L’objectif ? Renforcer l’attractivité du secteur auprès des demandeurs d’emplois.«Les métiers du bâtiment et des travaux publics sont de beaux métiers dont l’image chez nos concitoyens ne correspond pas à la réalité. Je souhaite que nous nous mobilisions tous pour les faire découvrir dans leur intérêt et variété», a déclaré le ministre des Transports, de l’Equipement, du Tourisme et de la Mer Dominique Perben, mardi, lors du lancement officiel de la campagne sur les métiers du recrutement. Lancée avec le ministère de l’Emploi, de la Cohésion sociale et du Logement et en partenariat avec les organisations professionnelles du secteur (FFB, Capeb, FNTP…), cette campagne vise à «sensibiliser les demandeurs et demandeuses d’emploi aux opportunités qui existent dans le secteur de la construction».
Quelque 1,7 million de personnes travaillent dans le secteur du BTP en France. Il s’agit le la branche d’activité la plus créatrice d’emplois de l’économie française. La preuve : en 2005, 39.000 nouveaux emplois salariés permanents ont été créés… Un chiffre qui pourrait dépasser les 50.000 en 2006, selon le ministre des Transports, de l’Equipement, du Tourisme et de la Mer.
Mais si chaque année, 140.000 offres d’emplois sont proposées, le secteur peine toujours à recruter ! «A la fin du mois de mars 2006, plus de 47.000 offres d’emploi non satisfaites pour un métier de la construction figuraient dans les registres de l’ANPE», explique le ministère dans un communiqué. Et d’ajouter : «33% des entreprises du bâtiment et 42% des entreprises de travaux publics ne peuvent pas augmenter leur production faute de main-d’œuvre».
Face à un tel contexte, cette nouvelle campagne vise à mieux faire connaître les «40 métiers très variés, ouverts à tous et toutes, avec ou sans qualification», ainsi que les perspectives de carrière qu’offre le secteur de la construction. Au total, près de 50.000 affiches et 720.000 plaquettes seront ainsi diffusées dans les mairies, ANPE, missions locales…
(Source : Batiactu.com)
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Commentaires
Qu'on ne s'y méprenne pas ; il ne s'agit pas ici de faire de l'humour noir sur sur ce trop grave sujet. Mais bien de pointer une des (multiples) raisons pour lesquelles le BTP connaît une crise chronique de recrutement. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Et hop ! un "senior" en moins : il avait 53 ans et bossé toute la journée au soleil sur son chantier.
Comme l'a justement écrit Tristesir sur notre forum : "Si tu crèves sur ton lieu de travail d'hyperthermie, tu as 1.000 chômeurs qui sont susceptibles de prendre la place du mort"… Répondre | Répondre avec citation | Citer
Quatre décès sont survenus sur des lieux de travail pour des personnes exposées à la chaleur du fait de leur profession (un ouvrier sur un chantier de terrassement à La Rochelle, un couvreur dans le Morbihan, un chauffeur-livreur dans les Landes, un ouvrier sur un chantier à Mâcon).
Source : INVS (Institut national de veille sanitaire)
Toujours selon l'INVS, à ce jour la canicule aurait fait 22 morts en France (sur 31 au total en Europe : nous sommes les champions !) et sur ces décès ce quota d'ouvriers - environ 15% - laisse perplexe. Répondre | Répondre avec citation | Citer
Pour Force Ouvrière, "l'attractivité dans le BTP passe par de vrais salaires et une reconnaissance de la pénibilité", affirme jeudi la fédération FO-BTP dans un communiqué, en réponse à la campagne de recrutements lancée mardi dans ce secteur par les Ministères de l'Emploi et de l'Equipement.
Dans le BTP "la rémunération, et donc la qualité de vie, ne compense pas aujourd'hui la difficulté réelle ou perçue du métier".
"Un jeune de banlieue fera l'envie de ses copains si son métier du BTP, aussi difficile soit-il, lui rapporte 2.000 euros net par mois alors qu'il sera ridiculisé par ses pairs (s'il) bosse dur pour un Smic net de 950 euros".
"Qu'attendent les employeurs de la construction, qui engrangent des bénéfices colossaux, pour engager les négociations sur la pénibilité et les salaires ?". Répondre | Répondre avec citation | Citer
En France, ce secteur emploie 1,7 million de personnes, c'est le plus créateur d'emplois : 39.000 nouveaux emplois permanents ont ainsi été créés en 2005. Cependant, dans cette branche professionnelle tout n'est pas aussi positif qu'il y paraît en matière d'emploi. Fin mars 2006, les services de l'ANPE comptabilisaien t 47.000 offres d'emploi non satisfaites.
Monsieur Dominique Perben déclarait lors du lancement de la campagne de recrutement : "Les métiers du bâtiment et des travaux publics sont de beaux métiers dont l'image chez nos concitoyens ne correspond pas à la réalité".
Le lendemain de cette inauguration, un ouvrier du bâtiment décédait d'hyperthermie après une journée de labeur en plein soleil, sous une température caniculaire. Bien qu'il s'agisse là d'un cas extrême et isolé, il pose une fois de plus la question sur les conditions de travail des salariés de ce secteur professionnel.
Aujourd'hui, tous les agents de contrôle de l'inspection du travail peuvent témoigner des mauvaises conditions de travail qu'ils constatent régulièrement sur les chantiers qu'ils contrôlent. Le respect des règles de sécurité les plus élémentaires (ex : prévention des chutes de hauteur) est loin d'être une évidence même si des efforts ont été accomplis ici et là, notamment avec l'appui des syndicats professionnels. Un chiffre illustre ce constat : en 2004, les contrôleurs et les inspecteurs du travail ont pris 5.120 décisions d'arrêt de chantier (+ 60% en un an) en raison essentiellement des risques de chutes de hauteur et d'ensevelissement .
