
Nous fûmes finalement une petite dizaine, sur la vingtaine annoncée, à nous retrouver à République. Après avoir réuni le «gros de nos maigres troupes», nous nous sommes dirigés vers Oberkampf où nous avons attendu que le cortège s’engage plus avant dans le boulevard Voltaire en direction de Nation. C’est là que nous avons distribué nos 2.500 tracts.
Que dire de cette opération très «symbolique» qui n’avait qu’un but : Marquer notre présence si faible soit-elle. Elle était nécessaire ! Car si le 1er mai est bien la Fête du Travail, ce n’est décidément pas celle de la précarité et du chômage, deux thèmes qui, sur l’heure et demie que nous avons passée entre République et Nation, n’ont pas été abordés par les sonos (peut-être le furent-ils par la suite ?)
Beaucoup de mots d'ordre repris en cœur pour les droits des salariés, des revendications en faveur des retraités, une puissante mobilisation pour la régularisation des sans-papiers, mais une épidémie d’extinctions de voix pour dénoncer le plan anti-chômeur sans précédent que nous concocte le gouvernement Sarkozy/Fillon, et pas un slogan contre cette précarité professionnelle qui touche un nombre croissant d'entre nous.
Si par notre présence – et celles de quelques collectifs de chômeurs et précaires – nous avons souhaité marquer notre solidarité avec les Actifs au travail, ces derniers – comme souvent – ont oublié dans leurs slogans, sur leurs banderoles, sur leurs pancartes et dans leurs tracts, les millions d’Actifs au chômage partiel ou complet, et les millions d'intermittents du travail qui sont les premières victimes de la dégradation généralisée du pouvoir d'achat et des conditions de vie professionnelle.
Actuchomage
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Commentaires
Un «projet de position commune» sur la représentativit é syndicale a été négocié la semaine dernière. Manque à cet accord une disposition vraiment révolutionnaire : l'obligation d’avoir, pour chaque organisation de défense des salariés, un comité de chômeurs en son sein.
Ce qui n'est pas le cas des autres, dont le mépris et l'ignorance sont trop souvent les signes distinctifs. Ces apparatchiks - des syndicalistes professionnels issus pour la plupart du secteur public et qui n'ont jamais connu, ou si peu, le chômage - profèrent des énormités qu'ils ne tolèreraient pas pour leur propre compte, avant de signer des accords scélérats sur le dos des demandeurs d'emploi. De «partenaires» sociaux, les voici limite collabos, le pire étant la CFDT.
Comment ces professionnels de la lutte, alors que le chômage est LE laboratoire social numéro un, peuvent-ils à ce point en négliger les victimes ? Comment peuvent-ils continuer à éluder le fait qu'un chômeur fut un travailleur et demeure un salarié potentiel qui a besoin, plus que d'autres, d'être protégé ? Réalisent-ils qu'en abandonnant les salariés qui ont perdu leur emploi, ils contribuent à creuser le fossé entre ceux qui travaillent et ceux qui en sont privé ?
Puisque les associations de défense des chômeurs existantes (AC!, Apeis, MNCP) n'ont toujours pas droit de cité à l'Unedic ou ailleurs, obligeons les syndicats de salariés à se frotter aux privés d'emploi en les accueillant dans leurs structures, plus riches et mieux organisées : ainsi ils feront preuve d’«ouverture», pourront enfin faire leur connaissance, tomber les préjugés et, empathie aidant, se mettre à les défendre pour de bon ? Répondre | Répondre avec citation | Citer
D'autre part, perso, le 1er mai je le considère comme la commémoration du souvenir de l'assassinat d'État commis le 11 novembre 1887 sur des ouvriers de Chicago qui, en mai 1886 à Haymarket Square, luttaient pour la journée de huit heures… Certainement pas comme la fête du travail, instaurée par Pétain ! Répondre | Répondre avec citation | Citer
Rester entre soi, c'est bien (c'est rassurant) : on se distribue des tracts qui ne prêchent que des convaincus. Mais, plus qu'ailleurs, il était important de faire passer le message - justement ! - dans le cortège des centrales collabos… Non ?
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Comment un permanent syndical de longue date, comme le sont tous les SG des grandes centrales, peut-il ne pas avoir perdu, dans sa tour d'ivoire, toute conscience de la réalité de l'exploitation patronale ?
L'histoire des luttes sociales est d'ailleurs truffée des coups de couteau dans le dos des travailleurs assénés par ces mêmes centrales…
C'est pour ces raisons que, de mon point de vue perso, j'estime que l'on a rien à faire dans ces énormes appareils.
D'accord pour le combat syndicaliste mais sans permanent !
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Si les chômeurs et précaires participaient en nombre aux rassemblements des grandes confédérations, sans doute pèseraient-ils plus !
C'est la raison pour laquelle il nous paraissait nécessaire d'assurer une présence, même symbolique, sur le parcours du défilé. Elle correspond à un de nos engagements fondamentaux : Favoriser notre visibilité partout où nous sommes ignorés. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Exactement, c'est cela aussi militer!
