A partir de dimanche, les consommateurs auront le choix entre deux types de tarification pour l'électricité et le gaz : un tarif réglementé par les pouvoirs publics et un prix libre. Des fournisseurs alternatifs tels que Poweo, Electrabel, Direct Energie ou Enercoop, s'apprêtent à investir le juteux marché des particuliers.
"Cette libéralisation entraînera une hausse très importante des tarifs. Aujourd'hui, la preuve est faite que le secteur privé ne peut pas réguler correctement ce bien non-stockable et qui nécessite de très lourds investissements qu'est l'électricité", explique-t-il.
"Il faut que chacun se mobilise au côté des associations de défense des consommateurs pour empêcher l'Etat et la Commission de Bruxelles de vider peu à peu les tarifs réglementés de leur substance, en les alignant en catimini sur ceux du marché européen", estime-t-il. "Il ne reste plus à nos concitoyens que la résistance passive pour éviter" la "hausse très importante des tarifs" que la libéralisation entraînera, "comme dans tous les pays qui l'ont expérimentée".
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Commentaires
"On a là un exemple parfait de l'application dogmatique des préceptes néolibéraux", dénoncent les cinq auteurs de ce texte (le secrétaire général de la FSU Gérard Aschieri, le président de la Convergence pour les services publics Bernard Defais, le secrétaire national de l'Union syndicale Solidaires Pierre Khalfa, Marc Mangenot, de la Fondation Copernic et Christiane Marty, membre du conseil d'administration d'Attac).
Qualifiant de "catastrophique" le bilan de l'ouverture à la concurrence en Europe, "quel que soit le pays", ils déplorent une "envolée spectaculaire" des prix du marché entre 2001 et 2006. En France, affirment-ils, les entreprises ayant quitté "les tarifs réglementés de service public ont vu leur facture d'électricité augmenter en moyenne de 76% sur la même période", tandis que les tarifs d'EDF restaient "à peu près stables".
Tant et si bien que le gouvernement français "a complété la loi de décembre 2006" sur l'énergie "par une disposition permettant un retour partiel aux tarifs réglementés pour les industriels insatisfaits !", raillent-ils. Et d'ajouter : "On savait après les premières libéralisations dans les services publics que la promesse d'une baisse des prix relevait de la pure propagande pour la grande majorité de la population. Dans le cas de l'électricité, même la plupart des entreprises n'en profiteront pas !"
Mais la liste des maux ne s'arrête pas là pour les auteurs de la tribune qui soulignent que l'ouverture à la concurrence - "et ce, d'autant plus qu'elle s'accompagne d'une privatisation" des opérateurs publics - pousse au "sous-investissement, qui produit inévitablement des ruptures d'approvisionneme nt des usagers".
Autre danger, quand on sait que l'électricité "ne se stocke pas" : l'ajustement permanent de l'offre à la demande devient "très compliqué" avec plusieurs intervenants, écrivent-ils, redoutant qu'un déséquilibre dans le réseau se révèle "impossible à gérer".
Enfin, les auteurs du texte jugent que l'ambition d'un "grand marché européen de l'électricité", portée par la Commission européenne, est une "absurdité dangereuse". "Plus les réseaux sont interconnectés et plus les risques de dysfonctionneme nt majeur liés au sous-investissement et aux ruptures d'équilibre dans le réseau s'aggravent", dénoncent-ils, s'élevant contre une Commission européenne qui "ne renonce pas" et des gouvernements qui "suivent".
(Source : es_craignent_un.html" target="blank">Le Nouvel Obs) Répondre | Répondre avec citation | Citer
Selon l’association de défense des consommateurs UFC-Que choisir et la Fédération nationale des collectivités concédantes et régies (FNCCR), il semblerait que non. Pour Xavier Pintat, président de la FNCCR, l’ouverture des marchés est presque un "non-événement" tant il ne voit pas l’intérêt qu’auraient les consommateurs à changer de fournisseur. Mais, conscient que certains seront quand même tentés par l’aventure, il prévient : “Ne faites pas d’achats impulsifs, réfléchissez bien avant de vous engager.” Se méfier donc, et en particulier des offres "duales" qui proposent à la fois l’électricité et le gaz, car celles-ci “s’accompagnent du renoncement au tarif pour au moins une énergie, sinon les deux”. Et ce renoncement est irréversible. Une fois que l’on a quitté le tarif réglementé, on ne peut plus y revenir.
L’exemple des professionnels. Au début du mois, UFC-Que choisir a publié une étude sur l’énergie. L’association dénonce “la hausse spectaculaire des prix dérégulés”. Chiffres à l’appui, elle relate que certaines entreprises ont vu leurs factures doubler en l’espace de deux ans. Une situation que l’Etat s’est empressé de rétablir en offrant la possibilité à celles-ci de profiter d’un "tarif de retour" pour “sortir momentanément des contrats au prix du marché”, selon le ministre de l’Industrie. Mais les particuliers ne devraient pas avoir cette chance…
Il faut tout de même apporter un petit bémol à cette situation qui semble bien sombre pour les consommateurs. Hier, le Conseil de la concurrence a exigé d’EDF qu’il propose aux nouveaux entrants, Direct Energie et Poweo (qui achètent leur énergie), des tarifs de gros permettant une "concurrence effective". Les fournisseurs alternatifs pourront ainsi être plus rentables sur le marché de détail, pour venir, au moins dans un premier temps, alléger votre facture.
Quelques réponses pour bien s'y retrouver
Peut-on revenir aux tarifs réglementés quand on a souscrit aux tarifs du marché ?
NON. C’est irréversible. Cela est inscrit dans la loi du 7 décembre 2006 relative à l’énergie.
Si je déménage après avoir opté pour les tarifs déréglementés, suis-je obligé de conserver le même fournisseur d’énergie ?
NON. Cette règle concerne uniquement le logement, pas les personnes physiques. Mais si vous emménagez dans un appartement et que le locataire précédent avait souscrit à une offre du marché, vous devrez rester au tarif du marché en négociant un nouveau contrat.
Si j’emménage dans un logement neuf, puis-je choisir le tarif réglementé ?
OUI. Pour l’électricité, vous aurez le choix jusqu’en 2010. Mais pour le gaz, vous serez obligé de souscrire à une offre au prix de marché.
Peut-on disposer du tarif social avec un fournisseur privé ?
OUI. Sous certaines conditions, liées notamment à votre revenu, vous pouvez bénéficier de ce tarif accordé pour un an.
(Source : Métro) Répondre | Répondre avec citation | Citer
A deux jours de l'ouverture complète des marchés français de l'énergie à la concurrence, le secrétaire d'Etat à la Consommation Luc Chatel a assuré vendredi que les pouvoirs publics allaient être "très vigilants" quant à l'évolution des prix et au fait que les différents acteurs jouent le feu, "le premier objectif" de cette ouverture étant de "bénéficier aux consommateurs".
Le "libre choix, nous attendons et nous souhaitons qu'il ait d'abord des effets positifs - et nous y serons très vigilants - sur le pouvoir d'achat", a souligné M. Chatel lors d'une visite à la Commission de régulation de l'énergie (CRE), où il a conclu les travaux du groupe de travail consommateurs (GTC) sur l'ouverture des marchés de l'électricité et du gaz naturel. "Bien protégés, les consommateurs pourront faire jouer la concurrence au bénéfice de leur pouvoir d'achat", a-t-il dit, soulignant qu'"environ 1.000 € de dépenses annuelles sont consacrés à l'énergie".
"Mais en matière d'énergie, mieux consommer, c'est aussi moins consommer", a ajouté le secrétaire d'Etat, qui "fait confiance" aux Français pour "tirer pleinement parti des nouveaux services qui leur seront proposés pour maîtriser davantage leur consommation".
"M. Pouvoir d'achat" au sein du gouvernement Fillon, Luc Chatel a assuré que tous les outils étaient mis en place pour que l'ouverture des marchés de l'énergie aux particuliers se fasse à partir de dimanche "dans de bonnes conditions". Il a aussi dit compter sur "le comportement loyal et responsable" des professionnels pour qu'ils "respectent" le cadre juridique mis en place, précisant que la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) allait intensifier ses contrôles dans les mois à venir.
Estimant "important" que les consommateurs aient le libre choix entre maintenir leur contrat avec les opérateurs historiques EDF-GDF ou se tourner vers d'autres fournisseurs, il a rappelé que les Français choisissant de ne pas faire appel à un autre opérateur resteraient dans "le système régulé" et qu'il n'y avait pas "de limite" dans le temps. La "date de 2010 a été retenue pour les personnes qui vont déménager" et "pour les logements neufs", a-t-il précisé.
Comme pour la hausse des prix des matières premières alimentaires, il est à craindre que tout cela ne soit que du vent… Répondre | Répondre avec citation | Citer
Parmi les personnes interrogées, 85% sont au courant de l'ouverture à la concurrence des marchés du gaz et de l'électricité entrée en vigueur dimanche, 15% n'en ayant pas entendu parler.
Les Français sont 45% à penser que cette ouverture fera augmenter le prix de l'électricité pour les particuliers tandis que 20% pensent qu'il baissera, 28% qu'il restera stable, et 7% qui ne se prononcent pas.
A la question "Que pensez-vous faire ?", les sondés répondent à 63% qu'ils conserveront EDF comme fournisseur d'électricité, seulement 1% comptent en changer et 35% avouent ne pas s'être posé la question tandis que 1% ne se prononcent pas.
