
La hausse du prix de la carte orange est une mauvaise nouvelle - parmi tant d'autres… - pour les personnes modestes dont le pouvoir d'achat est déjà entamé par celle des produits alimentaires, de l'énergie et des loyers, particulièrement exorbitants en Ile-de-France. Cette augmentation, qui prend effet chaque 1er juillet, restera inférieure à l'inflation annuelle (3,2%), comme s'y était engagé le président socialiste du STIF Jean-Paul Huchon. A l'exception notable du ticket de métro à l'unité qui devrait augmenter, lui, de plus de 6,5%.
En contrepartie, le STIF devrait mettre 65 millions d'euros sur la table pour améliorer les conditions de transport sur les lignes sinistrées (dont la 13, surnommée «la bétaillère» par ses usagers) et renforcer la fréquence des bus en grande couronne et dans les quartiers sensibles.
La gratuité étendue à 70.000 personnes supplémentaires
Depuis le 1er avril 2007, seuls 170.000 RMIstes sur les 230.000 recensés bénéficiaient de la gratuité complète des transports dans la région, alors que Jean-Paul Huchon estimait à 350.000 le nombre de Franciliens potentiellement concernés par le chômage et la grande pauvreté, et à 1,2 million ceux qui subissent la précarité : lire en commentaire… A la demande groupe CACR (communiste, alternative citoyenne, républicain) du Conseil régional d'Ile-de-France, les quelque 70.000 allocataires de l'API - allocation de parent isolé - et de l'ASS - allocation spécifique de solidarité, versée aux chômeurs en fin de droits - y accèderont également à partir du 1er novembre 2008.
Des informations plus précises sur ces mesures seront confirmées jeudi 29 mai, à l'issue du conseil d'administration du STIF.
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Je suis extrêmement choqué par le débat qui se développe sur la gratuité des transports pour les RMIstes franciliens et sur une "France d'assistés". Cette mesure, décidée par la majorité de gauche du conseil régional d'Ile-de-France et qui vise à donner plus de mobilité dans la recherche d'un emploi ne concerne pas moins de 350.000 Franciliens. Sur 11 millions de Franciliens, plus de 10% sont des précaires. J'entends que les RMIstes seraient des "assistés" ou des "fraudeurs", voire des "clandestins".
Faut-il rappeler que le RMI n'est plus ce contrat d'insertion créé par Michel Rocard en 1988 pour les personnes sans ressources ? Il est souvent devenu, comme le souligne Martin Hirsch, le "dernier palier de l'indemnisation chômage". Depuis cinq ans, les gouvernements de droite ont fait croire que le taux de chômage baissait, alors qu'à coups de radiations ils ont tout simplement fait glisser de très nombreux demandeurs d'emploi de l'assurance-chômage vers l'allocation spécifique de solidarité, puis de l'ASS vers le RMI.
Y aurait-il quelqu'un dans notre pays qui souhaite prendre la place d'un RMIste ? Y aurait-il quelqu'un qui puisse affirmer sans démagogie que ces personnes exclues de l'indemnisation chômage par de savants calculs d'allégement des statistiques du chômage n'ont aucune volonté d'améliorer leur situation ?
Faut-il rappeler que la région Ile-de-France accueille près du quart de la population française, et qu'elle est un bassin d'emploi unique marqué par plus 12 millions de déplacements quotidiens. Pour travailler et parce que le lieu d'habitation coïncide rarement avec le lieu de l'emploi, il faut être mobile. La gratuité des transports pour les RMIstes répond à cette exigence.
Je n'accepte pas cette vision d'une société où une part importante de notre population ne serait pas intégrable. Où il existerait des inutiles du monde, des surnuméraires à qui il serait interdit de penser au retour à l'emploi. Je crois au contraire que le RMI n'a pas vocation à devenir un statut durable pour ses bénéficiaires. La première des priorités pour les Franciliens privés d'emploi est de tout simplement retrouver du travail.
Comment refuser l'accès à la mobilité aux chercheurs d'emploi quand la pauvreté est vécue comme la plus terrible des assignations à résidence ? Permettre à ces Franciliens qui vivent avec 441 € par mois d'accélérer leur retour à l'emploi, c'est tenir compte du coût réel du transport dans la recherche d'emploi, c'est tenir compte de la réalité du fonctionnement du marché du travail en Ile-de-France.
Je sais que la pauvreté touche aussi des personnes qui travaillent ou dont l'emploi est précaire, parce que les frontières entre précarité et exclusion n'ont jamais été aussi poreuses avec la droite au pouvoir. Cela n'excuse aucune tentation de dresser les pauvres les uns contre les autres. Je travaille, en tant que président de la région Ile-de-France et plus récemment en tant que président du Syndicat des transports d'Ile-de-France, pour réduire le coût des transports de chacun : les jeunes via la carte Imagin'R, le dézonage durant les vacances, ou encore bientôt la suppression des zones 7 et 8.
La gratuité des transports pour les RMIstes s'inscrit dans cette logique et ne se fait au détriment de personne. Je me refuse à baisser les bras devant la précarité. Je veux accompagner toutes celles et tous ceux qui veulent s'en sortir. Tel est le sens de la mesure que j'ai mise en œuvre, une mesure de gauche. Faut-il dire et répéter que la gauche a notamment vocation à venir en aide aux plus démunis, à ne laisser personne au bord de la route ? Il s'agit de reconstruire la démocratie sociale avec la justice et la compassion au cœur. La pauvreté n'est pas un état dont on s'accommode avec cynisme ou indifférence, c'est un fléau que nous devons combattre sans relâche ni faiblesse.
Il y a bien une politique de gauche à mener au niveau local et régional : nous le faisons. Il y a bien une politique de gauche qui doit inventer au plan national la relance du pouvoir d'achat, la sécurité sociale professionnelle , la formation tout au long de la vie et pour tous. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Il [le RMI] est souvent devenu, comme le souligne Martin Hirsch, le "dernier palier de l'indemnisation chômage".
Non messieurs, le RMI n'est pas un palier de l'indemnisation chômage.
Le dernier palier de l'indemnisation chômage
c'est l'allocation de solidarité spécifique (ASS).
Le RMI intervient quand la solidarité de l'assurance chômage fait défaut,
il est le dernier palier de la solidarité sociale.
Quand l'état abandonne ses pauvres (ASS),
Il reste la Solidarité Départementale (RMI).
Après …
y'a les passants dans la rue … Répondre | Répondre avec citation | Citer