Le RSA va venir se substituer au RMI et à l’API (allocation de parent isolé), et compléter les revenus tirés du travail si celui-ci est payé en-dessous de 1,04 Smic.
Si ce dispositif, très complexe, va relativement améliorer la situation des RMIstes et allocataires de l’API qui retrouveront un emploi – à temps partiel –, quels seront ses effets à terme ? Qu’advient-il du droit au RMI et à l’API lorsque ses allocataires deviennent «radiables» ?
N’est-ce pas un formidable encouragement aux «petits boulots» qui se retrouvent subventionnés par le contribuable ? Et aux temps partiels imposés, en majorité attribués aux femmes ?
N'hésitez pas à venir en discuter avec nos intervenants :
Evelyne Perrin (AC!), Daniel Couy (APEIS), Laurent Delavigne (MNCP), Catherine Lebrun (Union syndicale SOLIDAIRES), Stéphanie Treillet (Fondation Copernic et conseil scientifique d’ATTAC), une camarade du Collectif National pour les Droits des Femmes et un(e) camarade du SNU-ANPE.
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Commentaires
Les organisations de chômeurs habituelles étaient représentées.
Il a été rappelé que le RSA n'est pas un contrat de travail, qu'il n'est pas attaché à une personne, que les moins de 25 ans en seraient exclus ainsi que beaucoup d'étrangers résidant en France.
Et que le RSA risquait de créer un effet d'aubaine chez certains patrons.
Il a été question de savoir si le RSA allait aggraver la précarité et détériorer l'emploi. Il m'a semblé que sur ce sujet il y avait des divisions.
Il a été dit que le RSA allait participer à imposer le sous-emploi, le travail en miettes non-choisi comme quelque chose de normal.
Une économiste a mis en perspective le RSA et indiqué que cette réforme allait dans le sens de faire baisser le coût du travail pour les employeurs en faisant supporter à la collectivité entière cette baisse et permettant aux patrons de ne pas avoir à faire face pleinement à leur responsabilités sociales.
Taper sur les pauvres et les précaires pour faire baisser le coût du travail est la philosophie suivie.
Il a été aussi question de l'injustice de créer un impôt non progressif pour financer le RSA qui va concerner une bonne partie de la population (mais pas les très riches, qui sont protégés par le bouclier fiscal) et en particulier des retraités peu fortunés.
Il a aussi été question de la pression qui va s'exercer sur les futurs assujettis au RSA pour leur faire accepter n'importe quel emploi.
Et le libre choix de son emploi risque d'être bafoué.
Quelqu'un dénonçait le triangle infernal de l'ORE (offre raisonnable d'emploi), le PPAE (projet personnalisé d'accès à l'emploi) et le RSA en ajoutant que la lutte devait porter sur l'ORE qui est le nœud du problème.
Quelqu'un rappelait que le PPAE était une monstruosité : Le gouvernement, la force publique, décidant un projet pour quelqu'un.
Il a été évoqué par la représentante du SNU-ANPE le fait de savoir si les anciens érémistes obligés de s'inscrire à l'ANPE pour percevoir de quoi survivre auront le choix de préciser qu'ils cherchent un plein-temps ou est ce que cela leur sera refusé.
Et je pense que dans le deuxième cas, la pression de l'ANPE sera infernale.
D'autant plus que le RSA risque de déculpabiliser certains agents ANPE en rendant acceptable et normal de proposer à quelqu'un de travailler rien qu'une heure par semaine.
Il a été fait constat du fait que les choses étaient encore globalement floues pour les associations de chômeurs et de la difficulté de mobiliser mais qu'il faudrait expliquer, encore et encore, pour parvenir à mobiliser.
Je pense qu'il faut bien sûr élargir la lutte et ne pas la cantonner aux précaires et chômeurs. Tous les salariés sont concernés :
Pour moi, Le RSA c'est la mort du SMIC. Et la mort du SMIC ne concerne pas que les chômeurs.
Il a été question de la manifestation "traditionnelle" des chômeurs qui devrait avoir lieu le 6 décembre cette année si j'ai bien compris. Et que cette manif' pourrait être utilisée pour faire passer des messages sur le RSA et des revendications.
Tristesir Répondre | Répondre avec citation | Citer