Sondage réalisé par téléphone les 27 et 28 juin 2007 auprès de 1.004 personnes âgées de 18 ans et plus, méthode des quotas.
(Source : 20 Minutes) Répondre | Répondre avec citation | Citer
Pensez-vous ! Au nom de la "modernité" et du "marché", il a été décidé de "libérer" le secteur. Ainsi sont apparus de nouveaux opérateurs qui, pour se faire connaître, ont décidé de nous bourrer le crâne, dépensant des fortunes en publicité (mensongère) qu'il a bien fallu amortir par la suite. D'ailleurs le plus incisif - le "118 218" et son entêtant Toutouyoutou - a raflé la mise en s'appropriant d'emblée 15% du marché, mais le magazine 60 Millions de consommateurs lui a récemment décerné la palme du plus mauvais rapport qualité/prix parmi les nouveaux venus !
Pour mémoire, le "12" coûtait 0,90 € l'appel et 0,15 € la mise en relation. Désormais, comptez 1,35 € l'appel + 0,34 € par minute… Actuellement, obtenir une information peut coûter jusqu'à deux fois plus cher, mais jouer sur les prix bas n'est pas non plus un critère de succès… En clair : c'est l'arnaque totale pour l'usager-pigeon. Un an après la mise en service des "118", voilà qui ressemble à un scandale permanent : hausse faramineuse des tarifs pour une qualité de service dégradée, opacité commerciale, concurrence débridée et surinvestisseme nts publicitaires (en centaines de millions d’euros !) dans un marché en repli face à des consommateurs qui se sont éparpillés.
Aujourd'hui, le marché du renseignement téléphonique s'effondre au profit des Pages Jaunes & blanches sur Internet et demain, il ne devrait rester à terme que quatre acteurs, loin des vingt-sept qui voulaient se partager le gâteau. Tout ça pour ça ???
L'histoire des "118" est exemplaire : le même phénomène s'est produit avec la fin du monopole de France Télécom et l'apparition de multiples fournisseurs jumelant téléphone + accès à internet et dont la qualité du service laisse aussi - parfois scandaleusement - à désirer, si ce n'est pas le mépris du client qui est ouvertement affiché. Et le même schéma nous attend avec des fournitures beaucoup plus vitales, comme le gaz ou l'électricité… Soyez sûrs que la disparition du bon sens pour la folie concurrentielle , nous les paierons là au prix fort. Répondre | Répondre avec citation | Citer
La ministre de l'Economie Christine Lagarde a conseillé lundi aux consommateurs français de "regarder attentivement" le contrat avec un fournisseur d'électricité autre que EDF dans le cadre de la libéralisation des marchés.
"Je leur conseille de regarder attentivement les offres, de regarder très attentivement les contrats qui seront proposés, même quand c'est écrit tout petit, pour savoir quelles sont les garanties dans le long terme", a-t-elle déclaré sur France 2. "Il y a des choix éthiques, politiques, individuels. Il y a par exemple des fournisseurs d'électricité qui sont essentiellement fondés sur des moyens d'énergies renouvelables, et ça c'est un choix personnel qui peut tout à fait être fait", a-t-elle ajouté.
La ministre a souligné que la libéralisation des marchés de l'énergie permet "une saine concurrence" qui "est bénéfique pour le consommateur" sachant que, "pour les quelques années qui viennent, il y a une garantie qui fait que les tarifs n'augmenteront pas plus que l'inflation".
Invité sur France Inter, le secrétaire d'Etat à la Consommation Luc Chatel a rappelé que "l'énergie, c'est 8% du budget de la consommation courante des ménages, c'est 1.000 € par an". "Le gouvernement est très vigilant à ce que ce poste n'augmente pas et à ce qu'on essaie de faire des économies". Dans le cadre de "la palette de services qui va être offerte par les dix opérateurs sur le marché, on va vous proposer des systèmes", comme par exemple "un diagnostic de votre maison pour mesurer les problèmes d'étanchéité", a-t-il expliqué. "C'est un avantage très important pour le consommateur".
"Le rôle du gouvernement, c'est de permettre au consommateur de faire son choix librement, de s'informer, de comparer, et nous avons mis à sa disposition un certain nombre d'outils pour le faire", a précisé le secrétaire d'Etat. Quant aux inquiétudes des syndicats sur un boom des tarifs, M. Chatel a avancé qu’"on a beaucoup parlé de l'augmentation des tarifs mais elle n'est pas liée à l'ouverture à la concurrence". Il faut être "sans doute devin pour connaître à l'avance l'évolution, sur cinq ans, des cours mondiaux de l'énergie".
Paroles, paroles, paroles… Répondre | Répondre avec citation | Citer