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Le chômeur, sujet ou objet médiatique ?

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Quatre années de rapports avec le petit monde de la presse, de la radio et de la télévision nous autorisent à en tirer le bilan.

C'est avec enthousiasme (et reconnaissance) qu'APNÉE/Actuchomage s'est régulièrement prêtée au jeu médiatique, au gré de l'actualité, y voyant l'occasion de défendre — modestement — la cause des privés d'emploi : faire passer des vérités qu'on n'a pas l'habitude de servir aux Français afin de réhabiliter l'image du chômeur, constamment et injustement écornée.

Malgré des collaborations réussies, force est d'avouer que le terrain est souvent miné. Outre les mauvaises pratiques rencontrées dans ce métier, le verrou de la parole demeure; plus encore depuis mai 2007. Pour les médias, le privé d’emploi est un «produit premier prix» qu’on prend et qu’on jette après s'en être servi. Voici pourquoi nous avons éprouvé le besoin de mettre un coup de pied dans la fourmilière en rédigeant un mémento à l’usage des chômeurs de bonne volonté qui voudraient témoigner de leur situation — ainsi qu’éventuellement aux journalistes désireux de les considérer comme de véritables «sujets»...

=> Le Chômeur et les Médias

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Mis à jour ( Lundi, 08 Septembre 2008 14:18 )  

Commentaires 

 
0 # jean-marc 2008-09-08 14:16
"Combien de fois avons-nous été sollicités pour fournir du chômeur-comme-ci ou du chômeur-plutôt-comme-ça (voire très-exactement-comme-ça) à des journalistes overbookés ? Ironie du sort, notre petite association se transformait alors… en agence de casting à but non lucratif. Tout ce temps passé — au nom de la cause — à rendre service en contactant des témoins potentiels correspondant au «profil» parmi notre entourage, à les convaincre de participer, puis à transmettre leurs coordonnées."


Nous avons eu droit aussi ce genre de demandes il y a quelques années. Nous avons fini par laisser tomber et racontions n'importe quoi. Depuis, ils nous laissent tranquille. Ce n'est pas la meilleure attitude à avoir, j'en conviens.

Tout le problème est bien là, dire quoi au juste et quel message délivrer exactement quand bien même il ne sera jamais compris ni utilisé comme il se doit ? (Et tout cela au nom de la liberté du pressé overbooké, pas de la presse…)

Nous ne souhaitons pas de collaboration avec les médias et le reste de l'article ne fait que justifier l'attitude de notre association vis à vis de ces personnes… Le bémol sur la presse écrite n'est pas tout à fait juste : ils ne valent pas mieux que ceux de la télé.

Pour l'APCD (Action des Précaires et Chômeurs de Dordogne)
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0 # Mentor 2008-09-08 15:32 Bonjour,

Très bel article Sophie & Gérard ! Réaliste, juste et ô combien vécu par bon nombre d'entre nous…
Malgré des collaborations réussies, force est d'avouer que le terrain est souvent miné.
Permettez moi de l'illustrer d'un conseil supplémentaire, aux chômeurs comme aux journalistes, que j'argumente par le bref récit de l'explosion d'une "mine" dont un chômeur fut la victime :

Reportage télévisé => Y a-t-il un risque de préjudice (sacrifice) ?

Lors des dernières élections présidentielles , FR3 contacte un chômeur pour recueillir, lors d'un reportage destiné au Soir 3 de Marie Drucker, ses commentaires sur les propositions (ou leurs absences) en faveur des séniors demandeurs d'emploi par les candidat(e)s à la présidentielle.

Ce chômeur, en contrat aidé dans un établissement scolaire, accepte sous condition que son emploi précaire ne soit pas mentionné, et encore moins l'Education nationale. Le jour "j", l'équipe de journalistes vient le chercher à son insu dans l'enceinte de l'établissement. Le chef d'établissement n'étant pas là, il est très vite contacté par "l'accueil" à la vue de la caméra et des trois journalistes ; l'un d'eux échange des mots durs au téléphone avec celui-ci. Résultat : le chômeur est a posteriori suspecté de "manipulation" médiatique et harcelé moralement par son supérieur… jusqu'à ce qu'il démissionne.

