Actu Chômage

jeudi
17 mai
  • Connexion
  • Créer un compte
    Enregistrement
    *
    *
    *
    *
    *
    (*) Les champs marqués avec astérisque sont requis.
    Captcha plugin for Joomla from Outsource Online
     
  • Recherche
Taille du texte
  • Agrandir la taille du texte
  • Taille du texte par defaut
  • Diminuer la taille du texte
Accueil s'informer Nos actions et engagements LETTRE OUVERTE À Mr. LOUIS SCHWEITZER

LETTRE OUVERTE À Mr. LOUIS SCHWEITZER

Envoyer Imprimer
Lettre ouverte adressée par 7 adhérents d’APNÉE/Actuchomage à Louis Schweitzer, Président de la HALDE (Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité).

Paris, le 15 septembre 2006

Monsieur le Président de la HALDE,

Par délibération en date du 20 juin 2005 (n°2005-14) la HALDE, sur votre proposition, a fait suite à nos réclamations : 7 demandeurs d’emploi mettant en cause les auteurs et diffuseurs de 40 offres d’emploi mentionnant des critères d’âge.

Les termes de cette délibération sont très clairs : ils rappellent que «les articles 225-1 et 225-2 du Code pénal prohibent la discrimination lorsqu’elle consiste à refuser d’embaucher ou à subordonner une offre d’emploi à une condition fondée notamment sur l’âge».

La HALDE estime que «les termes utilisés sont dénués d’ambiguïté et leur usage suffit à caractériser l’intention de discriminer. La seule publication des offres d’emploi visées par la réclamation est constitutive du délit prévu aux dits articles.»
Conformément à ses objectifs, la HALDE «décide d’informer le Procureur de la République des faits constitutifs d’un délit portés à sa connaissance.»

C’est donc a priori à juste titre que la HALDE reprend cette affaire dans son rapport annuel 2005, la présentant (page 19) comme le «CAS N° 8 : LA DISCRIMINATION EN RAISON DE L’ÂGE DANS L’ACCÈS A L’EMPLOI (…) En procédant à une transmission au Parquet, dont les auteurs des annonces et les diffuseurs ont été informés, la HALDE a marqué sa volonté de faire respecter la loi.»

Par courriers individuels en date du 26 juillet 2006, le Procureur de la République a informé les 7 demandeurs d’emploi que le Parquet du Tribunal de grande instance de Paris classait sans suite (1) les enquêtes diligentées à sa demande, «compte tenu des explications des mis en cause [et] de la cessation de la diffusion des offres d’emploi incriminées».

Bien sûr, le Procureur nous informe de la possibilité que nous avons de «poursuivre nous-mêmes devant la juridiction civile ou pénale compétente», mais non sans préciser que «votre attention est appelée sur les conséquences que pourrait entraîner pour vous une constitution de partie civile insuffisamment motivée ou injustifiée» !

Comment savoir Monsieur le Président de la HALDE, de qui le Procureur de la République se moque le plus dans cette affaire : de Vous, ou de Nous ?

L’attitude du Parquet à votre égard nous semble des plus évidentes : il n’était que trop clair qu’il prendrait ombrage de l’immixtion d’une structure extérieure au pouvoir judiciaire !

Faute de pouvoir qualifier crédiblement votre légitimité «d’ingérence», il fallait limiter l’action de la HALDE à un simple rôle consultatif. Comment mieux le prouver qu’en tournant le dos aux avis rendus par elle ?

Nous imaginons aisément à quel point cette décision peut vous irriter : non seulement vous êtes désavoué, mais cette fin de non-recevoir – alors qu’il s’agit de délits incontestables – vous place dans une très inconfortable situation pour des affaires qu’on pourrait qualifier de plus «subtiles». Comment imaginer, par exemple, qu’un futur procès du type de celui qui a récemment opposé SOS-Racisme à Adecco et Garnier-L'Oréal se termine autrement que par un non-lieu ?

Dans un contexte de scepticisme (tout spécialement à l’égard de la «chose publique»), vous ne pouvez ignorer que nombreux sont ceux qui, depuis longtemps, doutent que la HALDE puisse être d’une quelconque utilité. Tel n’était pas notre avis, puisque nous vous avons alerté à peine trois semaines après votre nomination par le Président de la République. Le Procureur vient, par contre, de prendre une position dont on peut douter que la crédibilité de la HALDE puisse se relever.

Pour ce qui nous concerne, ce déni de justice boucle une affaire dans laquelle nous aurons tout perdu. En dépit de l’avis – singulièrement angélique ! – du Procureur, la cessation de la diffusion des offres d’emploi incriminées n’a pas effacé la réalité du délit, pas plus que celle du tort irrémédiable qui nous a été fait : Nous avons – chacun – été écartés de procédures de recrutement qui ne se renouvelleront jamais !

