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Emploi : le début de la déconfiture

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Au deuxième trimestre, de 19.000 à 35.000 emplois ont été perdus, selon les chiffres publiés hier par l'INSEE et l'Unedic. Un recul dû au décrochage «historique» de l'intérim, qui fait reculer l'emploi pour la première fois depuis cinq ans, et pourrait lui-même être la contrepartie de la bonne tenue des heures supplémentaires.

La chute est brutale. Après avoir créé 360.000 emplois salariés l'an dernier — un record depuis 2000 — et encore près de 70.000 au premier trimestre, l'économie française a détruit 35.000 postes entre mars et juin, selon les chiffres diffusés hier par l'Unedic. Ce sont les premières pertes d'emplois depuis près de cinq ans.

Selon les champs légèrement différents de l'INSEE (- 19.100 postes), de l'ACOSS et de l'assurance-chômage, l'emploi salarié recule de 0,1% à 0,2% par rapport au premier trimestre, et seules les régions Ile-de-France et Rhône-Alpes résistent, précise l'Unedic. Sur un an, la croissance de l'emploi se limite désormais entre 1% et 1,3%.

Après le recul du produit intérieur brut au deuxième trimestre (- 0,3%), «c'est la première fois que nous voyons un ajustement aussi rapide», s'étonne Bernard Ernst, directeur des études et des statistiques de l'Unedic. «Je m'attendais à ce qu'en matière d'emploi on accuse cette croissance négative du deuxième trimestre», a, en revanche, expliqué la ministre de l'Economie Christine Lagarde, rappelant que le taux de chômage était, lui, resté «stable» au deuxième trimestre, à 7,2% de la population active en France métropolitaine.

Variable d'ajustement

En détruisant 55.500 postes sur le trimestre — un record historique —, l'intérim a tenu lieu de variable d'ajustement. Réaffectées par grands secteurs clients, les pertes de postes dans l'intérim accentuent le recul de l'emploi dans l'industrie tandis que les gains s'atténuent dans la construction, confirmant le ralentissement de l'activité dans ces deux secteurs. Et en juillet, selon les chiffres également diffusés hier par l'Unedic, l'intérim a seulement stabilisé sa situation.

«Il ne faut pas extrapoler le résultat d'un seul trimestre, mais il semble bien qu'il y ait, à court terme, une réelle concurrence entre l'intérim et les heures supplémentaires, analyse Eric Heyer de l'Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE). On peut se réjouir que les heures supplémentaires soient restées dynamiques au deuxième trimestre mais, puisque l'activité a reculé, il faut bien que l'ajustement se soit fait quelque part», poursuit-il.

«On s'étonnait que l'emploi reste si bon alors que les perspectives d'activité se dégradent déjà depuis plusieurs mois, notamment dans la construction où la croissance de la valeur ajoutée avait ralenti. Il fallait donc s'attendre à un ajustement assez brutal», complète Mathilde Lemoine de HSBC France.

Un possible «accident»

Si l'Unedic n'exclut pas que la contre-performance du deuxième trimestre ne soit qu'un «accident», ces résultats auront une incidence sur la performance annuelle. L'Unedic tablait, comme le gouvernement jusqu'à la rentrée, sur une croissance de 1,7% cette année. Avec seulement 1% désormais attendu, les quelque 119.000 créations d'emplois anticipées pour 2008 ne seront pas atteintes et pèseront sur les comptes de l'Unedic, qui seront d'ailleurs révisés début octobre.

Cela ne facilitera pas la négociation à venir sur l'indemnisation du chômage, ni le souhait du gouvernement de voir les partenaires sociaux diminuer les cotisations chômage afin de contrebalancer la hausse des cotisations retraite.

(Source : Les Echos)

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Mis à jour ( Vendredi, 12 Septembre 2008 12:18 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2008-09-12 11:22 «Le retournement du marché de l'intérim a été perceptible en mai, et la rentrée reste morose», explique François Davy, PDG d'Adecco France.

Le repli de l'emploi salarié au deuxième trimestre tient avant tout à la contre-performance enregistrée sur le front de l'intérim. «Cette baisse de l'emploi salarié, la première depuis le troisième trimestre 2003, s'explique par la plus forte chute de l'intérim jamais constatée sur un trimestre, avec 55.500 intérimaires en moins. La contraction du PIB s'est répercutée immédiatement sur l'emploi, alors que cela se ressent habituellement un mois ou deux après», ont expliqué les experts de l'Unedic.