Nous avons très bien fait, c'est nécessaire et utile : 2500 tracts c'est pas mal du tout! Répondre | Répondre avec citation | Citer
Actuellement, la commémoration d'un passé récent (mai 68) permet de mettre en lumière, pour qui veut bien les voir, les trahisons des caciques des centrales syndicales et, en l'occurrence, ceux de la CGT.
Rappelons-nous, en effet, de quelle façon ces coquins là ont brisé, en même temps que les espoirs des ouvriers, le mouvement de grève aux usines Renault à Flins…
Malheureusement , il en feront de même avec les légitimes revendications des chômeurs lorsque celles-ci irons à l'encontre de leurs intérêts d'appareils !
Comme l'écrivait GEORGE SANTAYANA dans « Vie de raison » :
« Ceux qui ne peuvent se souvenir du passé sont condamnés à le répéter. »
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Mais ils font partie du dispositif démocratique : des organisations censées représenter le peuple. Et la démocratie, comme l'humain, est imparfaite.
Dans toute organisation, qu'elle soit politique ou syndicale, il y a la direction, et la base. Faute de toucher les instances dirigeantes, nous voulions sensibiliser leur base (ils sont sur le terrain et, eux aussi, ils votent) : en tant que militant tu sais que c'est un travail de fourmi, long et fatiguant. Mais c'est le militant qui contribue à diffuser et à faire remonter les idées.
En ce qui concerne les chômeurs, qui ne sont défendus que par des associations financièrement fragiles et non reconnues, ce qui manque, c'est un statut officiel. Les syndicats ont le pouvoir de négocier (même s'ils trahissent régulièrement ceux qu'ils sont censés défendre mais ça, c'est l'humain dans toute sa splendeur…), pas les associations de chômeurs actuelles, hélas pourtant méritantes. C'est pour cela qu'il faudrait obliger les syndicats de salariés à intégrer une "branche chômeurs" dans leur structure.
Alors oui, il y a le problème de l'indépendance. Mais être indépendant et sans pouvoir vaut-il mieux qu'être dépendant d'une structure officielle qui peut peser ? On peut tout autant ne pas se sentir indépendant au sein d'une association de chômeurs. Et c'est de l'intérieur qu'on fait changer les choses (le travail de fourmi), au contact de ceux qu'il faut convaincre, et non au contact des convaincus. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Pour moi la lutte ne peut avoir lieu qu'en dehors de ces structures hiérarchisées. C'est seulement la conscience de la nécessité de la solidarité et de l'union dans les combats qui permettra aux exploités de pouvoir peser et non de se fourvoyant dans des organisations co-gestionnaires.
Tout cela en mettant en oeuvre des structures fonctionnant sur la base d'une démocratie directe avec délégation révocable à tout moment et mandats impératifs. Toute autre forme de démocratie n'étant qu'un miroir aux alouettes qui au final ne sert que les puissants en place ainsi que leur valetaille.
« Le pouvoir est maudit : voilà pourquoi je suis anarchiste. » Louise Michel
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En attendant, je te cite, "la conscience de la nécessité de la solidarité et de l'union dans les combats qui permettra aux exploités de pouvoir peser et non de se fourvoyant dans des organisations co-gestionnaires", on a bien le temps de crever…
Car si le salarié peut éventuellement se défendre par le biais d'un syndicat, le chômeur, lui, reste isolé et à la merci des pires attaques gouvernementale s, notamment quand il s'agit de le spolier à la racine (la loi, et l'Unedic).
Mais, tu sais, même au sein des associations de chômeurs, la notion de démocratie est toute relative, tu peux me croire… Il faut toujours "faire avec" quelque chose ou quelqu'un dont les intentions sont + ou - perverses (le conservatisme et l'abus de pouvoir guettent autant les démocrates que les révolutionnaire s).
Alors, ou tu composes et tu acceptes de grandir avec les risques et les obstacles que cela induit, ou tu restes "small but so beautiful". A chacun de choisir et juger quel sens et quelle énergie qu'il veut/peut y mettre. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Je sais très bien que je n'aurais certainement pas le bonheur de connaître la société pour laquelle je milite, cependant grandir plus vite justifie t-il de « s'assoir » sur une partie de ses idéaux ?
Je suis sûr que non… Quitte à rester « small » car, très humblement, militer c'est aussi oeuvrer pour celles et ceux qui viendrons après nous.
Des bases solides et saines se construisent lentement et si s'acoquiner avec ses ennemis de classe (comme le font les grandes centrales syndicales) donne l'illusion de grandir on ne repose jamais, ainsi, que sur du sable.
« Vous en savez déjà suffisamment. Moi aussi. Ce ne sont pas les informations qui nous font défaut. Ce qui nous manque, c'est le courage de comprendre ce que nous savons et d'en tirer les conséquences. » Sven Lindqvist
Salutations militantes. Répondre | Répondre avec citation | Citer
La tâche est ardue, j'en conviens. On y laisse toujours des plumes quand on s'attaque à des murs. Mais on sème des graines qui font avancer, et dont certaines finissent par pousser. C'est ce qui compte, même si on n'en verra pas forcément la couleur.
Tu prônes un travail de fond, à long terme, mais tenter le biais de faire évoluer l'existant à moyen terme est tout aussi important.
Bien@toi Répondre | Répondre avec citation | Citer