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Accueil s'informer Mobilisations, luttes et solidarités Résistance au contrôle social généralisé !

Résistance au contrôle social généralisé !

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Suite à une première réflexion engagée sur ce thème le 14 septembre dernier à la Bourse du travail, AC! et de nombreuses organisations dont le MNCP, le Syndicat de la Magistrature ou Zéro de conduite, Souriez vous êtes filmés... lancent un APPEL À L'INSURRECTION DES CONSCIENCES : RÉSISTONS AU CONTRÔLE SOCIAL !

Aujourd’hui, la politique du gouvernement désigne la population la plus fragilisée socialement comme seule coupable et responsable de sa situation, individuellement et collectivement. Elle tend ainsi à dresser les citoyens les uns contre les autres et à les détourner des vrais responsables. Cette politique est partagée dans toute l’Europe : l’immigration jetable en est l’illustration actuelle.

Le fichage et le profilage des individus, l’utilisation de la biométrie, la vidéo-surveillance, le traitement informatique et le croisement de données et d’informations sociales sont déjà en pratique dans de nombreux secteurs. L’école devient un terrain d’essai sécuritaire. Les mesures d’aides (sociales, éducatives, administratives) sont allouées contre sanctions, et certains pouvoirs de sanction relevant jusqu’ici de l’autorité judiciaire sont transférés à des autorités administratives, en particulier aux maires. La délation est encouragée à longueur d’instructions ministérielles. La police est instrumentalisée par le pouvoir qui lui impose une plus grande rentabilité dans la chasse aux sans-papiers et la répression du mouvement social.

Sommés d’appliquer des mesures coercitives contraires aux droits sociaux, fondamentaux et aux libertés publiques, les professionnels se trouvent ainsi confrontés au changement de nature de leur mission. Les missions de service public sont dévoyées. Au lieu d’aider les chômeurs à concrétiser un vrai projet professionnel, les agents ANPE doivent leur imposer n’importe quel emploi, à défaut de les radier. Au lieu de jouer leur rôle de formateurs, les enseignants doivent accepter que soient expulsés des élèves étrangers dont les parents sont sans papiers. Au lieu de leur installer l’électricité, on demande aux agents EDF d’en priver les familles démunies. Au lieu d’accompagner les personnes en difficulté, les travailleurs sociaux, les psychiatres et les psychologues doivent dénoncer au Maire ou au Procureur de la République. Alors qu’ils sont là pour soigner, les médecins sont sommés, sous menace de sanctions, de réduire à tout prix les arrêts de travail.

C’est un véritable projet de société qui se met en place. Les outils du contrôle social s’organisent autour de textes de plus en plus répressifs, peut être légaux, mais totalement illégitimes au regard des missions de service public en charge d’offrir un traitement égalitaire et solidaire. L’offensive sur les troubles de comportement, illustré par le récent rapport de l’INSERM, correspond à un véritable projet de formatage où toute révolte devient illicite.

C’EST L’ENSEMBLE DE LA SOCIÉTÉ QUI EST CONCERNÉE.
C’est pourquoi nous appelons à une insurrection des consciences, que chacun et chacune s’empare de cet appel à résistrer contre le contrôle social généralisé, à construire la contre offensive face aux politiques d’eugénisme social qui imposent le rejet des plus faibles.

Des collectifs locaux existent déjà pour résister à cette politique : collectifs anti-délation, collectifs de travailleurs sociaux contre le secret partagé du projet de loi de prévention de la délinquence, collectifs contre les violences policières, contre la vidéo-surveillance, collectifs de défense des étrangers… Il est temps de se rassembler pour agir ensemble et faire reculer cette offensive dangereuse.

REPRENONS ENSEMBLE LE CONTRÔLE DE NOS VIES !

La fédération de tous les réseaux de citoyens sur ce thème est engagée. Sont prévus le lancement d'une pétition avec personnalités, psys, etc... ainsi que des actions en décembre.

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Mis à jour ( Vendredi, 23 Juin 2006 15:59 )  

Commentaires 

 
0 # CartagDE 2006-06-25 14:29 Alors que la génération qui a porté le pays au sein des mutations du monde actuel est progressivement exclue du marché du travail, la conjugaison de la culture administrative traditionnelle et de l’incompétence souveraine menacent la démocratie et conduisent naturellement les citoyens à la révolte en rébellion à un enfer civil. (1)
Les « ancien » professionnels exclus de la sphère économique assistent impuissants à l’enfer civil créé par l’incapacité des « élites » à s’adapter aux changements.


Autopsie d’un fiasco technologique.


En 2003, un rapport (2) soucieux de démocratie audite le retard de l’administratio n française à s’adapter à internet et aux nouvelles technologies, et préconise de « bâtir l’administratio n en réseau autour du citoyen », afin de forger une « Hyper-République. » adaptée aux développements et aux pratiques d’internet.
« Avec l’e-administration et l’e-démocratie, nous assistons à un processus historique, analogue au passage de l’Etat féodal à l’Etat moderne. Nous passons à l’Etat en réseau. Il ne s’agit pas uniquement de sauver l’Etat mais de le faire progresser, de lui faire réussir sa transformation. » (2)

Las ! le concept de citoyen en réseau sur internet est né. Sommées de se réorganiser, de se moderniser, et de s’informatiser à faibles ( ?) coûts, les administrations cherchent à s’adapter. Elles s’approprient, sans plus de réflexion espérons-le, l’organisation de réseau destinée à internet et l’appliquent à l’informatisati on de leur propre administration.

Education Nationale, Services de l’Emploi, services de santé et de protection sociale, … dévoient le modèle internet de citoyen en réseau à leur usage interne. Cela ne les choque pas, car ce modèle ainsi remanié est conforme à leur culture traditionnelle.

Nul ne peut savoir si le phénomène est volontaire, car comme le disait W. Churchill, « un chameau est un cheval dessiné par une commission . », or nos administrations fonctionnent comme chacun sait par commissions et réunions consensuelles où nul ne dirige rien en apparence, et sont le plus souvent ignares en matière d’utilisation technologique : … « Il existe un antagonisme fondamental entre la culture administrative française et les technologies de l’information. » (2)

Les dangers de l’usage des technologies étaient pourtant recensés. (3) Cependant, les enjeux touchés par les choix techniques fondamentaux qui vont créer l’enfer civil sont laissés au malencontreux « hasard » prométhéen de techniciens. