Actu Chômage

jeudi
9 février
  • Connexion
  • Créer un compte
    Enregistrement
    *
    *
    *
    *
    *
    (*) Les champs marqués avec astérisque sont requis.
    Captcha plugin for Joomla from Outsource Online
     
  • Recherche
Taille du texte
  • Agrandir la taille du texte
  • Taille du texte par defaut
  • Diminuer la taille du texte
Accueil s'informer Mobilisations, luttes et solidarités Crédits en promo à l'ANPE (ou : Le chômage est un business)

Crédits en promo à l'ANPE (ou : Le chômage est un business)

Envoyer Imprimer
La traditionnelle «Semaine du microcrédit» organisée par l'ADIE (Association pour le droit à l'initiative économique) aura lieu du 3 au 7 juin 2008. Avant d'en faire état bientôt dans nos colonnes, voici ce témoignage d'un chômeur qui, faute d'emplois décents, songe à créer le sien.

J’arrive de l’ANPE où je viens de passer une journée «Création d’Entreprise». Entouré de pleins d’autres chômeurs, nous nous sommes retrouvés pour un jour dans la peau d’un futur patron !

On nous explique que le chef d'entreprise est seul face à d’énormes responsabilités, qu’il travaille dur (12 heures par jour), qu’il est sous tension permanente et qu’il est le seul à prendre des risques. On nous fait comprendre implicitement de manière répétée que l’Etat lui prend la plupart de ses bénéfices par le biais des "charges" sociales. Bref, l’opération consiste à nous démontrer que le patron a une position ingrate et que c’est plein de courage et d’humilité qu’il remplit seul sa mission bienfaitrice, la production des richesses, pour le bien-être de la collectivité tout entière !

Si malgré ça on persiste à vouloir créer notre entreprise, alors il faut investir en monnaie sonnante et… sans trébucher. Mais le parcours nous est généreusement balisé... Puisque, a priori, le chômeur n’a pas le capital nécessaire à la création de sa future entreprise, alors vient le moment en fin de journée de l’offre ultime, du suprême cadeau : LE SAINT CRÉDIT.

Toute une gamme de crédits bancaires, tous plus généreux et désintéressés les uns que les autres, nous est vendue. En l’espace de quelques heures, l’ANPE devient alors une véritable vitrine bancaire où toute la panoplie du Saint-Crédit nous est minutieusement exposée. En plus ces miraculeux crédits sont cumulables, histoire de vous "aider" le plus durablement possible. Merveilleux, non ? Avec des «Et hop !» et des «C’est ti pas beau ça !», on vous sort du chapeau magique le Saint-EDEN, le Saint-PCE, le Saint-Prêt d’Honneur, etc etc. En veux-tu, en voilà. Cela nous est présenté comme "une aide", une récompense, un privilège.

Malgré toutes ces faveurs, si vous rencontriez tout de même des soucis bancaires - étonnant non ? Difficile à croire tout de même, des soucis après des crédits bancaires ?!? -, alors on vous propose le must du must, le super, le rapide, le compréhensif, le solidaire, le «un peu plus cher que les autres» avec son taux d’intérêt à… 8% ! Le Saint-ADIE. "Adie" donc, qu’est-ce qu’ils ne feraient pas pour nous hein !

Toute cette enrichissante journée a été orchestrée par une femme dynamique dont on découvre le curriculum vitae sur une des nombreuses fiches distribuées : consultante - formatrice, Master of Business Administration (MBA) spécialisation Marketing - Université de Floride ; Ecole de Commerce International - Business Management School (BMS). Expérience professionnelle : 1 an en tant que chargée de mission pour le développement du marché américain, 2 ans en tant que responsable administrative des ventes export, 1 en tant qu’assistante commerciale export. Cette "gagnante" travaille pour une structure indépendante de l’ANPE. Après un questionnement précis et insistant sur la nature de cette structure, elle finit par répondre qu’il s’agit d’une association à but non lucratif qui a pour concurrents d’autres associations ou entreprises privées, qui forment à elles toutes le réseau national dit «Boutiques de Gestion»... Et voilà, ces manager-boutiquiers gèrent… mais que gèrent-ils ? Quelle marchandise ?

Ben la marchandise, c’est nous quoi : les chômeurs !!!

