Les syndicats de l'ANPE redoutent qu'une réforme en cache une autre. Ils appellent les agents à la grève le 29 mars et exigent "la suspension immédiate" d'un projet de décret modifiant les statuts de l'agence. Ce texte, qui sera bientôt transmis pour avis au Conseil d'Etat, autorise en particulier la création de filiales commerciales de l'ANPE. Pour les syndicats, c'est la porte ouverte à la remise en cause du statut des personnels de l'agence.Dans un courrier adressé le 23 février à Jean-Louis Borloo, ministre de l'Emploi, l'ensemble des organisations syndicales de l'ANPE (CFDT, CGT, FO, CGC, CFTC, SNU et UNSA) estiment que le texte réglementaire en voie de publication contient des dispositions "néfastes pour le service public et les intérêts du personnel" de l'Agence. Intitulé "Projet de révision du décret institutionnel de l'ANPE", ce texte prévoit le renforcement du conseil d'administration, davantage de responsabilités confiées à l'échelon régional et une nouvelle organisation budgétaire. Par ailleurs, les filiales créées devront respecter strictement les règles de la concurrence, en pratiquant des prix "prenant en compte l'ensemble des coûts directs et indirects" et en prouvant qu'elles n'ont pas "bénéficié, pour établir ces prix, d'un avantage attribué par l'Agence nationale pour l'emploi", selon le projet de décret.
"On est en train de franchir le Rubicon et on peut craindre un scénario de privatisation comme à La Poste et à France Télécom", s'inquiète Noël Daucé, secrétaire général du SNU-ANPE, affilié à la FSU. "Nous n'avons aujourd'hui aucune assurance que le statut des personnels qui seront détachés dans les filiales ne sera pas de droit privé".
Ce projet de décret, dont la publication doit avoir lieu fin mars ou début avril, est pris en application de la loi de Cohésion sociale de janvier 2005, initiée par Jean-Louis Borloo, qui a mis fin au monopole - largement théorique - de l'ANPE pour le placement des demandeurs d'emploi. L'intersyndicale, qui se donne un mois pour préparer la grève, envisage d'organiser une manifestation nationale. Elle attend également la réponse du directeur général de l'agence, Christian Charpy, sur la convocation d'un nouveau comité consultatif paritaire national (CCPN), qui doit émettre un avis sur cette réforme institutionnelle et ne l'a toujours pas fait.
(Source : La Tribune)
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Commentaires
Le texte incriminé, qui est actuellement examiné par le Conseil d’État et doit être publié d’ici fin mars, découle directement de la loi Borloo dite «de cohésion sociale» de janvier 2005. Celle-ci avait en effet mis fin au monopole de l’ANPE dans le placement des chômeurs et autorisé des sociétés privées à intervenir sur ce «marché». Corollaire de cette ouverture à la concurrence, la loi prévoyait aussi la possibilité pour l’ANPE de créer des filiales commerciales et vendre ses services. C’est chose faite avec ce décret.
«C’est le sort de l’ANPE qui est en jeu», a lancé mardi Noël Daucé, secrétaire général du SNU ANPE, premier syndicat de l’agence, qui a rappelé les exemples d’administratio ns comme France Télécom et La Poste, progressivement éclatées en filiales pour être mieux privatisées.
Concrètement, par l’intermédiaire de ses filiales, l’ANPE pourra vendre ses services soit aux entreprises pour recruter, soit aux conseils généraux et autres collectivités locales pour gérer leurs demandeurs d’emploi. «Ces filiales fonctionneraien t comme des entreprises, a dénoncé Rubens Bardaji, de la CGT ANPE. En concurrence avec les organismes privés de placement, elles seraient guidées par la recherche de recettes, et les usagers deviendraient des clients. Le chômeur aurait face à lui des salariés soumis à des obligations de résultats, la coercition va encore augmenter.» L’ANPE pourrait en effet recruter dans ses filiales du personnel sous contrat de droit privé sans sécurité de l’emploi, et diminuer le nombre d’agents sous statut, craignent les syndicats. «Une fois les filiales créées, on peut les détacher de l’ANPE et les privatiser complètement», prévoit Catherine Lebrun, de SUD ANPE, qui rappelle les principes du service public mis à mal : «Gratuité, péréquation des moyens au niveau national, égalité de traitement de tous les chômeurs…»
Autre aspect décrié du décret, la régionalisation de l’agence, avec des pouvoirs accrus donnés aux directeurs régionaux et aux collectivités locales, qui font leur entrée dans le conseil d’administratio n et dans les comités régionaux. Pour les syndicats, cet éclatement risque d’aboutir à la fin de l’égalité de traitement des chômeurs sur tout le territoire, puisque les politiques de l’ANPE seront décidées à l’échelon régional, sous l’influence des politiques locaux. «Les chômeurs seront soumis à un véritable enfermement sur les besoins du patronat local», analyse la CGT ANPE.
