Actu Chômage

vendredi
18 août
Taille du texte
  • Agrandir la taille du texte
  • Taille du texte par defaut
  • Diminuer la taille du texte
Accueil Social, économie et politique Faut-il réduire le nombre des fonctionnaires ?

Faut-il réduire le nombre des fonctionnaires ?

Envoyer Imprimer
Selon un sondage Ipsos pour le journal «La Gazette des Communes», les Français sont très partagés sur la réduction du nombre de fonctionnaires, même s'ils sont majoritairement favorables à une réforme de la Fonction publique au cours de la prochaine législature.

A l'heure du «papy boom» et de la campagne électorale, la question du remplacement des fonctionnaires "divise profondément la société française", puisque 52% des personnes interrogées "souhaitent que l'on remplace presque tous les fonctionnaires qui partent à la retraite" tandis que 46% émettent un avis opposé. Ils sont 51% à estimer qu'une réduction du nombre de fonctionnaires "entraînerait une dégradation de la qualité du service rendu" contre 13% qui jugent, au contraire, qu'elle "aboutirait à une amélioration". Et 34% pensent que "cela ne changerait rien"...

Pour 79% d'entre eux, une réforme de la Fonction publique doit être l'un des dossiers "importants" de la prochaine législature ; 29% estiment que c'est une "priorité" ; 20% trouvent cela plutôt "secondaire".

Le sondage montre une fois de plus que les Français sont attachés à leur Fonction publique ainsi qu'à la sécurité de l'emploi qu'elle est susceptible d'offrir : face à la précarité galopante, 77% des personnes interrogées encourageraient leur enfant à devenir fonctionnaire s'il le souhaitait, un "chiffre qui franchit des pics chez les employés (86%), les ouvriers (80%), les 18-34 ans (84%)". Enfin, 52% des sondés "jugent la qualité de service de la Fonction publique et des fonctionnaires meilleure que chez nos partenaires de l'Union européenne" alors que 25% seulement pensent le contraire.

La grande réforme ? Un faux débat !

Pour alléger la dette de l'Etat, il est inévitablement préconisé de «dégraisser» la Fonction publique. Certes, les exemples consternants d'aberrations et de gaspillage ne manquent pas : un grand nettoyage serait sûrement nécessaire... mais pas forcément là où on l'imagine.

Car le dégraissage du "mammouth" prôné par les «experts» et dirigeants de tous bords se focalise essentiellement sur les postes les plus indispensables (employés de la santé, de l'éducation, des collectivités… proches des besoins des Français) dont les salaires sont raisonnables voire modestes, alors qu'il élude les plus hauts placés, dont certains sont de véritables «planqués» aux rôles ou aux compétences contestables mais qui évoluent grâce à un système de caste où ils sont intouchables, disposent de logements et de voitures de fonction malgré leurs gros émoluments. Bref : on évite de mettre l'accent sur ce qui est vraiment ruineux et improductif.

Il va sans dire que ceux qui ont le pouvoir (députés, sénateurs, hauts fonctionnaires…) tiennent à garder leurs privilèges tout en demandant à ceux qui en ont moins (les fameux "régimes spéciaux" de retraite, par exemple…) ou pas du tout de se sacrifier «au nom de la dette». Et quand la Fonction publique se rebiffe, on fait croire ainsi que la France est un pays impossible à réformer... Mais comment voulez-vous que des réformes injustes - car à sens unique - puissent être acceptées alors que nos dirigeants sont les premiers à refuser de les appliquer à eux-mêmes ? Les Français ne sont pas dupes !

Donc, pour dégraisser le mammouth, il faut commencer par le haut. Car, comme disait George Clémenceau, "Les fonctionnaires sont un peu comme les livres d'une bibliothèque : ce sont les plus hauts placés qui servent le moins." Mais hélas ce sont aussi eux qui décident, et si l'on doit déplorer «l'immobilisme des Français» (le peuple a bon dos…), il faut avant tout pointer l'immobilisme de nos élites. Une vraie réforme de la Fonction publique qui allègera l'Etat et gagnera en performance ne passera que par la justice des mesures envisagées, de haut en bas et non de bas… en bas.

Lire aussi :
Articles les plus récents :
Articles les plus anciens :

Mis à jour ( Dimanche, 25 Mars 2007 08:49 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2007-03-25 09:14
… Si elles en avaient le courage - qu'il soit politique, économique ou simplement administratif -, elles s'exposeraient au risque de perdre tout ou partie de leurs privilèges liés à la situation présente, qu'elles ont pour la plupart elles-mêmes instaurée, leur puissance n'étant pas uniquement associée à leur pouvoir de décision mais à des tas d'autres avantages connexes accumulés et/ou aux accointances qui vont avec.

Ce principe est valable aussi bien pour la rénovation démocratique de nos institutions, pour la préservation de notre environnement ou la réforme des retraites (entre autres…).

Dire que les Français ne veulent pas être réformés est une escroquerie intellectuelle : ce sont nos élites qui ne veulent pas qu'on touche à leurs petites affaires, même si la population ou même la planète doivent en crever.
Répondre | Répondre avec citation |
 
 
0 # Pili 2007-03-25 22:41 La réponse est Non ! Par contre, la réponse est Oui pour la "Noblesse d'Etat" afin qu'elle cesse de diriger les services publics pour les casser!
Pour info : Fête des Services Publics!