Pardonnez la comparaison : Tout se passe comme si nos doigts coupés n’avaient aucune importance, dès lors que les délinquants ont promis de ranger leurs couteaux (2).

Bien au-delà de notre échec dans cette affaire, nous demeurons durablement exposés à des conséquences auxquelles la Loi elle-même nous a contraints. Car pour espérer la faire respecter, nous avons du avancer seuls et, plus compromettant pour notre avenir professionnel, à visage découvert. Mesurez-vous combien ce courage – qui se révèle inutile – nous coûte et nous coûtera peut-être longtemps (3) ?

Nous vous assurons néanmoins, Monsieur le Président, de notre parfaite considération.

Sophie H., Huguette-Julie B., Yves B., Frédéric F., Michel L., Gérard P., Vincent de R.

(1) Et les Parquets de Rennes, de Versailles, Créteil…

(2) Il serait cohérent de modifier les termes de l’article 225-1 du Code pénal, puisque, selon le Parquet de Paris, une mention d’âge dans une procédure d’embauche ne constitue plus une discrimination.

(3) Une recherche Internet sur Google, à partir de nos noms de famille, vous en convaincra.

Lire aussi :
Articles les plus récents :
Articles les plus anciens :

Mis à jour ( Vendredi, 15 Septembre 2006 16:32 )  

Commentaires 

 
0 # Yves 2006-09-15 15:35 Le Parquet de Paris a classé sans suite la réclamation déposée par la HALDE contre 70 entreprises, cabinets de recrutement et sites Internet, au nom de 7 chômeurs discriminés en raison de leur âge.

Rappel des faits : Le 25 mars 2005, sept chômeurs adhérents à l’association APNÉE (éditrice du site www.actuchomage.org) saisissaient le Président de la HALDE (Haute Autorité de lutte contre les discriminations ) de 40 annonces présentant des critères d’âge discriminatoire s, impliquant 70 entreprises, cabinets de recrutement et sites Internet (jobboards).

Après avoir étudié le dossier, la HALDE rendait un avis implacable :

• «Les articles 225-1 et 225-2 du Code pénal prohibent la discrimination lorsqu’elle consiste à refuser d’embaucher ou à subordonner une offre d’emploi à une condition fondée notamment sur l’âge».

• La HALDE estime que «les termes utilisés sont dénués d’ambiguïté et leur usage suffit à caractériser l’intention de discriminer. La seule publication des offres d’emploi visées par la réclamation est constitutive du délit prévu aux dits articles.»

• Conformément à ses objectifs, la HALDE «décide d’informer le Procureur de la République des faits constitutifs d’un délit portés à sa connaissance.»

Mais en juillet 2006, le Parquet de Paris rendait son verdict : Toutes les plaintes sont classées sans suite. Le Parquet justifie sa décision en estimant notamment que : «Les mis en cause ont cessé de diffuser les offres d’emploi incriminées».

Ce DÉNI DE JUSTICE appelle plusieurs commentaires :

• Par essence, une offre a une «durée de vie» limitée : un ou deux mois. Il est évident que quand la BRDP (Brigade de répression de la délinquance sur la personne) a mené l’enquête préliminaire diligentée par le Procureur de la République, ces offres avaient été supprimées.

• Le Procureur de la République ne prend pas en compte le fait que la plupart des infractions constatées ont été commises par des professionnels du recrutement (directions des ressources humaines, cabinets et sites Internet spécialisés) qui – de notre point de vue – devraient parfaitement maîtriser l’encadrement juridique de leur activité.

• Enfin, le Procureur de la République n’a, semble-t-il, pas eu connaissance du fait que certains «mis en cause», comme le site de recrutement Monster, ont continué de diffuser des dizaines d’annonces présentant des critères d’âge restrictifs et illicites (ce qui nous a contraint à ressaisir une nouvelle fois la HALDE, le 11 avril 2006).

Mesdames et Messieurs les Discriminé-E-s, vous chômeuses et chômeurs de plus de 40/50 ans, vous êtes prié-E-s d’accepter cette décision d’Injustice !

Chacun sait bien, qu’il n’y a pas de problème de recrutement pour les Seniors (400.000 d'entre eux sont dispensés de recherche d'emploi), que les discriminations à l’embauche sur des critères d’âge sont, en France, inexistantes, et que la Justice n’a donc pas à sanctionner les agissements délictueux de certains, même ceux qui font l’objet d’une Délibération solennelle de la HALDE.

