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Accueil s'informer La revue de presse La proportion de chômeurs qui fraudent est infime

La proportion de chômeurs qui fraudent est infime

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Une interview pour Le Monde de Christian Charpy, directeur général de l'ANPE habituellement adepte de l'esquive et de la méthode Coué, chargé par le gouvernement de conduire le processus de fusion comme délégué général de l'instance provisoire.

Le nombre de chômeurs augmente en mai et l'intérim recule ces derniers mois. Est-ce la fin de la baisse du chômage ?

Depuis le début de l'année, la tendance à la baisse du chômage s'est ralentie. La réduction de l'intérim a un effet direct sur les chiffres du chômage. Si un chômeur fait moins de missions d'intérim, il rentre dans la catégorie de référence de l'ANPE. Mais la baisse du chômage, au sens du BIT, continue, et c'est un point positif.
Le doute ne porte plus tant sur la baisse du chômage que sur la qualité des emplois prévus… 70% à 75% des contrats signés actuellement sont de courte durée ou des missions d'intérim. En même temps, la part de l'emploi intérimaire ou de CDD n'a pas varié depuis des années. Il n'y a donc pas d'aggravation constatée de la précarité de l'emploi. Le retour à l'emploi passe parfois par une succession de contrats avant un poste durable. Notre rôle est de faciliter ce retour à l'emploi durable. Déjà, plus de 40% des offres d'emplois proposées par l'ANPE sont des CDD de plus de six mois ou des CDI, bien plus que ce que propose le marché.

Le gouvernement fait état de plus de 500.000 emplois vacants. Quelle est la réalité des offres non pourvues ?
L'ANPE estime à 300.000 le nombre d'offres d'emplois qu'elle n'arrive pas à pourvoir dans l'année. Mais l'agence ne représente qu'une partie du marché de l'emploi, quelque 40%. Notre rôle, c'est d'aider les entreprises à recruter, mais aussi à amener les demandeurs d'emploi à s'intéresser à des métiers auxquels ils n'avaient pas pensé au départ.

Le gouvernement amplifie la pression sur les chômeurs avec la définition de "l’offre raisonnable d'emploi". Est-ce la priorité ?
La loi sur les droits et devoirs du demandeur d'emploi met avant tout l'accent sur les engagements réciproques entre le chômeur et le service public de l'emploi. Il s'agit d'abord de notre responsabilité pour accompagner le chômeur vers le métier qui lui correspond.

Le demandeur d'emploi, sanctionné au bout de deux refus, peut-il se retourner contre l'agence si on ne lui propose pas d’"emploi raisonnable" ?
Non, il ne faut pas se tromper, l'ANPE et le nouvel opérateur sont là pour aider le demandeur dans sa recherche. Cela passe bien sûr par des propositions mais aussi par des conseils. L'ANPE n'a pas la totalité des offres. Il appartient aussi au demandeur d'emploi de prospecter par lui-même. 30% à 40% des emplois ne font pas l'objet de publicité.

Quelle est, selon vous, la proportion de chômeurs qui fraudent ?
Ce nombre est infime. Le chômage est un drame et ceux qui sont touchés souhaitent vraiment en sortir. Nous sommes là pour les aider, pas pour les sanctionner.

Le 16 juin, vous avez répondu aux inquiétudes de 2.500 "managers" des Assedic et de l'ANPE sur leurs futures missions. Quelles sont-elles ?
En plus du placement fait par l'ANPE et de l'indemnisation réalisée par les Assedic, elles sont de trois ordres : avoir une meilleure connaissance du marché de l'emploi pour anticiper les besoins en main-d'œuvre; réaffirmer notre rôle en matière d'orientation professionnelle, en partenariat avec les autres acteurs et notamment l'AFPA; aider les entreprises dans la gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, en termes de politiques de recrutement, formation et mobilité interne.

Quels sont aujourd'hui les points difficiles pour mettre en œuvre la fusion ?
Il faut convaincre les personnels que cette fusion se fera sans qu'ils y perdent en terme de statut et de qualité de travail. La discussion sur la future convention collective démarrera à l'automne. Elle est déterminante et portera aussi bien sur le niveau de rémunération que sur la nature des tâches et les possibilités d'évolution, autant de points sur lesquels il faut rassurer et convaincre.

(Source : Le Monde)

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Mis à jour ( Vendredi, 27 Juin 2008 14:01 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2008-06-27 16:47
2% de «faux chômeurs» seulement
Une récente étude de la DARES et de la DREES montre que les chômeurs qui s'inscrivent à l'ANPE sans vouloir retrouver du travail ne représentent pas plus de 2% des demandeurs d'emploi.

Il y a fraude et fraude
Dans son bilan 2006, l'Unedic estimait le préjudice de la fraude à l'Assedic à 140 millions d'euros, une goutte d'eau comparée aux 23 milliards d’€ d'allocations versées annuellement aux privés d'emploi (et aux 40 milliards d’€ annuels de perte évaluée en fraude fiscale et sociale, sans compter les 73 milliards de manque à gagner pour l'Etat à cause des niches fiscales). Ces détournements relèvent essentiellement de réseaux mafieux et organisés : l'Unedic confirme que les escroqueries les plus importantes reposent sur la création de sociétés multigérantes fictives déclarant de faux salariés complices, pour ensuite se mettre en faillite et toucher indûment des allocations de chômage.
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0 # aidechomeurs 2008-06-27 16:51 Une chose m'échappe vraiment… Si la proportion de chômeurs qui fraudent est infime, comment cela se fait-il qu'on procède à 500.000 radiations par an toujours selon les propos de M. Charpy ?

Ne serait-ce pas là la preuve qu'il faudrait revoir le régime des sanctions appliquées aux demandeurs d'emploi et notamment, ARRÊTER DE RADIER UNE PERSONNE PENDANT 2 MOIS POUR UNE SIMPLE ABSENCE A ENTRETIEN ???? (Ce motif représente plus de 95% des radiations, toujours selon M. Charpy, et l'on sait tous les problèmes d'envoi de courrier qui n'arrive jamais mais qui enclenche une procédure de radiation quasiment impossible à arrêter par la suite, sauf à se lancer dans des démarches complexes pour les profanes…)

Est-ce que les citoyens se rendent vraiment compte de ce que cela signifie pour quelqu'un d'être radié pendant 2 mois ? D'être privé de toutes ressources pendant 2 mois, du jour au lendemain, pour avoir raté un entretien dont, parfois, on n'a même pas été informé ?
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0 # tristesir 2008-06-28 00:47 70% à 75% des contrats signés actuellement sont de courte durée ou des missions d'intérim. En même temps, la part de l'emploi intérimaire ou de CDD n'a pas varié depuis des années. Il n'y a donc pas d'aggravation constatée de la précarité de l'emploi.

Quand on a un contrat de travail de courte durée, je croyais que cela s'appelait avoir un emploi précaire mais apparemment le mot précarité ne signifie pas la même chose pour tout le monde.

Notre rôle, c'est d'aider les entreprises à recruter, mais aussi à amener les demandeurs d'emploi à s'intéresser à des métiers auxquels ils n'avaient pas pensé au départ.

Je parie que les métiers auxquels les demandeurs d'emploi n'avaient pas pensé sont essentiellement dans la restauration/hotellerie,btp, emplois à la personne bien entendu.
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