Parallèlement au décret, les syndicats contestent la mise en place de «plates-formes interrégionales » regroupant sur sept pôles en France les services ressources humaines, juridique, immobilier et équipement. Cette concentration visant à faire des économies d’échelle doit être lancée dès la rentrée. Elle obligera des agents «à muter à 300 ou 400 kilomètres ou à changer de métier», a dénoncé Thérèse Hergott, de FO-ANPE.
Fanny Doumayrou pour L'Humanité Répondre | Répondre avec citation | Citer
Même si nous affichons un certain nombre de résultats positifs, personne ne peut nier le sentiment généralisé de malaise grandissant et d’insécurité qui gagne peu à peu la ligne managériale. Les managers, de plus en plus conscients de leurs responsabilités étendues, se sentent abandonnés et même démunis face à leurs équipes.
Pour le SNAP-CFTC, il est trop simple de dire qu’il n’y a pas de réponses toutes faites. Il est, pour nous, irresponsable de laisser aux managers de proximité le choix du comment, basé uniquement sur des pratiques empiriques sans fournir les ressources adéquates. Le SNAP-CFTC n’a pas demandé le retrait du SMP (suivi mensuel personnalisé). Nous avons demandé des moyens à la hauteur. Le génie est sorti de sa lampe et nous refusons de fermer les yeux devant ce qui est en train d’advenir des conditions de travail de chacun, agents et ligne managériale.
La Direction, depuis le début, nous a bien fait passer le message : «C’est ce qu’il faut faire parce qu’on ne peut pas faire autrement, c’est incontournable» . Ce sont les résistances et les situations frisant l’absurde dont nous vous portons témoignages dans les lignes qui suivent, qui rendent visibles le sens et la relativité des solutions proposées.
A l’insuffisance de temps opérationnel, certaines unités répondent par des solutions à court terme, balayant les principes fondamentaux du SMP, faute de moyens. Face à la charge, la reprise de stock s’est opérée par wagons entiers de demandeurs d’emploi reçus en informations collectives parfois sous-traitées auprès de nos prestataires sous forme d’ateliers à l’issue desquels au mieux un entretien flash est proposé ou un questionnaire est distribué ou pire rien du tout. Les questionnaires servent à la saisie des conclusions d’entretien, dans le meilleur des cas, par le conseiller animateur de la réunion qui s’auto-affecte l’ensemble des DE dans son portefeuille, voire par des agents du PAGM et quelquefois même par des contrats aidés. Les chiffres seront là, mais que dire du service rendu ? Et que feront ces conseillers lorsque, le mois suivant, les wagons devront être reçus sauf à réutiliser la voie du traitement collectif ou la saisie d’entretiens de régularisation ?
Que dire des solutions employées par certaines ALE qui, pour tenir les délais d’inscription à 5 jours ou les dates d’échéance des DE en portefeuilles, sont contraintes de supprimer les réunions de service pour recevoir les DE, mettant à mal la communication interne et remettant en cause la durée d’ouverture au public ? Pire : que dire de ces ALE où l’ELP n’a plus d’autres choix que de demander aux agents de poser des congés ou des RTT, voire même des journées syndicales, faute de bureaux disponibles pour recevoir ?
Que dire de la course quotidienne aux bureaux libres qui se traduit par des tensions entre agents lorsque cela ne dégénère pas en conflit devant des managers impuissants parant au plus pressé ?
Que dire des chiffres qui laissent à penser qu’on est en capacité de recevoir un volume de 200 DE physiquement alors que la Direction sait parfaitement que plus de 50% des entretiens ne sont pas des entretiens physiques et que pour 1/3, il n’y a eu aucun contact direct avec le DE ?
Que dire des injonctions permanentes de certains DRA et DDA sur les résultats qui se limitent à pointer les chiffres rouges inacceptables ?
Que dire de l’appui concret sur le plan technique, logistique, humain dont bénéficie les managers de proximité face aux difficultés quotidiennes auxquelles ils doivent faire face ? Que dire du climat social tendu généré par la surcharge et la surchauffe dans les unités ? Les ELP naviguent à vue, toujours sur le fil du rasoir. Vos managers y croyaient, M. Le Directeur Général, et y croient encore pour quelques uns, ils ont envie d’avancer et d’œuvrer dans l’intérêt de l’établissement , de ses usagers et de ses agents mais les ficelles sont de plus en plus grosses à avaler.
Le management local n’a pas toujours les solutions et n’a pas encore trouvé de recettes miracles. Lorsque les moyens humains et logistiques font défaut : aucune possibilité n’existe.
