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Accueil Social, économie et politique Des prévisions d'embauche 2007 qui fleurent bon la démagogie

Des prévisions d'embauche 2007 qui fleurent bon la démagogie

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Selon la dernière enquête de l'UNEDIC sur les "besoins en main d'œuvre" publiée aujourd'hui, les prévisions d'embauche pour cette année augmenteraient de 2,4% et dépasseraient 1,22 million : une première depuis cinq ans, paraît-il.

Ainsi, le nombre d'embauches projetées par les entreprises serait en hausse "pour la première fois depuis cinq ans", se vante l'Unedic dont l'Enquête BMO 2007 a été réalisée en partenariat avec le Credoc, l'Assedic et le Garp... Il était temps !!!

Mais en cette période électorale, on se méfiera des formules dithyrambiques comme, par exemple, "le taux le plus bas depuis 1983" pour parler du chômage : ça sent le mensonge, et Eurostat l'a d'ailleurs démasqué. Pour parler de l'emploi, surtout quand il s'agit de "prévisions" ou "d'intentions d'embauche", surtout quand on ne précise pas s'il s'agit de CDI, CDD ou d'intérim, on se méfiera tout autant… ça sent la méthode Coué qui vend la peau de l'ours. La preuve : selon Bernard Ernst, directeur des services statistiques de l'Unedic, «aussi dynamiques soient-elles, ces intentions d'embauches ne traduisent pas une accélération des créations nettes d'emplois». Pour lui, l'année 2007 devrait être marquée par une progression de l'emploi marchand inférieure à 2006 - à savoir 159.000 créations nettes au lieu de 204.000 - car en réalité, la progression des intentions d'embauches traduit «un accroissement de la mobilité et une progression des entrées et des sorties au sein de la population active». En clair : seulement 2 intentions d'embauche sur 10 profitent à des chômeurs et une à un jeune pour un premier emploi, selon l'Unedic, car 4 sur 10 correspondent à des transferts de salariés au sein d'une même entreprise et 3 sur 10 concernent des salariés qui changent d'entreprise sans changer de métier.

Comme en 2006, les projets de recrutement sont les plus nombreux dans les PME et concernent essentiellement les secteurs de l'hôtellerie et du BTP, sur des emplois peu ou pas qualifiés. A l'inverse, les recrutements envisagés dans les entreprises de plus de 200 salariés diminuent sensiblement.

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Mis à jour ( Mardi, 05 Avril 2011 13:17 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2007-04-05 22:40
Publiée tous les ans depuis 2002, cette enquête permet à l'UNEDIC de planifier ses budgets et ses actions à venir, l'objectif principal étant de rapprocher les chômeurs des besoins des entreprises. L'Unedic s'est donc mise au service exclusif des employeurs en choisissant aussi d'adapter le financement des formations aux métiers en mal de personnel (le chômeur, lui, n'a plus le choix). "Plus que jamais dans la politique des Assedic, il y a lieu de diriger les chômeurs sur les emplois offerts. L'enquête permet de déterminer où se trouvent les employeurs, où se trouvent les chômeurs et où est le besoin de formation des chômeurs", a résumé le directeur général de l'Unedic Jean-Pierre Revoil.

20% de réponses. Là où l'on peut rire (jaune) c'est que cette enquête, soumise à 1,5 million d'entreprises affiliées à l'assurance-chômage, n'a obtenu que 327.700 réponses… une proportion identique aux années précédentes. Et c'est sur ce taux de réponse plutôt faiblard que l'Unedic va planifier son année.
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0 # superuser 2007-04-05 22:50 C'est clair : l'objectif de l'Unedic est d'orienter les chômeurs sur les secteurs qui recrutent. Autrement dit, les formations qui sortent un peu des sentiers battus sont à proscrire…

Dommage ! dit Fabienne Brutus à partir de la page 135 de son livre Chômage, des secrets bien gardés :

"Définir un plan de formation est devenu une usine à gaz (pour rebuter chômeurs et conseillers ?). On a assisté à une quasi-suppression généralisée. Seules subsistent les formations menant aux métiers en tension et des actions non qualifiantes, purement occupationnelle s.

D'année en année, la possibilité de formation se réduit à vue d'œil. Seuls les métiers considérés comme "en tension" par l'Assedic sont accessibles. Il faut donc qu'ait émergé un besoin non satisfait du côté des employeurs pour que la formation ad hoc soit prise en charge. Dès que le souhait s'éloigne des demandes officielles du marché, les aides éventuelles s'envolent.

(…) S'en tenir aux besoins exprimés par les employeurs, c'est prendre énormément de risques au niveau de la création d'entreprises dans les années à venir. Beaucoup de petits projets sont devenus grands, dans des secteurs où aucun besoin ne se faisait sentir. Réserver la formation à l'élite capable de la financer est plus qu'une injustice, c'est une bêtise incommensurable . L'Etat semble avoir fait une croix sur les forces vives et oublié que la créativité existe dans toutes les catégories socioprofession nelles.