En conséquence de quoi, les 7 chômeurs discriminés – soutenus par APNÉE/Actuchomage – ont rédigé une LETTRE OUVERTE à l’attention de Monsieur Louis Schweitzer, qu’ils porteront collectivement au siège parisien de la HALDE, courant septembre 2006.

Rappelons pour finir que l’un des 7 chômeurs discriminés, Monsieur Yves Barraud, Président de l’association APNÉE, a été mis en examen le 22 août 2006, en qualité de Directeur de la publication Actuchomage, pour avoir attendu 48 heures avant de procéder à la suppression d’un message posté par un agent de l’ANPE en colère (affaire «Radiateur»).

Monsieur Yves Barraud devrait comparaître en correctionnelle d’ici trois ou quatre mois pour : «Provocation publique à la commission de délits».

Apnée/Actuchomage dénonce solennellement ce traitement juridique à deux vitesses qui démontre qu’en France, il existe bien une Justice pour les puissants et une Injustice pour les faibles.

Nous nous situons malheureusement du mauvais côté de la barrière.

Un communiqué d’APNÉE/ACTUCHÔMAGE
Répondre | Répondre avec citation | Citer
 
 
0 # superuser 2006-09-16 18:51 Discrimination d'âge : sept chômeurs dénoncent le silence de la justice

15-09 (AFP) 19:24:53 Un groupe de sept chômeurs partis en guerre contre des offres d'emploi mentionnant des critères d'âge interdits par la loi, ont protesté vendredi dans une lettre ouverte, après la décision de la justice de classer leurs plaintes sans suite.

"Ce déni de justice boucle une affaire dans laquelle nous aurons tout perdu", écrivent-ils, dans cette lettre à la Haute Autorité de lutte contre les discriminations (Halde), à laquelle ils s'étaient adressés au départ et qui avait transmis leurs plaintes à la justice après l'avoir jugée recevable.

"Le procureur vient de prendre une position dont on peut douter que la crédibilité de la Halde puisse se relever", ajoutent-ils, dans ce courrier adressé à Louis Schweitzer, l'ancien Pdg de Renault et président de la Halde.

"Comment savoir Monsieur le président de la Halde de qui, de vous ou de nous, se moque le plus le procureur de la République ?", écrivent-ils encore.

Ils concluent en exposant leurs craintes de voir leur avenir professionnel compromis : "Nous avons dû avancer seuls et, plus compromettant pour notre avenir professionnel, à visage découvert".

Leurs plaintes visaient 40 annonces d'emploi spécifiant un âge limite et impliquant 70 entreprises, cabinet de recrutement et sites internet.

Le parquet de Paris a justifié le classement sans suite des plaintes en précisant que les entreprises mises en cause avaient fait l'objet par courrier d'un rappel à la loi et qu'elles avaient cessé de diffuser les offres d'emploi incriminées.

La Halde, autorité administrative indépendante créée par la loi du 31 décembre 2004, peut être saisie par des personnes victimes de discriminations et, à son tour, saisir le parquet de faits constitutifs d'infractions pénales.

Dans 45% des cas, les plaintes concernent le monde du travail.
Répondre | Répondre avec citation | Citer
 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir

Votre avis ?

François Hollande a été élu. Pensez-vous...
 

Zoom sur…

 

Chômeurs «fainéants» et «fraudeurs» : la fabrique d'un discours d'Etat

Etienne Penissat, chargé de recherches au CNRS et membre du CERAPS (Université Lille 2), s’intéresse à une catégorie souvent mobilisée par nos gouvernants : celle des chômeurs «fraudeurs» ...

 

Convocation pour «entretien téléphonique» : pas de sanction possible

Zoom sur une pratique qui se répand, source d'angoisse supplémentaire pour les chômeurs. Une dérive du système aux motifs peu avouables que ses victimes peuvent aisément contrer… à leurs frai...

 

En finir avec l’«assistanat», c’est possible !

Ce week-end, le Figaro Magazine remet le couvert et s'acharne contre «la France des assistés». Riposte.

 

Ces associations qui se battent pour les chômeurs

Au nombre de quatre au niveau national, elles méritent la gratitude et l'adhésion de tous les précaires et privés d'emploi. Grâce à elles - il faut le dire -, en 2004, les «Recalculés» n'aura...

 

La lutte contre le chômage est une escroquerie intellectuelle

Vous estimez que la lutte contre le chômage n'est, visiblement, pas la priorité de ceux qui nous gouvernent ? Vous vous étonnez qu'il n'y ait, sur ce point et depuis si longtemps, jamais de projet ...