On boit déjà la tasse dans bon nombre d’unités, comment ne pas se noyer avec l’arrivée de couches supplémentaires ajoutant chaque fois plus de complexité pour les agents, pour les organisations. Par exemple, les guichets uniques qui imposent de repenser complètement :
- l’organisation des unités impactant, entre autres, les projets locaux
- le management, le rapprochement ANPE et UNEDIC nécessite un management commun alors que nos missions sont différentes
- le métier et la posture des conseillers, etc…
Que penser, à l’heure où le Président de la République présente la nécessité d’une fusion ASSEDIC - ANPE dans ses vœux aux forces vives de la Nation, de l’évolution du champ professionnel des agents ASSEDIC qui se voient investis de nouvelles missions telles que d’examiner les capacités professionnelle s des DE indemnisés au regard du marché du travail au 8ème et 14ème mois d’inscription ? Sont-ils habilités à investir une nouvelle mission, exclusivement réservée aux agents ANPE jusqu’ici, et ont-ils mandat pour effectuer un contrôle de la technicité des agents ANPE qui auront vu ces mêmes demandeurs d’emploi au 7ème et au 13ème mois ?
Que penser de la déconcentration qui se met en place au travers de l’arrivée du décret de régionalisation de l’ANPE qui aboutira inéluctablement à :
- des traitements inégalitaires soumis à la bonne volonté des Directions Régionales dont les prérogatives se renforcent et s’élargissent. Elles pourront ainsi redistribuer de façon variable les moyens humains et logistiques.
L’arrivée de filiales commerciales dont le périmètre d’action est des plus opaques mais qui laisse entrevoir des perspectives peu rassurantes sur notre devenir. La diabolisation des managers alarmistes n’est pas une solution, elle évite de réfléchir sur les limites du système dont on voit, d’ors et déjà, les conséquences négatives et ne permet pas de prendre la mesure des contradictions et de construire, en refus à la fatalité, les marges de manoeuvre de l’avenir.
Pour le SNAP-CFTC, la réponse est que la modernisation progressiste est celle du respect des usagers, des agents et de leurs managers. Les managers de proximité doivent être entendus, écoutés, aidés, accompagnés et soutenus pas seulement verbalement mais par la prise en compte réelle de leurs besoins tant opérationnels (par exemple en activant le remplacement des absents pour maladie, congé maternité etc…systématiqu ement, sans conditions et sans délai) que techniques (appuis concrets à l’organisation, conseils techniques…).
Si, comme le SNAP-CFTC, vous pensez que l’homme bionique est difficile à suivre, qu’il est bon de savoir courir vite mais que, lorsqu’on fait partie d’une équipe, il faut s’assurer que tout le monde peut suivre,
Si, comme le SNAP-CFTC, vous pensez que l’agence s’est engagée dans une course de fond et qu’il faut savoir ménager sa monture pour qu’elle dure,
Ne restez pas spectateurs, faites comprendre au DG que vous n’êtes pas dupes et que vous n’êtes pas des marionnettes dont il peut se servir de paravent, qu’il doit vous écouter et se soucier de vos attentes, réagissez, soyez solidaires de vos équipes dans un mouvement qui fera date à l’ANPE le 29 mars 2007. Il faut se souvenir ou savoir pour les plus récents qu’aucun directeur Général n’avait réussi l’exploit de créer une unité syndicale unanime et aussi déterminée depuis 17 ans ! C’était le 3 avril 1990. Répondre | Répondre avec citation | Citer
CFDT/CGC/FO/CGT/SNAP-CFTC/SNU/SUD/UNSA,
DEMANDEURS D’EMPLOI,
USAGERS DU SERVICE PUBLIC,
Les agents de l’ANPE sont en grève le 29 mars 2007, à l’appel de l’ensemble des organisations syndicales.
Pourquoi ce mouvement social ? Parce que le service public est attaqué de toutes parts et que cette tourmente percute de plein fouet l’ANPE.
Parce que nous nous opposons à un projet de décret qui prévoit la mise en œuvre de filiales commerciales de droit privé.
Nous refusons que des sociétés privées de placement fassent des profits sur le dos des demandeurs d’emploi. Pour réaliser un maximum de bénéfices, ces organismes n’hésitent et n’hésiteront pas à forcer nombre d’entre vous à accepter n’importe quel emploi, dans n’importe quelles conditions, voire à vous dénoncer pour «insuffisance de recherche d’emploi» !
Nous refusons que l’ANPE passe sous la tutelle du MEDEF !
Ce sont aussi vos droits qui sont menacés, vos attentes qui sont ignorées par les pouvoirs publics.
Nous exigeons le respect des missions de l’ANPE, au service des demandeurs d’emploi.
L’ANPE doit être en capacité de vous apporter toutes les informations et les conseils utiles dans votre recherche, et de vous aider à élaborer votre projet professionnel.
Demandeurs d’emploi, vous n’êtes pas des marchandises !
Agents de l’ANPE, nous ne sommes pas des robots chargés de faire du chiffre !
…/…
Pour info, l'établissement fait des pressions inimaginables sur l'encadrement pour éviter au maximum les fermetures d'agences : ils ont ordre d'ouvrir contre vents et marées, avec le personnel précaire, les CDD et… les p'tits chefs, au mépris de la qualité du service rendu et des conditions de sécurité.
Je crois que si j'étais DE, j'irai faire un petit tour demain dans mon agence…
Rose Répondre | Répondre avec citation | Citer