Ni l'équipe de journalistes, ni la médiatrice de FR3 - Marie Laure AUGRY - informés des conséquences de ce reportage de… 2 minutes, ne daigneront répondre pour au moins s'excuser d'un tel ravage. Certes, un mois après ce fait un nouveau président fût élu, et nous savons l'impact que cela a sur tant les médias que pour… les chômeurs.

Moralité : Etre sujet ou objet médiatique peut aggraver votre situation précaire !
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0 # Mentor 2008-09-10 16:28 Autant nous sommes solides, confiants et prêts à en découdre lorsque nous défendons une cause, un argument, voire notre situation de chômeur, autant nous sommes plus "frileux" si d'aventure les médias s'intéressent à nous. Veulent-il un "sujet", ou bien suis-je "l’objet" d'une recherche pour "precarity show" ? Sophie & Gérard ont bien repris dans leur billet d'humeur l'ensemble des écueils qu'un projecteur médiatique peut nous occasionner.

Cependant, durant notre engagement sur les discriminations à l'embauche liées aux critères d'âge, j'ai eu à vivre une exception avec un média qui m'a étonné : TF1, et plus précisément (cela a son importance) l'équipe de ce média qui avait été désignée pour couvrir le procès de Lyon, le 13 février 2007.

Je tairais, pour ne pas donner matière à comparaison, le mauvais souvenir de la première affaire jugée en octobre 2006 au TGI de Niort où Gérard et moi avons eu la stupeur de voir le correspondant de France 2 tomber sous le charme de la consultante poursuivie…

Aller à Lyon a nécessité d'y arriver la veille du procès. Les deux principales chaînes nationales m'ont contacté dès le début de mon voyage afin de s'informer sur ma présence ainsi que pour préparer le… "sujet". Seule l'équipe de TF1 n'a pas rompu ce lien, et quelle fût ma surprise d'être accueilli par eux à la gare ! Attentionnés, ils n'ont eu de cesse de m'aider sur la logistique et de filmer quelques séquences pour le reportage du lendemain. C'est aussi eux qui, tôt le matin, sont venus me chercher pour aller au Tribunal. Me prodiguant des conseils pour ne pas me laisser prendre à l'émotion et clarifier mon propos, ils sont restés jusqu'à mon départ de Lyon. Une soirée suivie d'une matinée pour 5 minutes d'antenne au 20H le soir.

J'ai eu de la chance, pensez vous ? Peut-être ! Je veux croire que j'ai bénéficié d'humanité professionnelle par des hommes et une femme qui se sentaient concernés. Le reportage n'a pas été trop critiqué dans les retours que j'en ai eu. Certes, il n'a pas été bouclé que par ces personnes.

Pour conclure en détournant le postscriptum des auteurs de ce billet :

Journalistes sérieux ne pas s'abstenir !
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0 # jean-marc 2008-09-11 14:10
Autant nous sommes solides, confiants et prêts à en découdre lorsque nous défendons une cause, un argument, voire notre situation de chômeur, autant nous sommes plus "frileux" si d'aventure les médias s'intéressent à nous.


Salut,

Il y a un type de médias que je suis prêt à soutenir et un autre que je ne soutiendrai jamais quand bien même dans les deux il y a des humains très honnêtes et des humains très malhonnêtes lesquels font leur boulot avec les meilleures intentions du monde malgré tout.

Il y a une certaine idée, une certaine conception du monde que je souhaite défendre donc il y a certains médias avec lesquels je serai plus enclins à collaborer et d'autres non parce que nous ne partageons pas les mêmes valeurs.

Cependant, je n'attends rien des médias de quelque bord ou côté qu'ils soient. Je fais beaucoup plus confiance aux réseaux, au tramage des connaissances et des liens cela me semble beaucoup beaucoup plus efficace que les médias.

Le média, c'est juste ce qu'il dit : une médiation, une médiété, un moyen terme, c'est tout.

Jean-Marc est le média, APCD est le nom |APCD est le média, jean-marc est le nom
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