Tous les indicateurs clignotent dans le rouge. À cela s’ajoute le déficit commercial de la France qui importe toujours plus et exporte toujours moins, alors que son principal partenaire économique - et concurrent - l’Allemagne, enregistre un excédent record de sa balance commerciale (130 milliards d’euros)… malgré l’euro fort que «Qui on sait» (1) tente vainement d’incriminer pour justifier les piteuses performances de nos exportations.
À l’instar de ses prédécesseurs Chirac et de Villepin, «Qui on sait» s’évertue à accorder plus de pouvoir d’achat à ceux qui n’en manquent pourtant pas ; il est donc probable que le déficit de notre balance commerciale se creuse plus encore en 2008. L’explication est toute simple. Quand vous accordez plus de pouvoir d’achat (par des allégements fiscaux, notamment) aux ménages les plus aisés, ceux-ci le consacrent généralement à l’achat de produits que la France importe : véhicules de grosses cylindrées, produits haut de gamme dans les domaines de l’image, du son, de l’informatique…, ou bien ils le dépensent à l’autre bout du monde lors de voyages dans des îles paradisiaques et autres destinations touristiques courues.
Eh oui, en matière de consommation, le «riche» est rarement un patriote économique, et comme la politique de «Qui on sait» (comme celle de son prédécesseur) vise avant tout à dynamiser le pouvoir d’achat des plus favorisés, ces derniers contribuent largement à plomber les comptes de notre balance commerciale. C’est imparable !
(1) Celui dont tout le monde parle tout le temps et partout.
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Commentaires
(…) Observer les statistiques des échanges de biens et services avec le reste du monde et en déduire quelque chose sur la santé économique du pays est un exercice dépourvu de signification. La balance des paiements d'un pays, en effet, dépend tout autant des échanges extérieurs que des entrées et sorties de revenus. Un pays qui, au départ, reçoit massivement des revenus de l'extérieur aura toujours une balance commerciale déficitaire ; surtout, ces arrivées de revenus sont ce qui crée la balance commerciale déficitaire, en faisant qu'il est moins rentable pour un entrepreneur de satisfaire les marchés étrangers plutôt que son marché local.
(…) Si la France a un déficit, c'est tout simplement qu'elle reçoit beaucoup, et de plus en plus, bien plus que l'Allemagne, de revenus en provenance de l'étranger. Si la France a un déficit, c'est tout simplement qu'elle reçoit beaucoup, et de plus en plus, de revenus en provenance de l'étranger.
(…) Il n'y a dès lors aucune raison d'être surpris, ou de déplorer, le fait qu'il y ait aujourd'hui moins d'entreprises françaises exportatrices qu'il y a une dizaine d'années. Dans le contexte d'un pays qui reçoit beaucoup de revenus de l'extérieur, c'est parfaitement logique.
En somme, s'il y a un déficit commercial en France, c'est parce que les étrangers trouvent les entreprises françaises tellement attrayantes qu'ils n'ont de cesse d'acheter leurs actions; qu'ils trouvent la main d'œuvre française certes un peu pénible, mais tellement productive qu'ils sont disposés à investir sur le territoire national; qu'ils ont tellement confiance dans la capacité de l'Etat français à payer ses dettes rubis sur l'ongle qu'ils se ruent sur les titres du trésor public; qu'ils trouvent le patrimoine immobilier national tellement attrayant qu'ils paient fort cher pour l'acquérir. Car, si les étrangers sont nuls, ils ne sont pas complètement idiots : ils n'agiraient pas ainsi s'ils n'étaient pas convaincus que ces opérations sont rentables. Au passage, ces entrées de capitaux déplacent l'activité des entreprises de l'exportation vers le marché national. Il est bien difficile de voir en quoi cet attrait est un mauvais signe pour l'économie française.
A lire en entier => L'hystérie du déficit commercial français par les Éco-comparateurs.
Le coup du déficit extérieur, c'est un peu comme le trou de la Sécu ? Répondre | Répondre avec citation | Citer
Autre explication de l'économiste Arnaud Parienty : 40 milliards ! Et après ?
Lire surtout son analyse de la comparaison avec l'Allemagne, un «jeu de cons», selon lui, où la croissance des uns se fait au détriment des autres et incite chacun à exporter son chômage chez le voisin par la déflation salariale (appelée «vertu» en langage européen)…
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