(…) La reconversion professionnelle est désormais impossible. Au plan national comme régional, c'est une catastrophe. Acquérir un diplôme est doublement une épreuve, au premier stade presque insurmontable : le financement. Il semblerait qu'on veille à dresser une masse laborieuse, ouvrière et peu regardante. La qualification vers des emplois "supérieurs" est utopique.

La profession d'infirmier/infirmière est, par exemple, quasiment inaccessible à un chômeur. (…) Ils sont prêts à se mettre au service d'autrui, savent que les hôpitaux font appel à des infirmiers étrangers. (…) Mais un chômeur indemnisé n'est pas assuré de percevoir ses allocations durant les trois années d'études. Alors qu'à la sortie il est certain, sans l'ombre d'un doute, de trouver un CDI dans la structure de son choix. (…) Aux autres, chômeurs non indemnisés, on dira : "Faites un emprunt, vous êtes sûrs de trouver du boulot en sortant de l'école". Espérons qu'il n'y aura pas de redoublement, car les études d'infirmière ne le tolèrent qu'une fois sur la totalité du cursus. Un second redoublement, c'est le projet qui s'effondre, une somme astronomique à rembourser, et pas l'ombre d'un travail pour le permettre."


L'Unedic, comme tout le monde, pratique les vues à court terme assorties d'économies de bouts de chandelles.

En 2004, selon la DARES, seulement 7% des chômeurs ont bénéficié d'une formation.
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0 # superuser 2007-04-05 23:28 Sur fond de vive polémique à propos de la baisse du chômage, le ministre délégué à l'emploi, Gérard Larcher, a au moins une satisfaction : celle d'annoncer l'augmentation du nombre de métiers dits "en tension" pour lesquels l'ANPE comptabilise davantage d'offres d'emplois que de demandeurs qui souhaitent - ou en possèdent la qualification -, les occuper. Ainsi commente-t-on au ministère, "le phénomène atteste du dynamisme retrouvé du marché du travail".

Selon des chiffres encore provisoires de l'ANPE, ce sont quarante nouveaux métiers qui vont rehausser la liste établie en mai 2006. Parmi ceux-ci, il faut noter les métiers de l'informatique, de service ou, dans les travaux publics, celui de conducteur d'engin de chantier. Plus globalement, quatre domaines professionnels connaissent des tensions, révèle l'ANPE : la maintenance, les industries de process, l'électricité électronique et la construction, ce que corrobore l'enquête intitulée "Besoins en main-d'oeuvre" de l'Unedic.

PÉNURIE DE CANDIDATS

Cette liste permet au ministère de l'emploi d'avoir des indications précises, qui seront déclinées en termes de cursus de qualification et de formation professionnelle . Des listes de "métiers en tension" ont été établies par bassins d'emploi. Elles permettront d'évaluer la "distance à l'emploi" des chômeurs qui, localement, viennent s'inscrire à l'ANPE. Et de tenter d'orienter vers les secteurs concernés, avec formations à la clé, les demandeurs d'emploi qui peinent à retrouver un travail.

Au-delà, cette recension sert de base aux autorités pour établir la liste des métiers ouverts aux ressortissants des nouveaux Etats membres de l'Union européenne. Ainsi, précise-t-on au cabinet de M. Larcher, "quand le gouvernement a décidé, voici un an, d'appliquer la période transitoire de sept ans pour les ressortissants des nouveaux membres ayant rejoint l'Union européenne, au 1er mai 2004 , puis la Roumanie et la Bulgarie le 1er janvier 2007, il avait arrêté une liste de 62 métiers en tension".

Parallèlement aux informations de l'ANPE ou de l'assurance-chômage, une étude effectuée par Manpower, menée en janvier dans 27 pays auprès de 37.000 employeurs (dont 1.010 en France), permet d'identifier le "top 10" des postes les plus touchés par "la pénurie de candidats qualifiés en 2007". Cette liste confirme la tendance déjà enregistrée : métiers manuels (maçons, électriciens, menuisiers), chauffeurs routiers, techniciens, chefs cuisiniers, commerciaux, ouvriers, professionnels de l'hôtellerie-restauration, assistants administratifs, professionnels de santé (médecins, infirmiers) et ingénieurs.

La France serait, selon cette étude, le pays le plus touché en Europe par la pénurie de candidats. 40% des chefs d'entreprise interrogés l'ont signalée : une proportion en augmentation par rapport à 2006 (30%).
33% des employeurs espagnols doivent aussi faire face à cette situation, en nette amélioration par rapport à 2006 (57%). 34% des employeurs anglais sont aussi concernés contre 42% en 2006, et 27% des Allemands contre 53% en 2006.

(Source : Le Monde)
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