
Annoncée le mois dernier par le ministère de l’Enseignement supérieur, la «douloureuse» a été publiée, hier, au Journal officiel, à la manière de ces mauvaises nouvelles qui fleurissent discrètement au cœur des vacances...
Un étudiant qui s’inscrit en licence (jusqu’à bac+3) devra s’acquitter de 169 € (113 à taux réduit), un étudiant de master (bac+4 et +5) de 226 € (150 à taux réduit) et un étudiant de doctorat de 342 € (228 à taux réduit). En 2007, ces droits s’élevaient respectivement à 165 €, 215 € et 326 €.
Si un étudiant prépare plusieurs diplômes distincts dans des établissements différents, il devra s’acquitter de chacun des droits. S’il les prépare dans la même université, il paiera un premier droit (le plus élevé) au taux plein et le ou les autres à taux réduit. Si un diplôme est préparé conjointement par deux établissements, un seul droit est acquitté, selon les conventions. Les établissements peuvent dans certains cas percevoir ces droits par semestre.
Le droit de scolarité est fixé à 452 € pour la préparation du diplôme d’Etat de docteur en médecine. Le droit de scolarité pour les étudiants de première année dans les instituts universitaires de formation des maîtres est fixé à 226 €. Le PS, l’Unef et la Fédération des associations générales étudiantes (Fage) ont déploré la hausse de ces droits 2008-2009.
(Source : Libération)
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Mais, selon le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, ces étudiants ne sont pas perdants puisqu’ils perçoivent déjà la prestation de compensation du handicap. D'un montant moyen de 1.300 € par mois selon le handicap, elle leur permet de rémunérer la personne qui les aide et d’acheter les fournitures dont ils ont besoin, le tout étant remboursé sur facture. Mais celle-ci n’est pas une bourse…
Autre problème : ces étudiants ne seront pas non plus remboursés des droits d’inscription et de sécurité sociale. Or, on dénombrait l’année dernière 30% de boursiers parmi les étudiants handicapés.
(Source : 20 Minutes) Répondre | Répondre avec citation | Citer
«C’est une douche froide : Valérie Pécresse avait promis d’être la ministre des étudiants mais son bilan est globalement négatif, a estimé hier le président de l’UNEF, Jean-Baptiste Prévost. Toutes les dépenses obligatoires ont augmenté, la plupart davantage que l’inflation [de 3,6%, ndlr] : plus 5% pour l’inscription en master, plus 6,7% pour l’alimentation, enfin plus 8,3% pour les loyers à Paris et 4,3% en province. Or, les bourses n’augmentent que de 2,5%.»
Les deux organisations se rejoignent sur la plupart des constats. Le logement reste le grand point noir. Alors que les loyers ont continué de grimper, les aides n’ont guère bougé avec un plafond à 200 € par mois. Le nombre des bénéficiaires s’est accru : 700 sur 2,2 millions d’étudiants. Mais ils touchent en moyenne 149 € par mois, «le niveau de 1994 alors que les loyers ont depuis doublé», précise Michael Zemmour de l’UNEF. Du coup, beaucoup doivent avoir un job qui empiète sur leurs études. Des crédits ont été débloqués pour la construction de résidences universitaires, mais la récession qui s’annonce et les restrictions budgétaires font craindre le pire.
La réforme des bourses a par ailleurs déçu : Valérie Pécresse avait dit vouloir simplifier leur mode d’attribution et mieux cibler les bénéficiaires. Un nouvel échelon a été créé pour les étudiants de la classe moyenne (50.000 bénéficiaires), qui ne touchent rien mais qui sont dispensés des frais d’inscription. Simultanément, les bourses pour les plus modestes (100.000) ont augmenté de 19 € par mois. «Quelque 7% des étudiants se retrouvent ainsi gagnants, souligne Jean-Baptiste Prévost, contre 93% qui perdent en pouvoir d’achat.»
Face à la campagne des organisations étudiantes, Valérie Pécresse a débloqué 5 millions d’euros pour les boursiers lésés par sa réforme qui supprime plusieurs critères d’attribution, comme le fait d’avoir un parent isolé ou l’éloignement du domicile. Mais la procédure étant individuelle, des milliers de perdants, mal informés, risquent de ne pas aller réclamer.
L’UNEF demande d’urgence un 10e mois de bourse d’autant que les trois quarts des étudiants rentrent désormais avant octobre. «On leur demande de travailler plus en étant aidés moins», résume Jean-Baptise Prévost. Elle réclame aussi la suppression du mois de carence pour l’aide au logement - «Septembre est le mois de toutes les galères : l’étudiant fait ses principales dépenses et ne reçoit aucune aide» - et 50.000 allocations d’études pour les non boursiers. La FAGE demande, elle, une allocation de rentrée étudiante de 390 € pour les boursiers et pour les étudiants de la classe moyenne ne touchant aucune aide.
Handicapés : mise au point de Pécresse
Les étudiants handicapés pourront déposer un recours s’ils s’estiment lésés par la réforme des bourses. La ministre de l’Enseignement supérieur a fait cette mise au point hier à la suite de la protestation d’associations dénonçant la baisse, voire la suppression des bourses d’étudiants handicapés. La ministre rappelle que sa réforme s’accompagne au contraire de «nouveaux droits». Tous les étudiants handicapés peuvent ainsi bénéficier de la prestation de compensation du handicap - 1.300 € par mois en moyenne - réservée jusqu’ici aux plus de 21 ans. Ils peuvent aussi toujours demander une bourse en fonction du revenu de leurs parents. Mais le critère du handicap, qui donnait droit à une majoration importante, n’existe plus et ne sera pas rétabli.
(Source : Libération) Répondre | Répondre avec citation | Citer