise. Cette mission ne peut incomber à l'Etat, sauf à remettre en cause tout l'édifice du paritarisme".
Alors que le secrétaire général de la CGT Bernard Thibault laisse entendre que son organisation pourrait se servir de cette possibilité donnée aux syndicats majoritaires par la loi Fillon de 2004 sur le dialogue social, la CFTC a déjà fait savoir qu'elle ne ferait pas jouer son droit d'opposition. Mais, tout en estimant le texte "pas à la hauteur des enjeux que la crise nous impose", la CFTC a précisé dans un communiqué qu'elle "demande au gouvernement d'appuyer sa demande d'ouverture de négociation d'un avenant". Répondre | Répondre avec citation | Citer
"Il ne suffit pas de dire qu'on ne signe pas. Je souhaite que ceux qui ne signent pas écrivent au gouvernement pour demander de ne pas appliquer cet accord", a déclaré M. Chérèque sur France Info, évoquant "une règle de la démocratie sociale qui est simple : lorsqu'il y a une opposition majoritaire, l'accord qui est signé est caduc".
"Qu'ils expliquent pourquoi les personnes qui sont en précarité ne seront pas mieux indemnisées, qu'ils expliquent pourquoi les seniors, les plus de 50 ans, qui seront indemnisés 36 mois, ne le seront pas, qu'ils expliquent pourquoi les saisonniers qui pourront être indemnisés au delà de trois saisons ne le seront plus", a ajouté le leader de la CFDT.
"Qu'ils l'écrivent, et à ce moment-là, le gouvernement, s'il y a plus de syndicats qui s'opposent par écrit que de ceux qui signent, devra ne pas appliquer cet accord et chacun sera face à ses responsabilités ", a-t-il lancé.
"Moi j'en ai un petit peu marre qu'on laisse régulièrement des syndicats signer pour les critiquer, et deux ans après, refuser qu'on transforme ce que les autres ont signé", a commenté M. Chérèque.
Par ailleurs, il a salué l'idée du président de la République qui a reçu les organisations syndicales mardi soir, d'organiser "des groupes de travail secteur par secteur pour suivre les problèmes de la crise dans les entreprises". Mais, selon lui, les entreprises doivent aller "jusqu'au bout de leurs responsabilités ", notamment vis à vis de leurs sous-traitants. "Il faut non seulement que Peugeot soit responsable de Peugeot, mais soit responsable aussi de Faurecia, parce que c'est une entreprise où il est majoritaire comme actionnaire".
Enfin, il a jugé "insupportables" les "heures supplémentaires en période de crise, dénonçant "une faute d'anticipation grave" du gouvernement, qui a "rendu les heures supplémentaires moins chères que les embauches". "Les entreprises ont supprimé des emplois pour faire faire des heures supplémentaires ", a-t-il dit.
(Source : BourseReflex) Répondre | Répondre avec citation | Citer
La "bonne santé" du régime (donc de l'UNEDIC) est très relative, à court et moyen termes. Avec +64.000 chômeurs en novembre, et peut-être +400.000 en 2009, l'assurance-chômage risque d'être moins fringante en juillet et moins encore en décembre.
Monsieur Roubaud, toute baisse des cotisations est INENVISAGEABLE ! On vous l'assure.
Alors ne signez pas cette Convention qui ne satisfait ni aux exigences syndicales ni aux exigences patronales. Quant aux "espérances" des chômeurs (les premiers concernés), tout le monde s'en tape !!!
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