Sur certains chantiers, il est difficile pour les travailleurs d'assurer un minimum d'hygiène élémentaire : absence de WC de chantier, de vestiaires, de lavabos. Certains salariés déjeunent, même en plein hiver, sur le chantier près d'un feu de bois. Combien de salariés n'ont d'autre moyen pour se désaltérer que de boire au tuyau qui amène l'eau jusqu'à la bétonnière ? Combien de salariés partent déjeuner au restaurant sans avoir la possibilité de se laver les mains avec de l'eau tiède, sans avoir l'occasion de quitter leurs vêtements de travail faute de local vestiaire ? Combien de salariés pataugent dans la boue faute d'un empierrement suffisant du chantier…?
Selon l'enquête Sumer 2003 (Dares-Drt Ministère du travail), la manutention de charges lourdes est monnaie courante dans le bâtiment : la moitié des salariés travaillant dans ce secteur sont concernés au moins deux heures par semaine par des travaux de manutention et un quart d'entre-eux dix heures ou plus. A cela s'ajoute les contraintes posturales (accroupi, torsions, position à genoux…) qui accentuent les risques de troubles musculo-squelettiques.
Malgré une baisse annuelle de plus de 5% des accidents mortels dans ce secteur d'activité, la CNAM a décompté 178 décès en lien avec le travail pour l'année 2004. Pour cette même année, 116.200 accidents avec arrêt ont été enregistrés. Plus inquiétant encore est l'accroissement des accidents générant une incapacité permanente de travail : + 7,2% par rapport à 2003.
Beaux métiers certes, mais difficile d'être attractif auprès des plus jeunes si aucune amélioration notable des conditions de travail n'intervient rapidement. La pénurie de main-d'oeuvre se poursuivra et les campagnes de recrutement n'y changeront rien, sauf si les chefs d'entreprise se préoccupent davantage et rapidement de la qualité de vie au travail de leurs salariés.
(Source : Carnet d'un inspecteur du travail) Répondre | Répondre avec citation | Citer
Quelques jours auparavant, le ministre délégué au Travail, Gérard Larcher, a visité un chantier parisien «modèle», et reçu le patronat du bâtiment pour lui rappeler ses obligations en matière de prévention des coups de chaleur : mise à disposition d'eau fraîche, pauses, aménagement d'horaires…
Au coin d'une rue populaire, un échafaudage offre la vision d'une réalité moins idyllique. «Vous avez vu ça, là-haut ? Ça me rend malade !», lance l'inspectrice, figée, le visage tourné vers le ciel.
Trois ouvriers se démènent, torse nu au soleil : au bord du vide, ils tentent de fixer le contre-poids d'un échafaudage au dernier niveau de la terrasse d'un immeuble résidentiel des années 50.
L'inspectrice, la cinquantaine et le regard juvénile, allonge le pas et emprunte l'impasse d'Andrézieux, les yeux rivés sur la façade en carrelage, dont les ouvriers refont le revêtement.
Au pied de l'immeuble, elle trouve la «base vie». C'est là que les ouvriers se lavent, se changent et mangent : un local à poubelles sombre, véritable étuve, qui sert aussi à stocker bombonnes de gaz et pots de peinture, zébré par un fil à linge auquel pendent des vêtements. En guise de réchaud, un bec de gaz sur lequel est posé, en équilibre précaire, un pot de peinture en métal, où les ouvriers font chauffer leurs gamelles.
«Là, il devrait y avoir un point d'eau, des armoires à vestiaire propres, une table pour manger, une glacière pour l'eau fraîche… Bienvenue au XXIe siècle», ironise l'inspectrice.
«Bonjour messieurs, Inspection du travail !», lance-t-elle en prenant pied sur la terrasse, au neuvième étage. Les visages s'assombrissent.
Un jeune manoeuvre brésilien travaille pour une entreprise dont il ignore le nom.
Un autre, d'origine africaine, s'occupe de démonter l'échafaudage : il est employé par un sous-traitant, lui-même sous contrat avec un autre sous-traitant de la PME chargée des travaux. «C'est un travail de titan de retrouver les véritables employeurs», confie plus tard l'inspectrice, «il faut parfois jusqu'à dix convocations».
Trois autres, deux maçons et un peintre expérimentés, des Portugais, travaillent torse nu, sous un soleil de plomb.
«Messieurs, j'arrête le chantier, vous risquez une chute mortelle, il manque des barrières de protection partout !», dit l'inspectrice, «»et vous risquez des brûlures, un cancer de la peau : il faut mettre des vêtements !»
Sourires… «Il fait trop chaud», tente l'un d'eux.
Deux bouteilles d'eau minérale à moitié vides jonchent le sol. «Votre employeur doit vous fournir trois litres d'eau à chacun, par jour», rappelle l'inspectrice. «L'eau, c'est nous qui l'avons achetée», répond le peintre, qui s'enhardit : «Et vous avez-vu où on mange ? Il y a des souris comme ça !» dit-il en montrant sa main.
Prévenu au téléphone, le commis de chantier arrive.
«Le chantier est arrêté, il y a des dangers mortels, et il faut fournir de l'eau aux ouvriers».
Un PV de suspension de travaux est adressé l'après-midi même aux trois entreprises parties prenantes du chantier, dans l'attente d'une mise aux normes dûment vérifiée.
(Source : Tageblatt) Répondre | Répondre avec citation | Citer