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Accueil s'informer La revue de presse Chômage : les «vraies» investigations du Parisien

Chômage : les «vraies» investigations du Parisien

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Un titre qui annonce «Les vrais chiffres de la baisse» du chômage. Un sous-titre qui annonce une «revue de détail» des «principaux moteurs de la baisse du chômage enregistrée depuis plus d’un an». Un «inter» qui assure : «50 000 chômeurs de moins grâce aux contrats nouvelles embauches». Le lecteur du Parisien daté du 10 juillet 2006 est en droit d’attendre des «révélations» inédites, implicitement promises par cette titraille.

Marc Plantade (qui signe l’article) ne propose en fait qu’une simple liste de chiffres publiés par le Ministère de l’emploi qui, contrairement à ce qu’annonce le Parisien, ne correspondent pas à la réalité d’une «baisse enregistrée depuis un an», mais aux «objectifs» fixés par ce même ministère pour... l’année 2006.

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Mis à jour ( Mardi, 18 Juillet 2006 11:17 )  

Commentaires 

 
0 # superuser 2006-07-18 10:27 Un article étonnant déniché - pourtant - dans Le Figaro : Dette publique et emploi : ne soyons pas dupes des astuces statistiques, par Jean-Pierre Robin.

Comment le citoyen ordinaire peut-il se repérer dans le déferlement quotidien des chiffres économiques ? Quiconque se trouve en situation d'informateur, homme politique, économiste ou simple observateur, affronte la même question : avec cette statistique, quelle fibre convient-il de faire vibrer : l'intérêt matériel individuel, la raison citoyenne, le sensationnel ? Prenons comme exemple deux des problèmes les plus débattus du moment, les comptes publics et l'emploi.

Dette publique

Premier producteur national de statistiques, l'INSEE revendique une objectivité maximale. Ses experts ne peuvent être accusés de jouer sur la symbolique des chiffres. Ainsi viennent-ils de nous apprendre que la dette publique représente «approximativement (sic) 66,6% du PIB (produit intérieur brut)», sans y voir la moindre malice. Eussent-ils voulu diaboliser le problème de l'endettement qu'ils ne s'y seraient pourtant pas pris autrement ! Le nombre 666 est associé à Lucifer depuis le début du christianisme et les mathématiciens se sont amusés depuis des lustres à en apporter des démonstrations astucieuses. Il ne serait pas difficile de prouver ce que ce ratio 66,6% appliqué à la dette publique est dangereux pour l'économie. Mais on sort là de la fonction de comptable assignée à l'Insee.

Un ministre de l'Économie et des Finances est tenu à un tout autre rôle. Il lui faut expliquer et sensibiliser avant d'agir. Plus qu'aucun de ses prédécesseurs, Thierry Breton s'attache à dénoncer les maléfices des dettes. Leur accumulation depuis trente ans a conduit à la situation que l'on sait. 1.100 milliards d'euros d'endettement et 2.000 milliards en incorporant les engagements de l'État sur les retraites des fonctionnaires. Les administrations disposent certes d'un joli patrimoine à mettre en face, du château de Versailles aux entreprises publiques. Mais ces avoirs, difficilement mobilisables, ne dépassent pas 2.000 milliards d'euros, selon une estimation indicative récente de l'Insee. Pour la première fois de son histoire, la Maison France présente une situation patrimoniale nette en train de virer au rouge.

Il y a donc le feu à la maison. Est-il possible pour autant d'y remédier rapidement ? C'est ce que propose Thierry Breton. Pressé de s'éloigner au plus vite de ce ratio diabolique de 66,6% du PIB, le ministre des Finances s'est fixé pour ambition de le réduire de deux points illico presto et de le ramener à 64,6% d'ici à la fin 2006. Faut-il comprendre que les comptes des administrations sont redevenus excédentaires, ce qui permettrait effectivement de rembourser les créanciers ? Hélas non. Certes, Bercy peut miser sur la vente d'un certain nombre d'actifs, comme les concessions d'autoroutes. Mais la plus grande partie du désendettement escompté prendra une autre forme.
Le ministre des Finances a découvert que l'Agence France Trésor, dont le métier est de gérer la dette de l'État, disposait en permanence d'une trésorerie d'une quarantaine de milliards d'euros. Une sorte «d'encaisse de précaution». Thierry Breton souhaite la «limiter au maximum». Il juge possible «d'avoir une gestion rigoureuse et sous tension», à l'instar des trésoreries en flux tendu des grandes entreprises. Telle est la réforme en cours qui conduira à alléger d'autant le montant de l'endettement en quelques mois.

Voilà sans doute une saine «gestion financière de la dette publique», mais pas un traitement économique du problème. Lequel implique d'autres méthodes, car il faut laisser du temps au temps pour réduire le poids des dépenses publiques dans la richesse nationale. Ce nouveau traitement comptable de la dette est bien sûr légitime et permettra de réduire quelque peu les frais d'agios de l'État. Mais sa principale finalité est autre : elle vise à rassurer, tant l'opinion publique française que les autorités de Bruxelles. Cet habillage de bilan, ce window dressing selon l'expression des financiers d'entreprises, sera au demeurant tout à fait respectueux des règles comptables du traité de Maastricht. On rappelle à cet égard à Bercy que la réglementation européenne n'interdit nullement une gestion de trésorerie en flux tendus. La seule exigence est qu'à aucun moment un État ne se trouve en découvert.

Le chômage

La réduction spectaculaire du ratio de dette publique – de deux points de PIB – s'apparente, dans un tout autre registre, au «traitement social du chômage» qui a fait ses preuves pour le meilleur et pour le pire. Là aussi, les gouvernements sont portés à panser les plaies en urgence plutôt que de réformer en profondeur les règles du jeu sur le marché du travail. Comment se fait-il qu'en France les chiffres de baisse du chômage constatée sur les douze derniers mois soient plus élevés que les créations d'emploi proprement dites ?

Sans méconnaître les résultats du plan Borloo une telle configuration ne manque pas d'être paradoxale. On en connaît les raisons, et en particulier les départs à la retraite massifs des générations du baby boom. Le recul du taux de chômage, satisfaisant en soi, s'inscrit dans un paysage global : moins de chômeurs d'un côté, mais aussi des retraités plus nombreux de l'autre. Bien plus que le fatidique chiffre du chômage, le seul indicateur pertinent pour juger de la situation de l'emploi serait à l'évidence le nombre de gens au travail en France. Pour de mystérieuses raisons, cet indice n'occupe jamais le devant de la scène.

Nous sommes tous victimes de la foire aux chiffres. Le citoyen est rarement en mesure d'exiger les clés indispensables à leur compréhension. Le responsable politique les subit comme autant de jugements expéditifs ; il est donc constamment tenté de les vider de leur contenu, et les astuces ne manquent pas. Le débat public aurait pourtant tout à gagner à sortir de ces ambiguïtés. Comme le recommandait Jacques Rueff : «Soyez socialistes, soyez libéraux, mais ne soyez pas menteurs.»
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