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Accueil s'informer Mobilisations, luttes et solidarités La CFDT porte plainte… contre des chômeurs !

La CFDT porte plainte… contre des chômeurs !

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A défaut de lutter contre la précarité, la direction de la CFDT a décidé d’en finir avec les précaires : François Chérèque et sa confédération ont déposé une plainte contre quatre membres d’AC! Agir ensemble contre le chômage, désormais mis en examen.

Hiver 97-98 : des dizaines d’Assedic sont occupées dans toute la France. Les chômeurs en colère exigent de vivre décemment, de ne plus être les otages du système d’assurance-chômage qui leur impose de cotiser lorsqu’ils sont salariés, mais qui les laisse de plus en plus souvent dans la misère lorsqu’ils perdent leur emploi. Nicole Notat, alors dirigeante de la CFDT et co-gestionnaire de l’Unedic, balaie les revendications d’un revers de main : il s’agit "d’une manipulation de la CGT".

Dix ans plus tard, quatre précaires membres d’AC! sont mis en examen par un juge d’instruction chargé des délits de presse pour "injures publiques", suite à une plainte de la direction nationale de la CFDT. Quasiment au même moment Michel Roger, de la Compagnie théâtrale Jolie Môme, et Ludovic Prieur, animateur du webmedia associatif et coopératif HNS-Info, sont inculpés par un autre juge d’instruction pour "violation de domicile", toujours à la suite d’une plainte de la même direction de la CFDT : lire ici.

L’injure en question ? Pendant l’hiver 2005-2006, des rassemblements ont eu lieu chaque semaine devant le siège de la CFDT. Les manifestantEs chômeurs, précaires, salariéEs exigeaient du syndicat qu’il ne signe pas encore une fois une nouvelle modification à la baisse des règles d’indemnisation des chômeurs et travailleurs précaires. Et, contrairement à d’autres syndicats, la CFDT n’a jugé utile à aucun moment de recevoir et d’écouter les manifestantEs.

Pourquoi cette politique de la forteresse assiégée qui conduit aujourd’hui la direction d’une grande confédération à traîner devant la justice ceux et celle qu’elle prétend défendre ? Terrible aveu de faiblesse d’une direction syndicale qui refuse d’assumer la confrontation politique et tente de la déplacer sur le terrain répressif : le délit d’injures publiques est puni de très fortes amendes et l’arrière pensée est évidente => réduire au silence les précaires par la contrainte financière, comme sa politique au sein de l’Unedic les réduit tous les jours à accepter n’importe quel emploi sous peine de radiation et d’exclusion des revenus de remplacement.

Car la thèse de la manipulation développée en 1998 a fait long feu : depuis dix ans, à chaque fois que la CFDT a cosigné avec le Medef des accords qui faisaient reculer dramatiquement le droit du travail (parmi lesquels les droits des travailleurs au chômage), elle a trouvé sur son chemin des chômeurs, des précaires, des salariéEs pour lui contester le droit de parler et de décider en leur nom. En 2003, la voilà confrontée à la colère des intermittents du spectacle, très vite rejoints par les chômeurs qui lui imposent, lors du conflit dit "des recalculéEs " de renoncer à les priver rétroactivement de leurs droits acquis à l’indemnisation. Lors de chacun de ces conflits, la direction de la CFDT ressasse les mêmes discours sur l’illégitimité des mouvements de précaires.

La véritable "injure publique" pour la direction confédérale, celle qu’elle entend faire cesser y compris par la répression, c’est le développement de nouvelles formes de luttes qui, dans des organisations comme AC!, réunissent ceux et celles à qui la CFDT n’est plus capable de proposer quoi que ce soit, à part l’acceptation résignée de la destruction de toute protection sociale au bénéfice des appétits insatiables du Medef.

En cet automne où ces appétits patronaux s’expriment sans complexe dans les discussions sur la destruction du Code du travail et de ce qui reste du Service public de l’emploi, la direction de la CFDT, qui pressent une nouvelle fois son incapacité à juguler les colères et les résistances qui s’annoncent, ne trouve plus d’autre parade qu’amplifier la criminalisation des luttes, que le gouvernement ne semble pas mener assez vite à son goût.

Exigez avec nous le retrait de toutes les plaintes déposées par la CFDT contre les précaires en luttes ! Salariés, précaires, retraités, chômeurs, envoyez nous vos messages de soutiens, vos protestations, nous les produirons lors d’éventuelles audiences.

La répression gratuite nous coûte cher, nous ne bénéficions d’aucune subvention. Merci de nous soutenir en envoyant vos dons à AC! Paris au 23 Bis rue Mathis 75019 Paris (merci de préciser dans l’envoi "Pour frais de justice")
Tél : 09 54 70 66 22 // www.ac.eu.org

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Mis à jour ( Samedi, 13 Octobre 2007 01:00 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2007-10-15 03:04
Actuchomage soutient les militants d'AC! et se demande malicieusement si, par hasard, la CFDT ne va pas financer son procès contre ces 4 précaires avec… des liquidités occultes remises par le président de l'UIMM ??? (on plaisante, bien sûr)
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0 # Maxerem 2007-10-16 08:02
Attention avec ce genre d'allusion qui risque de déclencher des plaintes pour …diffamat ion !

Reste la question : qui a touché les sous de l'UIMM ? Il est indispensable que les bénéficiaires soient connus de la justice et du public, sinon tout le monde sera suspect et pour longtemps.
Le "tous pourris" est le fond de commerce des "démocrates musclés", et il n'est pas souhaitable de les encourager, il suffit de regarder vers l' Est, la Russie par exemple.

J'ai bon espoir que quelque part, une "Gorge profonde" révèle ce secret de polichinelle sur le Web: une petite liste, avec les dates, les montants et les noms… la transparence est un formidable antibiotique contre les maladies de la démocratie, mais les journaux ne font plus leur boulot d'enquêteur ,alors il y a bien une secrétaire ou un employé qui a les infos, et qui en a marre de ces magouilles!

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0 # superuser 2007-10-18 19:18
«La CFDT n'a pas touché un euro de cet argent-là», a dit François Chérèque, assurant que son syndicat n'avait pas bénéficié des fonds retirés massivement en liquide, depuis des années, sur les comptes de la fédération patronale de la métallurgie. Le secrétaire général de la CFDT propose que «les enquêteurs de la brigade financière viennent contrôler nos comptes et ceux de la CFDT-Métallurgie».

N'étant pas contre une harmonisation des régimes de retraites, son syndicat n'est pas partie prenante de la mobilisation nationale du 18 octobre.
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0 # bisane 2007-10-26 23:09 Un peu pas juste, non ?
Il me semble que la CFDT s'est associée à cette journée d'action.

Attention à ne pas tout mélanger !
Déjà qu'ils nous embrouillent, n'en rajoutons pas, quelles que soient nos positions et aigreurs diverses !
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0 # superuser 2007-11-01 12:23
… à suivre sur Palindromes : c'est juste, précis, et totalement poilant !!!
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