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Accueil s'informer La revue de presse Baisser la TVA : Christine Lagarde loupe le coche

Baisser la TVA : Christine Lagarde loupe le coche

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La baisse temporaire de la TVA décidée par le Royaume-Uni est-elle une bonne solution contre la crise ? Paris et Berlin ont rejeté cette idée. Mais une baisse coordonnée de la TVA serait un plan de relance efficace, estime Eric Heyer, économiste à l'OFCE. Entretien.

Quels sont les avantages d’une baisse temporaire de la TVA ?


Si la Grande-Bretagne baisse seule sa TVA, c’est intéressant pour elle à double titre. Cela fait baisser les prix chez elle, donc cela redonne du pouvoir d’achat et stimule la consommation. De plus, cela améliore la compétitivité prix des produits britanniques. La Grande-Bretagne y gagnera à la fois sur sa demande interne, mais aussi sur la demande extérieure. Et il est intéressant que cette baisse soit temporaire. Tout plan de relance doit être réversible pour être incitatif. L’idée est de dire : «On le fait ponctuellement, donc profitez en, cela ne va pas durer».

La baisse de la TVA présente-t-elle un risque de déflation, comme le clame l’opposition britannique ?

On s’attend à ce que, compte tenu du reflux des prix des matières premières et du pétrole, les prix baissent énormément entre la fin 2008 et 2009. Mais nous ne serons pas du tout dans une situation de déflation. Certes, l’indice des prix à la consommation (IPC) baisse. Mais ce qui est important, c’est l’indice sous-jacent [hors éléments volatils comme le pétrole, ndlr]. Or celui-ci va rester relativement stable même s’il peut un peu baisser, notamment pour cause d’une poussée du chômage.

Christine Lagarde a-t-elle raison d’objecter qu’une baisse de la TVA risquerait de se perdre dans les marges des entreprises ou une hausse des importations ?

Il est vrai que les entreprises peuvent ne pas répercuter intégralement cette baisse de la TVA. Dans ce cas-là, elles restaureraient leurs marges. Mais le grand problème de l’année 2009 va être le désendettement des entreprises, comme de tous les acteurs privés, qui les conduit à geler leurs projets d’investissements. C’est cela qui provoque le ralentissement économique. Aussi, si la baisse de la TVA ne restaurait pas la demande parce que l’on ne constate pas de baisse des prix et que les entreprises en profitent pour restaurer leurs marges, elles pourraient se désendetter et dégeler leurs projets d’investissement. Il y aurait donc tout de même un impact positif sur la demande intérieure et sur le PIB.
Quant au fait de favoriser les importations, cela n’est vrai que si un seul pays pratique la baisse de la TVA. Si tous les pays européens le décidaient, ils verraient leurs exportations augmenter en même temps que leurs importations. Ce qui annulerait l’impact négatif. Pour qu’un plan de relance soit efficace, il faut qu’il soit de grande ampleur, coordonné, réversible et non-ciblé. Or une baisse de la TVA peut présenter toutes ces caractéristiques. De plus, c’est un instrument simple à mettre en œuvre et à effet immédiat.

(Source : L'Expansion)

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Mis à jour ( Mercredi, 26 Novembre 2008 03:35 )  

Commentaires 

 
0 # tristesir 2008-11-26 03:19 Il faudrait comparer l'endettement de la Grande Bretagne et celui de la France.

Et en outre, baisser la TVA vide dans un premier temps au moins les caisses de l'Etat sauf erreur.

Il faut avoir des marges de manoeuvres budgétaires pour jouer avec la TVA, rappelez vous que "les caisses sont vides" !

(la TVA est la premier poste de recette de l'Etat sauf erreur, loin devant l'impôt sur le revenu)
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0 # superuser 2008-11-26 04:16 Il est vrai que la dette britannique est inférieure de 20% à la nôtre (43% de son PIB avant la crise, évaluée à 47% minimum après tous les sauvetages du privé grâce au public).

