«Au moment où on dit que les caisses sont vides et où on réduit le nombre de fonctionnaires, à l'Elysée, Nicolas Sarkozy fait exactement l'inverse», s’indigne le député apparenté socialiste René Dosière. Dans un document très officiel, transmis cette semaine à l’Assemblée nationale avant le vote du règlement définitif du budget 2007, sont détaillées toutes les dépenses réalisées pour l’Elysée. Entre 2006 et 2007, une période marquée par le passage de témoin entre Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, le budget a progressé de 8,4%.
En tête des dépenses, les frais de personnel. Ils représentent la moitié du budget total de la présidence, en hausse de 10,9%. Autre poste important : la dotation dédiée au seul président de la République, qui a bondi de 29% entre 2006 et 2007 (130.600 € contre 101.000 €) : «Rappelons que l'augmentation du traitement présidentiel, votée par le Parlement [dans le cadre du budget 2008], n'a pris effet qu'à partir de 2008», souligne René Dosière... Enfin, «en raison des opérations d'installation du nouveau cabinet» de Nicolas Sarkozy, les dépenses pour l’équipement et les travaux d’entretien ont explosé de 53%, passant de 1,9 à 3 millions.
Du côté des économies réalisées, les budgets de certains événements comme l’Arbre de Noël ou la Garden Party du 14 Juillet ont été amputés de 20 et 5%. Les dépenses en fleurs ont chuté de 17%, celles en vins de 44%. Le député René Dosière remarque, lui, que la progression des dépenses de l’Elysée est «trois fois et demie supérieure à celle des dépenses de l'Etat (+ 2,3%)».
(Source : Europe 1)
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Commentaires
Suite à la sévère défaite de l'UMP aux municipales et aux cantonales, François Fillon a procédé à des petits «ajustements» gouvernementaux qui se traduisent par une mini-vague de recrutement.
Si partout en France l'emploi se dégrade, au gouvernement, il se porte bien ! Alors qu'en entreprise - et même dans la Fonction publique - il est coutume de rentabiliser ses effectifs en les réduisant avec les mêmes exigences de productivité, le gouvernement, lui, n'hésite pas à gonfler son staff pour fournir «un meilleur travail au service des Français». La précarité inhérente au mandat politique est toujours aussi bien reconnue et indemnisée, puisque le traitement mensuel d'un secrétaire d'Etat doit aujourd'hui approcher les 15.000 € brut, sans compter les stimulants avantages en nature… Là où, partout ailleurs, la sécurisation des parcours professionnels est quasi inexistante et les rémunérations des nouveaux emplois avoisinent le Smic, le gouvernement fait figure d'exception en embauchant du personnel à qui il fournit des jobs dignes et copieusement payés !
Les plus «méritants» sont naturellement récompensés. Les rares rescapés du fiasco électoral montent en grade : Luc Chatel, qui a ravi Chaumont à la gauche dès le premier tour, devient le nouveau porte-parole du gouvernement tout en restant secrétaire d'Etat à la Consommation (il perd le Tourisme mais gagne l'Industrie). Le sénateur Hubert Falco, réélu à Toulon dès le premier tour, est nommé secrétaire d'Etat à l'Aménagement du territoire. Yves Jego, lui aussi réélu au premier tour à Montereau-Fault-Yonne, remplacera Christian Estrosi - le nouveau maire de Nice qui, étonnamment, ne souhaite pas cumuler… - au secrétariat d'Etat à l'Outre-mer. Et Laurent Wauquiez, qui a gagné au Puy-en-Velay dès le premier tour, devient secrétaire d'Etat à l'Emploi.
Alors que, sur le marché du travail, la plupart de ceux qui cumulent plusieurs emplois le font par nécessité économique, jonglant avec la précarité et des salaires de misère, au gouvernement on vous autorise à occuper plusieurs postes en même temps : à la foi maires, ministres, députés ou sénateurs, ces surhommes d'un autre genre assument leurs prestigieuses fonctions aux lourdes responsabilités. Exemples d'abnégation, de volontarisme et de compétence pour la Nation, ces cumulards de la République sont donc indemnisés en conséquence.
Alors que, sur le marché du travail, il vaut mieux avoir moins de 40 ans et un profil en totale adéquation avec le poste proposé, au gouvernement on donne aux «seniors» une chance de se reconvertir ou de tenter une nouvelle expérience : comme Bernard Laporte devenu secrétaire d'Etat aux Sports, Anne-Marie Idrac, ancienne de la RATP et de la SNCF, devient secrétaire d'Etat au Commerce extérieur et Christian Blanc, également ancien de la RATP et d'Air France, est nommé secrétaire d'Etat chargé du développement de la "Région Capitale" (le «Grand Paris», si cher à Nicolas Sarkozy). Au gouvernement, le dilettantisme n'est pas une tare.
Seules fausses notes dans ce tableau idyllique : l'agressive Nadine «sans tabou» Morano, qui s'est pris une mémorable veste à Toul, reçoit un lot de consolation en devenant secrétaire d'Etat chargée de la Famille (favoritisme ?). Quant à l'ex PS Eric Besson, il se voit confier, en plus de son portefeuille actuel, le "Développement de l'économie numérique" (on charge la mule ?)…
L'Emploi - avec un grand E - est visiblement à l'honneur. Nous avions déjà un ministre du Travail (Xavier Bertrand) et une ministre de l'Economie et de l'Emploi (Christine Lagarde, qui perd les Finances mais se retrouve avec l'Industrie, tout comme Luc Chatel). Nous voici donc avec un troisième larron, le jeune secrétaire d'Etat à l'Emploi Laurent Wauquiez ! On comprend que la volonté sarkozyenne de «sauver» l'industrie française se précise à travers les nouveaux titres de Mme Lagarde et M. Chatel. Mais pour l'emploi en général, on reste songeurs…
Car tous s'accordent pour nous dire qu'il y a «embellie» : le chômage baisse (statistiquement parlant), les créations d'emplois et d'entreprises atteignent des sommets (quantitativement parlant)… Pourtant, la création de poste de M. Wauquiez semble avouer le contraire. A moins qu'il ne s'agisse d'œuvrer à la dégradation de l'emploi avec un zèle redoublé - toujours plus de cadeaux et de dérèglementation en faveur des employeurs, toujours plus de précarisation et de paupérisation pour le salariat - au nom des «bons chiffres» officiels, jusqu'à ceux de la pauvreté avec le futur RSA de Martin Hirsch. Réflexion faite, il nous semble qu'à l'aune de la compétitivité et de la mondialisation économiques (qui ignorent les enjeux sociaux), cette stratégie consiste plutôt à continuer de faire subir aux autres ce qu'on ne tolère pas pour soi-même ! Répondre | Répondre avec citation | Citer
• PLF 2009 : hausse du budget de l'Elysée
Alors qu'il sert la vis tous azimuts, le projet de loi de finances 2009 estime qu'a contrario, nos gouvernants doivent être bichonnés. Il prévoit donc une importante augmentation des budgets de la présidence de la République (+ 11,4%) et du Parlement.
• Il n'y a plus qu'à l'Elysée qu'on augmente les salaires !
Les 98 contractuels de l'Elysée, dont les deux tiers travaillent pour le cabinet de Nicolas Sarkozy, ont été augmentés de 52% en deux ans. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Budget : L’Elysée se sert aussi dans les ministères
Nicolas Sarkozy récupère le «pilotage» des «fonds spéciaux» dépendant de Bercy et de l’Intérieur,
soit 18 millions d’€. Répondre | Répondre avec citation | Citer