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Accueil s'informer Mobilisations, luttes et solidarités Répression des chômeurs : le silence assourdissant des candidats

Répression des chômeurs : le silence assourdissant des candidats

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Des centaines de milliers de Français(es) naviguent depuis mai 2002 dans un no man's land, entre chômage à répétition et petits boulots dégradants, avec le sentiment d'humiliation chevillé au corps, sous la menace permanente de la radiation quand ils sont indemnisés par l'Assedic. Ce sont autant d'électeurs (sans oublier leurs proches et amis) qui prennent conscience qu'aucun candidat ne se soucie réellement de la répression qu'ils subissent.

Quand certains candidats font mine de le faire, ils répondent à côté du problème posé ! C'est malheureusement le cas des antilibéraux, censés être les plus proches d'eux. Lequel d'entre eux, en effet, propose haut et fort l'abrogation de toutes les dispositions prises depuis 2002 contre les chômeurs ? Il n'est, dès lors, pas surprenant que le total des intentions de vote de M.G. Buffet (3-4%), O. Besancenot (3-4%), J. Bové (3%), A. Laguiller (2%) ni D.Voynet (1%) soit inférieur à Le Pen ou Bayrou, à eux seuls. Un candidat antilibéral unique aurait eu toutes les chances d'accéder au second tour… Mais voilà ! Voilà aussi pourquoi l'abstention gagne du terrain.

Ces Français, sans perspectives réelles, sont traités comme des parias de la société. Or, aucun candidat n'ose (vraiment) en parler, comme s'il s'agissait de pestiférés. Pour ne pas effrayer la société libérale bien pensante, les candidats préfèrent parler du sacro-saint Travail, de façon à ce que ceux qui les écoutent - le ventre mou de la France - n'aillent surtout pas imaginer qu'ils défendent ces "fainéants" de chômeurs de plus 45 ans (insulte répandue à l'envi par les députés fascistes de l'UMP). Une mise à l'index que résume sans ambiguïté la formule de Madame Royal sur TF1 : «La responsabilité plutôt que l'assistanat». La maîtresse d'école guindée n'a absolument rien compris en surenchérissant dans le registre de la stigmatisation des chômeurs. Son couplet a été très mal perçu ! Avec cette femme à la tête de l'Etat, le système répressif mis en place par Fillon (avec la complicité de Chérèque) en 2003 contre les demandeurs d'emplois, notamment âgés, sera non seulement maintenu mais renforcé, avec en prime une infantilisation à la danoise (pays où le taux de suicide est l'un des plus élevés au monde) !

Travailler plus pour vivre moins, moins bien, avec moins d'argent

Avant de boucler la législature, les vichystes, sous la pression du Medef, se sont dépêché de lancer sur les chaînes de télé la propagande du «travail ad vitam» pour accréditer l'idée que les «seniors» doivent travailler plus, et ainsi crever plus vite, sans davantage d'argent ni de loisirs, et sans même pouvoir profiter d'un repos et d'une fin de vie paisible.
Bien évidemment, la propagande UMP se garde de décrire les conditions de travail de ces «miraculeux» jobs - à dénicher où ? -, sachant que les emplois marchands traditionnels sont et seront, de toute façon, de plus en plus rares. En fait, la propagande vise à culpabiliser les «seniors» récalcitrants en misant sur l'exemplarité de ceux (la mentalité de serf est tenace) qui n'envisagent leur existence qu'à travers le boulot et rien d'autre, jusqu'à leur dernier souffle. Fût-ce le travail le plus avilissant, le plus con, le plus creux, le plus mal payé, etc...

Contraindre les plus de 45 ans à n'être qu'une sous main-d'œuvre bon marché

Des chiffres astronomiques circulent : 40 milliards d'euros de fraude aux cotisations sociales et fiscales. 13 milliards de profits pour Total. Dans le même temps, Alcatel Lucent, EADS (Airbus) annoncent des milliers de suppressions d'emplois.
Le PIB n'a cessé de croître depuis 10 ans : + 40% soit 475 milliards d'euros !
Où est passé ce fric ? N'y a-t-il pas là suffisamment d'argent pour combler les pseudo déficits des comptes sociaux (retraite, maladie, etc…) lesquels motivent aujourd'hui ces orientations iniques vers le travail obligatoire jusqu'à ce que mort s'en suive ?