Ces chiffres ne constituent pas une réelle surprise pour François Davy, le PDG d'Addeco France. Après un début d'année plutôt dynamique, «le retournement du marché a été perceptible au mois de mai», explique-t-il. C'est à ce moment que «les entreprises se sont adaptées aux nouvelles dispositions à venir sur les 35 heures et ont imposé à leurs salariés de prendre leurs RTT, quitte à fermer des lignes de production ». L'impact sur l'emploi d'intérimaires a donc été immédiat. Et, depuis, «la reprise constatée du marché n'a jamais permis de retrouver les niveaux antérieurs», remarque-t-il.

La situation reste contrastée selon les secteurs. «L'industrie est le principal facteur de baisse de l'emploi intérimaire alors que les services aux entreprises se portent plutôt bien», souligne François Davy, évoquant par exemple «une croissance à deux chiffres» pour les centres d'appels, qui bénéficient toujours des politiques d'externalisation des entreprises.

Le transport mal orienté

De même, le marché de l'intérim continue de bien se porter pour les fonctions commerciales ou dans le BTP, «dont les carnets de commandes débordent sur 2009», assure le PDG d'Addeco France. En revanche, le début de l'année est mal orienté pour l'automobile mais aussi le transport et la logistique, souligne encore François Davy.

S'il tient à rappeler que ces mauvais résultats interviennent après deux années exceptionnelles , il n'est guère optimiste pour les mois qui viennent. «La tendance que nous remarquons avec la rentrée reste morose et nous ne voyons pas les choses s'inverser d'ici à la fin de l'année», concède-t-il. Dans ces conditions, «le taux de chômage ne devrait pas poursuivre sa décrue puisque 60% des intérimaires sont traditionnellem ent des demandeurs d'emploi», conclut le PDG de la filiale française du leader mondial des services en ressources humaines.

(Source : Les Echos)
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0 # superuser 2008-09-12 11:25 En 1976, ils étaient 42%. Aujourd'hui, moins de 20%.

A fin juin, l'industrie employait 3,33 millions de salariés, soit 14.000 postes de moins qu'un trimestre plus tôt. Sur un an, la baisse atteint 1,3%, correspondant à 42.400 emplois en moins. «Pour la première fois, l'emploi industriel passe sous la barre des 20%», fait observer Bernard Ernst, directeur des études et des statistiques de l'Unedic.

En 1976, rappelle-t-il, l'emploi industriel occupait 42% des salariés. Le recul sur un an est même accentué (- 1,9%, soit 68.900 postes) si l'on intègre les emplois intérimaires (comptabilisés dans le secteur tertiaire) affectés à l'industrie.

Sur un an, quatre secteurs industriels (selon la nouvelle nomenclature des secteurs adoptée par l'Unedic) enregistrent tout de même des créations d'emplois : la production et la distribution de gaz et d'électricité, la production et la distribution d'eau et la gestion des déchets, la fabrication de machines et d'équipements, et, enfin, la cokéfaction-raffinage.

(Source : Les Echos)
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0 # ledesa 2008-09-12 12:57 Quand on constate que :

"En 1976, ils étaient 42%. Aujourd'hui, moins de 20%" à travailler dans l'industrie !!!

Cela signifie que ces emplois productifs sont repartis vers de l'improductif au sens propre du mot, et donc qu'en 1976 il y avait déjà 58% et que maintenant il y a 80% de ces emplois qui sont des emplois d'accord!… mais qui sont des emplois qui n'apportent rien à la production de richesse pure!!!
Ce sont des emplois qui vivent sur le "gras" dégagé par les 20% des vrais emplois!

D'où, comme on peut le constater, l'appauvrissement des Français et c'est bien normal, car il y a moins à rogner sur un os quand on est 80 que quand on est 58 !!!
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0 # superuser 2008-09-12 14:13 Interrogée par RTL sur la dégradation du marché de l’emploi, la ministre de l’Economie Christine Lagarde a déclaré qu’elle n’en était pas surprise et l’a expliquée par la contraction de l’activité enregistrée au deuxième trimestre.

"Je rappelle que le dernier chiffre en matière de chômage, c’était 7,2% pour le deuxième trimestre, le même chiffre qu’au premier trimestre, ce qui nous met au plus bas niveau de chômage depuis les années 80", a-t-elle dit.

"Contrairement à ce qu’a pu affirmer la ministre, le marché du travail n’a pas résisté au deuxième trimestre", estime pour sa part Nicolas Bouzou, économiste du bureau d’analyse Asterès. "Le chiffre du deuxième trimestre signale une inflexion durable dans la dynamique du marché du travail. Avec un produit intérieur brut stable au troisième trimestre et progression de 0,2% au quatrième, le taux de chômage français devrait friser les 8% en fin d’année", poursuit-il.

(Source : L'Humanité)
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