Le 31 mars 2007 à Firmi dans l’Aveyron –Fête des Services Publics !
Le même jour que la grande manifestation populaire sur Paris pour les Droits Sociaux, une autre mobilisation à Firmi (Aveyron) aura lieu :
- pour rassembler toutes celles et ceux qui ont la volonté de résister à la casse programmée des services publics
- pour d’agir pour les reconquérir, les étendre, les démocratiser et permettre à chacun de nous d’y avoir accès quelques soient nos revenus, notre nationalité, notre lieu de résidence….
Les services publics sont les nôtres, si vous voulez des services publics de qualité, partout, pour toutes et tous, pour l’égalité des droits dans une société solidaire
http://www.v-s-p.org/

Bien à vous, Combattants et résistants!
Répondre | Répondre avec citation |
 
 
0 # superuser 2007-03-27 07:58 La fonction publique tient salon à partir de jeudi prochain à la porte Maillot. Objectif : recruter des jeunes diplômés. Une occasion intéressante pour le visiteur qui pourra découvrir les divers métiers du service public et s’informer sur les conditions de recrutement.

Trois jours d'information, de rencontres et d’échanges, avec des conférences gratuites qui permettront au candidat à un emploi public de rencontrer des praticiens, des recruteurs ou des formateurs pour mieux comprendre ce monde.
Comment intégrer la fonction publique ? Comment préparer les concours ? Comment intégrer celle-ci sans concours ? Les personnes handicapées et l’emploi dans la fonction publique. Autant de sujets qui seront abordés lors de forums pour se familiariser avec ses métiers.

Tout bouge chez les fonctionnaires ! C’est que la fonction publique est en pleine évolution car elle doit répondre à de nouveaux enjeux que sont la décentralisatio n, la réforme de l’Etat et surtout le choc démographique. En effet, d’ici 2012, 50% des agents actuellement en poste seront partis à la retraite. Alors, la fonction publique s’expose pour mieux se faire connaître et faire valoir ses nombreuses opportunités de carrières. Des carrières qui, outre la sécurité de l’emploi, ont aussi l’avantage de donner un autre sens à sa vie professionnelle , celui du service public. Une valeur indéniablement d’avenir.

Salon de l’Emploi Public au Palais des Congrès (porte Maillot - Paris 17e) les 29, 30 et 31 mars 2007 de 9 heures à 19 heures.

(Source : Metro)
Répondre | Répondre avec citation |
 
 
0 # superuser 2007-03-31 07:59
Extrait de Le train de vie de l'Etat, arlésienne de campagne :

Les fonctionnaires
Primo, fonctionnaire est un statut, pas un métier. Le vice-président de la Banque de France est fonctionnaire et la femme de ménage qui nettoie mon bureau le soir aussi. Entre les deux un écart gigantesque en terme de rémunérations, d’avantages et de responsabilités . Fustiger la protection dont bénéficient les fonctionnaires, c’est faire un beau raccourci et bien vite oublier trois petites choses :

1. Entre 2000 et 2005 leur pouvoir d’achat a diminué, l’inflation étant plus forte que leur augmentation de salaire, tandis que celui des salariés du privé augmentait très légèrement
2. A responsabilité égale, un cadre de la fonction publique gagne entre 20 et 30% de moins qu’un cadre du privé
3. La pauvreté dans la fonction publique est un sujet tabou mais récurrent

Ensuite quand Nicolas Sarkozy dit vouloir ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux, cela ne nous avance pas à grand chose tant que ne seront pas précisées les administrations visées.

Imaginons maintenant que la structure de la FP soit la même que celle de la population française. Les 55-64 ans représentent 11,5% de la population et nous avons 2,5 millions de fonctionnaires d’état. Seraient donc concernés un peu moins de 300.000 personnes. Un sur deux, 150.000 à 40.000 euros/an = 6 milliards. Sauf qu’il va bien falloir leur verser leur retraite à ces gens-là soit en moyenne 80% du dernier salaire = 4,8 milliards.
Soit un reste de 1,2 milliards. Vous me direz c’est déjà ça, ce à quoi je vous rappelerai que ça ne représente même pas 2% des frais de personnels de l’Etat…

Economie de bout de chandelle, surtout que le même Nicolas Sarkozy prévoit de redistribuer une partie des économies entre les fonctionnaires restants. Autant dire que pour une belle mesure d’économie vous repasserez.
Répondre | Répondre avec citation |
 

Votre avis ?

Que vous inspire l'élection d'Emmanuel Macron ?
 

Zoom sur…

 

Ces associations qui se battent pour les chômeurs

Au nombre de quatre au niveau national, elles méritent la gratitude et l'adhésion de tous les précaires et privés d'emploi. Grâce à elles - il faut le dire -, en 2004, les «Recalculés» n'aura...

 

La lutte contre le chômage est une escroquerie intellectuelle

Vous estimez que la lutte contre le chômage n'est, visiblement, pas la priorité de ceux qui nous gouvernent ? Vous vous étonnez qu'il n'y ait, sur ce point et depuis si longtemps, jamais de projet ...

 

Pôle Emploi abandonne enfin la rétroactivité des radiations

A partir du 1er janvier, la décision de radiation prendra effet à compter de la date de sa notification au demandeur d'emploi, et non plus à la date du «manquement». Le décryptage de Recours-Rad...