Les candidats (presque tous) oublient que pour nombre des plus de 45 ans la réinsertion dans le monde du travail à la sauce libérale n'est qu'une illusion et, de toute façon, synonyme de précarité et de régression. Entendant les candidats exposer leur programme depuis plusieurs semaines, les Français de plus de 45/50 ans constatent que, malgré la fatigue de l'âge, l'usure morale, la droite fasciste (UMP et FN), la droite (UDF) et la "gauche" libérale (PS) veulent les transformer en main-d'œuvre bon marché, corvéable à merci.

Les antilibéraux déçoivent leurs électeurs potentiels

A l'évidence, les candidats - ce qui est préoccupant de la part des antilibéraux - semblent vouloir tout bonnement ignorer la situation des centaines de milliers Français(es) qui sont passé(e)s par le chômage au cours des cinq dernières années. Alors que ceux-là ont eu à se taper une ANPE UMPéisée, Medefisée, avec souvent comme interlocuteurs des conseillers de l'âge de leurs enfants, «manipulés» et «instrumentalisés» par leur hiérarchie. Ainsi, après plus de 30 à 35 ans de vie active, ils se retrouvent face à une société qui insulte leur dignité, sans parler des difficultés matérielles qu'ils doivent affronter dans la quasi-indifférence des politiques, lesquels défendent bec et ongle, contre bulletins de vote sonnants et trébuchants, d'abord leur clientèle !

Or, ces centaines de milliers de Français, qui ont connu ou connaissent cette galère, sont aussi des électeurs (trices) qui gardent profondément gravé au fond d'eux-mêmes le mépris dont ils sont ou ont été l'objet. Mais, étrangement, ce sont des électeurs pour l'heure oubliés, car non clairement discernables selon les seuls critères «admis» par les doctes analystes politiques, d'identification des électorats.

Le poids électoral des chômeurs et ex-chômeurs

Pourtant, ils occupent bel et bien une place. Mais elle est «transversale» dans la société française. Ce qui les rend inexistants - ou invisibles - aux yeux des politiciens institutionnels, par ailleurs convaincus que le mauvais traitement infligé aux chômeurs (notamment âgés) ne leur a laissé aucun souvenir désagréable !

En vérité, leur poids électoral est considérable. Demandeurs d’emploi toutes catégories confondues, anciens chômeurs, et ex-chômeurs âgés n’auront pas la mémoire courte. Quels que soient leur niveau de culture, leur appartenance sociale, leur catégorie professionnelle etc…, leur attitude, abstention ou vote, pèsera ! Et les candidats qui ne s’en rendront pas compte suffisamment tôt s’en mordront les doigts.
En attendant, au lieu d’afficher la couleur (excepté un ou deux), les candidats antilibéraux censés le mieux les représenter, demeurent (trop) timorés. Et tous demeurent, malheureusement, enfermés dans des stratégies politiciennes qui, à terme, s’avèreront électoralement et politiquement peu payantes, ou se solderont par de cuisants échecs.

L’abstention reste, pour l’instant, l’option la plus crédible

Cette situation ne réjouit personne chez les électeurs antilibéraux, dont un grand nombre de chômeurs ou ex-chômeurs, notamment âgés. Rien de surprenant donc que l’abstention gagne du terrain. Un sondage (apparemment) occulté (IFOP-Sofres) aurait révélé que 54% des Français ont l'intention de s'abstenir.

Que M.G. Buffet et les autres daignent donc s’attarder un instant sur cette contribution ! Qu’ils disent clairement, sans attendre, qu’ils abrogeront toutes les lois répressives et régressives de l’extrême droite UMP sarkozyste. Qu’ils refusent tout compromis avec Madame Royal. Ils inverseront peut-être la tendance !

Verdi - Vive La Liberté

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Mis à jour ( Mercredi, 28 Février 2007 19:49 )  

Commentaires 

 
0 # carl 2007-02-28 20:33 Je suis tout à fait d'accord avec cet article. Moi qui m'intérresse à la politique Française, j'ai aussi constaté qu'aucun candidats de gauche et "d'extreme "gauche, ne propose d'abroger le décret sur le controle des chômeurs, qui est source de beaucoup de souffrance parmi les sans emplois.
Mais après tout, ces messieurs dames les candidats ont-ils étaient un jour au chômage ? J'en doute sincérement.

