Estimant que le "Grenelle de l'insertion" n'a toujours pas porté ses fruits - LIRE ICI -, ils occupent les locaux du 59 avenue de Ségur et réclament un entretien avec Martin Hirsch.«Le gouvernement n'est pas cohérent avec les préconisations du Grenelle de l'insertion, qui recommande de reconnaître les associations de défense des usagers», explique Jean-Pierre Guenanten, délégué national du mouvement. Le MNCP attend «depuis juillet 2007» le renouvellement de sa convention auprès du ministère de l'Economie et des Finances, a-t-il précisé. «Nous lui demandons de passer de la parole aux actes. Cette année, quatre de nos antennes locales ont été fermées. On en a marre de disparaître les uns après les autres.»
Le MNCP demande que l'Etat respecte ses engagements de soutien financier aux associations qu'il souhaiterait voir représentées au sein de la future entité issue de la fusion ANPE-Assedic, citant Martin Hirsch qui écrivait dans un livre publié récemment : «Il faut montrer que les chômeurs sont aussi des électeurs et les aider à s'organiser en force de représentation collective». Or, «nous ne sommes toujours pas admis à siéger dans les instances, telles que le nouvel opérateur ANPE/Unedic. Nous pourrions pourtant y défendre l'intérêt des usagers des services publics de l'emploi, de la formation et de l'indemnisation que sont les chômeurs et précaires.»
Averti de la situation à sa sortie du Conseil des ministres où il présentait, justement, les conclusions du "Grenelle de l'insertion", Martin Hirsch a proposé aux manifestants de les rencontrer une demi-heure, à la condition qu'ils s'engagent à quitter les lieux après. Nous attendons le communiqué du MNCP sur le résultat de cette entrevue.
En attendant, UNE VIDÉO À REGARDER ICI + l'article de Libération à lire en commentaire…
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Une soixantaine de membres du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP) s'étaient donné rendez-vous ce matin, dans le plus grand secret, à la gare d'Austerlitz. Direction : le Haut Commissariat aux Solidarités actives. Martin Hirsch ne les attendait pas. A 11 heures, l'occupation a commencé.
"A un moment donné, les sages discussions, ça ne sert plus à rien. On est obligé de taper du point sur la table, sinon on va crever en silence", déclare Jean-François Yon, le président du MNCP. Les occupants sont fermes. Brosses à dent dans les sacs à dos, ils ne repartiront pas sans avoir renouvelé la convention signée avec le Ministère de l'Economie (qui prenait fin en 2007). Et les 300.000 € par an qui vont avec.
La responsable de l'antenne de Boulogne-sur-Mer se désespère : "On est trois salariés, on accueille 3.000 personnes. Déjà, on ne s'en sort pas. L'année dernière on a vécu sur nos réserves, aujourd'hui on est endettés. La banque appelle tous les jours".
Le fait est que, faute de subventions, les associations locales d'accompagnement des chômeurs et précaires sont menacées de disparition. Les occupants insistent sur le fait qu'ils ne sont pas là pour eux mais pour les milliers de personnes qu'ils reçoivent chaque semaine. Accueil, information, défense de leurs droits, orientation, le personnel du MNCP a une grande expérience en la matière : il existe depuis 1981.
Après un conseil des ministres et un déjeuner à Matignon, Martin Hirsch est enfin disponible. Il est 16h15, le haut commissaire annonce tout de suite la couleur : "Je vous préviens, j'ai rendez-vous dans une demi-heure avec quelqu'un qui, lui, a pris rendez-vous". Indignation dans la salle. Les occupants ne se découragent pas pour autant et racontent le désespoir et la pauvreté auxquels ils sont confrontés quotidiennement .
Pour eux, les chiffres du chômage relayés par les médias mentent. Martin Hirsch écoute, puis leur répond en conseillant de se rendre "à l'adresse où vous voulez aller" (le ministère de l'Economie, ndlr). Il est 16h45, le Haut Commissaire quitte l'Assemblée et laisse les envahisseurs avec un délégué du cabinet de Madame Lagarde. Mais l'espoir a largement diminué. Une femme lâche : "La vérité c'est qu'Hirsch n'a pas l'argent, il n'a aucun pouvoir, il est là pour faire joli".
A 20 heures, l'occupation prend fin. Les membres de la MNCP sortent avec la promesse écrite de la signature d'une nouvelle convention… au rabais. La fédération d'associations ne recevra plus que 200.000 € par an.
"On va être obligé de licencier, c'est dramatique. Nous nous réunissons demain, nous déciderons d'accepter ou non cette proposition", explique Jean-François Yon. Il promet d'autres opérations coup de poing de ce genre très bientôt.
(Source : Libé) Répondre | Répondre avec citation | Citer