Mais, ici ou ailleurs, l'épouvantail de la dette c'est du flanc, d'autant plus que notre dette est de bonne qualité et notre gouvernement le sait. Mais il l'invoque à tout bout de champ pour serrer la vis au secteur public afin de le détruire à petit feu, le discréditer et justifier son inévitable privatisation.

Que fait Sarkozy quand il trouve des milliards pour soi-disant relancer l'économie ? Même s'il nous fait croire que ça ne coûtera rien, ça vient bien de quelque part ? De toutes façons, ce sont toujours les mêmes qui vont payer, pas vrai ?

Mieux vaut pomper un temps sur la TVA (50% des recettes de l'Etat), impôt le plus injuste qui soit, afin que même les plus pauvres en bénéficient, plutôt que de pondre des mesurettes qui ne vont profiter qu'aux riches. Un pauvre dépense tout son revenu alors qu'un riche en épargne une partie, quand il ne spécule pas avec.

L'essentiel de notre économie s'appuie sur la demande intérieure : voilà de quoi stimuler un peu notre économie réelle, et équitablement qui plus est.
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0 # gérard 2008-11-26 09:15 C'est ce qu'a martelé Sarkozy (à au moins 4 reprises) lorsqu'il a justifié (?) sa décision de ne pas baisser la TVA.
Soit, les prix des carburants baissent (encore que cette baisse soit beaucoup moins correlée à celle du pétrole que ne l'ont été les hausses). Pour le reste, le Président ne doit décidemment pas faire les mêmes achats que nous…
En réalité, peut-il baisser la TVA? Certainement pas.
Encore un effet de l'omnipotence de la Commission européenne - et de la BCE.
Décidemment, les dirigeants britanniques ont eu le nez creux en n'entrant pas dans la zone Euro !

Quant au risque de voir les entreprises capter une baisse de TVA au profit de leurs marges, un minimum de dirigisme permettrait de s'en prémunir. Mais ce mot demeure une obscenité dans le vocabulaire UMPiste. Le pouvoir règlemente à tout va, mais ne veut (peut ?) certainement pas encadrer la sacro-sainte liberté des entreprises.
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0 # tristesir 2008-11-26 13:34 Le problème de la baisse de la TVA est qu'il y a un risque de voir baisser le montantde la principale recette de l'Etat et voir se creuser un peu plus le déficit.

Les traités européens interdisent, entre autres, un trop fort endettement.
Et le gouvernement français a fait sa priorité de la baisse du désendettement avec pour conséquences suppression d'emplois dans la fonction publique et la baisse de qualité du service public à termes pour que celui-ci devienne une marchandise comme les autres.
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0 # superuser 2008-11-26 14:28 Elles concerneront l'automobile et le bâtiment.

LIRE ICI…

A cette occasion, on apprend que 19 milliards d’€ égalent environ 1% de notre PIB. Donc les recettes de la TVA (175 milliards en 2007) représentent en gros 9% du PIB.

Cher Tristesir,

Comme je te l'ai expliqué ci-dessus, je ne crois pas à l'épouvantail de la dette : c'est un argument idéologique libéral soutenu par une Europe libérale, et qui a des visées peu reluisantes (notamment le démantèlement du service public).

Mais, effectivement, il serait idéal que le gouvernement cesse de dilapider l'argent public en permettant aux plus riches d'échapper à l'impôt sur le revenu par le biais des niches fiscales (73 milliards d’€ de recettes perdues en 2007), du bouclier fiscal (2,5 milliards), et d'un barème de l'IR réformé (4 milliards d’€ de pertes supplémentaires ). Ça en fait du pognon (4% du PIB) qui ne profite qu'à une poignée de nantis !!!

Dans l'absolu, si la justice fiscale était un tantinet rétablie dans ce pays, on pourrait baisser la TVA sur les produits de première nécessité, ce qui relancerait la demande intérieure. Car, comme je te l'ai dit, la France résiste grâce à elle (le coup de la balance commerciale déficitaire est un autre épouvantail économique auquel je ne crois pas non plus) et ce sont les plus modestes qui y contribuent.
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