Seul compte, le sacro saint "travail".Comme si l'etre humain, n'avait que comme seul but sur terre : travailler ! Le travail est le nouveau Dieu de la société Française. Pour lui, on doit tout lui sacrifier (santé, vie de famille, idéal). Mais gare, à ceux qui oseraient se rebeller contre le Dieu "travail", ils seraient voués aux enfers. Les serviteurs ( medef, ump, udf) du Dieu Travail sont la pour nous le rappeler.
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0 # tristesir 2007-02-28 21:36 La plupart des partis qui composent la "gauche antiliberale" ou plus generalement la "gauche anticapitaliste " se sont construits sur les luttes des travailleurs et defendent le productivisme et la croissance économique

Le chomage de masse pour eux est quelque chose qu'ils n'arrivent pas à prendre en compte, d'autant plus que les chomeurs, en matière de luttes, sont tres majoritairement absents comme s'il n'existaient pas.

Je sais que le probleme est plus complexe mais je pense que tout ces partis sont encore persuadés qu'un vrai " plein emploi" est encore possible, pour eux aussi le travail est sacré !

Ces partis pensent sans doute, au fond, que les chomeurs ne seront d'aucune utilité dans les luttes futures, cette analyse n'est peut être pas si eloignée de la réalité que cela.

Sans doute que les chomeurs sont un peu ou beaucoup assimilés au lumpen-proletariat (sous-proletariat) par ces partis:

«Quant au lumpen-prolétariat, ce produit passif de la pourriture des couches inférieures de la vieille société, il peut se trouver, çà et là, entraîné dans le mouvement par une révolution prolétarienne ; cependant, ses conditions de vie le disposeront plutôt à se vendre à la réaction.»

Karl Marx, Friedrich Engels, "Manifeste du Parti Communiste", 1848.

Et pour ceux qui ignorent ce qu'est le proletariat:

<la classe sociale opposée au Capital, une classe sociale étant un groupe d'individus homogènes selon certains critères. Le critère de définition du prolétariat est qu'il est la classe sociale ne disposant pas des moyens matériels de production détenus par le Capital et se voit donc dans l'obligation de vendre sa force de travail à la classe antagoniste pour survivre.>>

(Source: Wikipedia)

Un ouvrier, un ingenieur sont donc des proletaires.
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0 # Stats 2007-03-01 11:01 Article très juste mais quelle solution ?

Nous ne pourrons pas avancer sans une remise en cause sérieuse
de certaines institutions.
L'ANPE en fait parti. Voici un service public qui coûte
extrêmement cher à la collectivité et qui tous les jours démontre
un peu plus son inutilité.
Elle est devenu aujourd'hui un instrument statistique qui fait doublon
avec d'autres organismes (DARES, INSEE, …ASSEDIC) .
Et coûte extrêmement cher de surcroît.
L'ANPE a été créée par Chirac en 1967, pour permettre aux entreprises de licencier aisément.
Actuellement les licenciements ne semblent plus poser de problèmes moraux à qui que ce soit alors à quoi sert encore l'ANPE?

L'idée d'un état modeste, du non cumul des mandats, de la proportionnelle à l'assemblée nationale, de la prise en compte du vote blanc aux élections
sont absolument à mettre en place.

Ces étapes sont indispensables pour assainir la démocratie dont se réclame la France.
La situation est si grave et ubuesque que le peuple ne pourra gagner qu'en deux étapes.
Et oui deux étapes c'est vraiment très long lorsque l'on vit la précarité mais aucune autre solution n'est possible si l'on veut changer les choses par le vote uniquement…

Et puis si on pouvait au passage nous débarasser du discours fascisant de certain médias…
Là aussi deux étapes sont nécessaires car les esprits commencent à être un peu trop influencés par un espèce de magma ambiant.

Tout le reste n'est qu'illusion…











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0 # superuser 2007-03-02 16:48 Pour ceux qui trouvent excessifs les qualificatifs "fascistes" et "vichystes" dans le texte de Verdi…


“ Vichy aime le Travail : «Le travail est le moyen le plus noble et le plus digne de devenir maîtres de notre sort». Vichy sacralise le Travail : «Le travail est la loi sacrée et fondamentale de la Révolution nationale». Vichy gardera foi dans l’avenir du Travail : «Les moments durs passeront. Mais le travail restera». Vichy n’a pas de tendresse pour le Capital ; le discours pétainiste accueille sans difficulté l’image du capitaliste vautré dans la paresse et de l’ouvrier fier du travail bien fait. Le régime de Vichy donne pour but a l’Ecole «de faire de tous les Français des hommes ayant le goût du travail et l’amour de l’effort» ; aux camps de jeunesse qu’il ouvre, il ne prescrit qu’«une seule obligation : l’amour du travail» ; et Pétain lui-même, signifiant a tout faire, devient naturellement le symbole du Travail.”

Extrait de : Gérard Miller "Les Pousse-au-jouir du Maréchal Pétain" (éd.du Seuil - 1975)

SOURCE
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