(Source : CNT-Info)

Lire aussi :
Articles les plus récents :
Articles les plus anciens :

Mis à jour ( Lundi, 06 Février 2012 12:24 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2008-05-26 16:40 Désormais, «ma tante» prête à taux zéro…

Quand le banquier fermera la porte, le Capitole pourra prendre le relais. La Ville se lance dans le microcrédit social pour aider les Toulousains les plus démunis à faire des achats courants.

Ces prêts, remboursables sur trois ans maximum, iront de 300 à 3.000 €. Ils seront consentis par le Crédit municipal, plus connu pour son activité de prêts sur gage. L'organisme pratiquera un taux d'intérêt à 3%, des intérêts qui seront pris en charge financièrement par la mairie.

«Le crédit devra avoir un objet précis, répondre à un besoin immédiat ou servir à un projet d'insertion plus large. Il peut concerner l'achat d'un appareil ménager ou d'une voiture, par exemple», indique Joël Carreiras (PS), l'adjoint aux Finances. Les dossiers seront instruits par le Centre communal d'action sociale (CCAS). «La décision appartiendra aux accompagnants qui connaissent déjà bien ce public exclu du système bancaire», précise l'élu qui espère pouvoir lancer le dispositif à partir du 1er juillet.

L'initiative a fait l'unanimité, vendredi, lors de son adoption en conseil municipal. «C'est une idée que j'avais moi-même proposée pendant la campagne. Je suis heureux de la voir adoptée, l'essentiel étant que l'intérêt général et la solidarité priment», assure l'ancien maire Jean-Luc Moudenc (centriste). Seul petit bémol, le nombre de microcrédits accordés est plafonné à 420 sur trois ans. C'est le seuil réglementaire imposé au Crédit municipal. Au-delà, celui-ci ferait trop d'ombre au système bancaire classique…

(Source : 20 Minutes)

Le "microcrédit" ou le crédit à taux zéro pour les chômeurs et les pauvres, c'est tout ce qu'on a trouvé… A quand la fin des "microboulots" ? A quand la création de vrais emplois décents pour tous ?
Répondre | Répondre avec citation | Citer
 
 
0 # tristesir 2008-05-26 17:13 Comment rembourse t on 3 000 euros (même sans intérêt) quand on est un "maléficiaire" du RMI?

Ainsi donc, tout ceci dissimule une réalité peu reluisante qui se généralise:

Pour travailler, il faut payer, voire s'endetter. Tout est bon dans le chômeur et décidément le chômage n'est pas le problème mais la solution…
Répondre | Répondre avec citation | Citer
 
 
0 # superuser 2008-05-28 11:24 Deux autres exemples :

Placement des chômeurs : le recours au privé devient la panacée
Faute d'emplois décents à offrir à tout le monde dans un marché du travail de plus en plus sinistré par la précarité et les bas salaires, se développe en parasite le marché artificiel et juteux du suivi des chômeurs. Avec la bénédiction du gouvernement.

ISF : la charité récompensée
Réduire son ISF en faisant un don à une structure d’insertion par l’activité économique ou en investissant dans une PME d’insertion : un dispositif fiscal avantageux, présenté par le site… «Socialement Responsable.org» !
Répondre | Répondre avec citation | Citer
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Votre avis ?

Que souhaitez-vous le plus en 2012 ?
 

Zoom sur…

 

En finir avec l’«assistanat», c’est possible !

Ce week-end, le Figaro Magazine remet le couvert et s'acharne contre «la France des assistés». Riposte.

 

Convocation pour «entretien téléphonique» : pas de sanction possible

Zoom sur une pratique qui se répand, source d'angoisse supplémentaire pour les chômeurs. Une dérive du système aux motifs peu avouables que ses victimes peuvent aisément contrer… à leurs frai...

 

La lutte contre le chômage est une escroquerie intellectuelle

Vous estimez que la lutte contre le chômage n'est, visiblement, pas la priorité de ceux qui nous gouvernent ? Vous vous étonnez qu'il n'y ait, sur ce point et depuis si longtemps, jamais de projet ...

 

Ces associations qui se battent pour les chômeurs

Au nombre de quatre au niveau national, elles méritent la gratitude et l'adhésion de tous les précaires et privés d'emploi. Grâce à elles - il faut le dire -, en 2004, les «Recalculés» n'aura...