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Accueil s'informer La revue de presse La Cour des Comptes critique les emplois aidés

La Cour des Comptes critique les emplois aidés

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Les emplois aidés du secteur non marchand ont un impact immédiat sur le chômage. Mais ils concourent parfois à stigmatiser leurs bénéficiaires et à les écarter durablement des emplois classiques, selon un rapport que doit rendre public la Cour des comptes aujourd'hui.

Perçus comme une incitation à l'assistanat par les uns et comme un tremplin vers l'emploi par les autres, les différents contrats aidés n'ont souvent pas eu le temps d'être évalués qu'ils sont déjà remplacés par d'autres dispositifs. Dans un rapport commandé par la commission des Finances du Sénat, qui doit être publié ce matin et dont Les Echos ont obtenu copie, la Cour des comptes a donc tenté d'évaluer, non sans mal, l'impact de ces mesures sur la baisse du chômage.

Les dispositifs, qui ont profité en 2005 à près de 2 millions de personnes pour un coût de 5,6 milliards d'euros, présentent un bilan très contrasté. Le contrat initiative-emploi (CIE), destiné au secteur marchand pour une durée maximale de 24 mois, se distingue comme l'un des plus efficaces, ce qui s'explique en partie par sa longévité. Ainsi, les plus de 50 ans qui en ont bénéficié sont deux fois plus nombreux à occuper un emploi qu'une population témoin n'en ayant pas profité. L'impact sur le chômage reste cependant très faible : la Cour, qui se base sur les statistiques du ministère de l'Emploi, estime que 100 CIE concourent à réduire le nombre de demandeurs d'emploi de 12. Cette méthode permet de neutraliser les effets d'aubaine, certaines entreprises recourant à ces contrats pour profiter des subventions, et les effets d'appel, certains chômeurs s'inscrivant sur les listes de l'ANPE pour y accéder.

Effets pervers. Les emplois aidés dans le secteur non marchand ont un impact sur le chômage plus fort à court terme, car les effets d'aubaine sont nettement réduits. La création de 100 contrats emploi-solidarité (CES, 24 mois maximum), par exemple, permet de réduire le nombre de chômeurs de 72. Mais leur efficacité en termes d'insertion sociale est contestée, certains contrats provoquant même des effets pervers, selon la Cour. Les personnes employés en CES en 1999 sont ainsi moins nombreuses aujourd'hui à occuper un emploi que les membres d'un échantillon semblable n'en ayant pas profité. «Les bénéficiaires [...] sont dans une situation beaucoup moins favorable à l'issue de leur contrat et sont même parfois stigmatisés d'être passés par ces mesures», expliquent les auteurs du rapport. Faute de formation et de suivi, les bénéficiaires se voient refuser l'accès au privé qui leur permettrait, à terme, d'obtenir un emploi classique.

Sans renier l'intérêt de ces dispositifs ciblés sur les populations les plus difficiles, la Cour préconise de développer la validation des acquis de l'expérience (VAE) qui permettrait de faire reconnaître leurs compétences sur le terrain. C'est déjà le cas des contrats d'avenir (36 mois maximum) mis en place par Jean-Louis Borloo, qui donnent systématiquement droit à une attestation de compétence de la part de l'employeur.

Avertissement. De manière plus générale, la Cour des comptes regrette «l'éclatement, la complexité et la forte instabilité» des contrats aidés sur la période récente, qui brouillent leur visibilité du côté des salariés comme des employeurs. Elle adresse ainsi un avertissement implicite aux candidats à la présidentielle qui seraient tentés de marquer leur empreinte en faisant table rase des dispositifs actuels pour en créer de nouveaux. Ségolène Royal, par exemple, a promis la création d'«emplois parents» et la généralisation des emplois tremplins, mis en place par les régions de gauche en 2005 pour faire barrage aux contrats d'avenir de la droite.

(Source : Les Echos)

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Mis à jour ( Mercredi, 21 Février 2007 15:49 )  

Commentaires 

 
0 # marielouise 2007-02-21 21:56
Emplois aidés aussi chers qu'inefficaces, CNE précarisant qui n'a contenté que les pires des employeurs, création nette d'emplois insuffisante, chiffres truqués du chômage, précarisation et smicardisation du salariat… Un fort mauvais bilan qui tombe à pic pour révéler que la politique de ce gouvernement est un échec.
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0 # superuser 2007-02-24 19:16 A (re)lire les articles suivants :

Minima sociaux, salaires, retour à l'emploi… (27/01/07)
Ou comment les emplois aidés maintiennent les chômeurs dans la précarité et l'assistanat.

Un(e) salarié(e) pour 6 à 10 € TTC par mois ? C’est possible ! (20/01/07)
Ou comment les contrats d'avenir sont le prétexte à une grande braderie qui ne profite qu'aux employeurs.

L'insertion par l'activité économique : une machine à exclure (06/11/06)
Ou comment la puissance publique a mis en place de véritables arsenaux de complexité dont les seuls bénéficiaires sont en réalité ceux qui en discutent et ceux qui vivent aux crochets des subventions.

Sans emplois véritables, pas de réinsertion (18/08/06)
Ou comment le suivi et la pérennité de ces contrats sont inexistants.
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0 # superuser 2007-04-07 08:28
Ayant l'exclusivité sur ces emplois, nous remarquons que l'ANPE a des objectifs à remplir et qu'elle les propose systématiquemen t aux employeurs - ou dit aux futurs embauchés d'en parler à leur recruteur, plaquette de présentation à la main -, même si le(s) poste(s) à pourvoir sont à la base prévus en CDD ou en CDI.
Ainsi, l'ANPE incite à transformer les contrats classiques en contrats subventionnés.

Cette promotion galopante de l'emploi aidé est génante à deux égards :

• par ce "racolage" en règle, l'ANPE contribue à dévaloriser le travail dans l'esprit des employeurs et à faire de la propagande larvée sur son "coût" beaucoup trop élevé, en leur faisant miroiter systématiquemen t les aides de l'Etat (ainsi en 2005 la somme colossale de 65 milliards d'euros d'aides publiques ont ainsi été distribuées aux entreprises, avec un impact quasi nul sur la création d'emplois)…
On reproche sans cesse aux chômeurs d'être des "assistés" et des "déresponsabilis és", mais quand on dit aux patrons qu'ils peuvent embaucher jetable pour trois fois rien sur le dos de l'Etat au lieu de s'en tenir au CDD ou au CDI, dans le genre assistanat et déresponsabilis ation, c'est pire !!!

• vis-à-vis du demandeur d'emploi qui postule, c'est dévalorisant : "Un contrat aidé, parce que je ne vaux rien." L'État est prêt à payer mon futur employeur pour qu'il ait la bonté de me laisser travailler chez lui, que le "grand poids" que je représente pour lui soit un peu allégé…

Zéro pointé sur toute la ligne !

Une société qui brade ses emplois et sa main d'œuvre en faisant de la "valeur travail" son credo est un bien piètre modèle.
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0 # superuser 2008-05-26 13:44
En juin 2005, l'ANPE s'est fendue d'une campagne radio de 1.700 spots diffusés sur 15 stations, et dont le coût n'a pas été publiquement dévoilé.
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