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Accueil s'informer Mobilisations, luttes et solidarités Sarko et les parachutes dorés : c'est du chiqué !

Sarko et les parachutes dorés : c'est du chiqué !

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Hier, Sarkozy a annoncé qu'il entendait encadrer très sérieusement les parachutes dorés. "Il y a eu trop d’abus, trop de scandales. Alors, ou bien les professionnels se mettent d’accord sur des pratiques acceptables, ou bien nous règlerons le problème par la loi avant la fin de l’année", a déclaré le président à Toulon.

Et d'énumérer les pratiques scandaleuses :

"Les dirigeants ne doivent pas avoir le statut de mandataire social et bénéficier en même temps des garanties liées à un contrat de travail."
"Ils ne doivent pas recevoir d’actions gratuites."
"Leur rémunération doit être indexée sur les performances économiques réelles de l’entreprise."
"Ils ne doivent pas pouvoir prétendre à un parachute doré lorsqu’ils ont commis des fautes ou mis leur entreprise en difficulté."
"Et si les dirigeants sont intéressés au résultat, les autres salariés doivent l’être aussi. S’ils ont des stocks options, les autres salariés doivent en avoir aussi ou à défaut bénéficier d’un système d’intéressement."

Et de terminer par un engagement ferme et résolu : "Voilà quelques principes simples qui relèvent du bon sens et de la morale élémentaire sur lesquels je ne cèderai pas."

Tout cela est bien beau et on pourrait discuter point par point de l'utilité de ces mesures et de leur cohérence (pourquoi interdire les actions gratuites et pas les stock-options, par exemple ?), sauf que je ne crois pas une seule seconde que Sarko est sincère quand il plaide pour une modification du système de rémunération. La preuve via un simple rappel sur la question des indemnités de départ :

Pendant la campagne électorale, Sarkozy déclare qu'il va interdire les parachutes dorés, promesse réitérée le 29 mai 2007, après son élection : "La pensée unique ne croyait pas à l'interdiction des parachutes dorés. Cette interdiction je l'ai promise, et je la mettrai en œuvre", déclarait-il pendant un déplacement au Havre, devant des ouvriers. Mais, en novembre, quand on passe à la réforme proprement dite inscrite dans la loi TEPA (travail, emploi et pouvoir d'achat), le discours se fait beaucoup moins offensif dans une interview au Figaro : "Le dispositif, très simple, consistera à lier l'existence de primes de départ - qui devront être votées par l'assemblée générale des actionnaires - à la performance du dirigeant remercié. Pas de performance, pas de prime."

Et au final, que dit l'article 17 de loi la TEPA ?

"Sont interdits les éléments de rémunération, indemnités et avantages dont le bénéfice n'est pas subordonné au respect de conditions liées aux performances du bénéficiaire, appréciées au regard de celles de la société dont il préside le conseil d'administration ou exerce la direction générale ou la direction générale déléguée."

Et, en pratique, les conséquences sont... nulles. Exemple avec Alcatel-Lucent : Patricia Russo, ex-directrice générale, vient de démissionner en empochant 6 millions d'euros d'indemnité alors que l'entreprise a réalisé 1 milliard d'euros de perte au premier semestre (et 3 milliards de perte en 2007). Son indemnité a pourtant été fixée après le vote de la loi TEPA, et approuvée en AG. Simplement, les conditions de performance étaient facilement atteignables.
La résolution prévoyait que Russo respecte les critères de performance suivants : "Sur la période à courir jusqu’à la cessation de ses fonctions : au moins 90% des objectifs de performance relatifs aux revenus du Groupe ou 75% des objectifs de performance relatifs au résultat opérationnel tels que fixés par le Conseil d’administration pour la détermination de sa rémunération variable".
Et, naturellement, ces critères ont été - comme par hasard ! - facilement réalisés...

Bref, à moins que Sarko 2 (le pourfendeur du capitalisme financier) démente Sarko 1 (le copain des patrons), je ne vois pas pourquoi il y aurait du changement.

(Source : Les cordons de la Bourse)

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Mis à jour ( Vendredi, 26 Septembre 2008 17:43 )  

Commentaires 

 
0 # mabulle 2008-09-26 17:56 sarko a decouvert les limites du capitalisme…
de ce que j'ai compris du discours, il a surtout annoncé qu'à cause de la crise financière mondiale, les temps seraient de plus en plus durs, et qu'il allait en profiter pour reduire encore plus les acquis sociaux des travailleurs. le retour au patronnat du 19e est en marche.
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0 # tristesir 2008-09-26 23:42 Qui fixe les performances que devront atteindre les aspirant(e)s aux parachutes dorés? Les conseils d'administration? C'est une blague?

Ya bon la crise quand il s'agit de serrer la vis aux salariés et les préparer à se serrer la ceinture. Ils seront bien les seuls le faire.

Le gouvernement a poussé sa logique d'aide aux très grandes fortunes à inclure la taxe de 1,1% pour financer le RSA, sauf erreur, dans le bouclier fiscal. Ce qui signifie que les très riches ne seront sans doute pas mis à contribution tandis que des beaucoup moins riches le seront eux.

Bref, ce sont toujours les mêmes qui vont devoir faire des sacrifices: sur leur santé, en différant, abandonnant des soins? sur leur alimentation, en optant pour des produits pleins de graisses hydrogénées ou d'huile de palme?
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0 # did 2008-09-29 13:16 Si on promettait des années prisons sur le contrat des patrons au lieu de parachutes dorés, il n'y aurait que des bons patrons.

cdt
did
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0 # superuser 2008-10-14 09:43 Lors de sa prise de parole sur la crise financière, l'omniprésident nous a parlé d'une «crise de confiance [qui] ébranle l'économie mondiale». C'est plutôt vrai.

Ceci dit, les poules n'ont jamais eu qu'une confiance restreinte dans ce monde de renard. Le problème vient plutôt de ce que les renards eux-mêmes affichent dorénavant de la crainte vis-à-vis du système financier. Ce qui ne les empêche pas de se comporter comme des moutons, ni d'essayer de faire payer les poules.

(…) D'après Nicolas Sarkozy, des «réalités nouvelles s'imposent à nous» et «si nous agissons au lieu de subir», nous pourrons «refonder le capitalisme». Ces réalités ne sont pas si nouvelles puisque de nombreuses personnes les dénoncent depuis au moins un quart de siècle. Quand à «agir au lieu de subir», on se demande simplement pourquoi il a tant attendu, lui qui, d'une manière ou d'une autre, participe au pouvoir depuis si longtemps. Comme ses prédécesseurs, il n'a cessé de donner toujours plus de pouvoirs aux capitalistes et aux financiers et fait maintenant mine de découvrir que, quand on leur offre une grande liberté d'action, ils l'utilisent.

LIRE ICI…
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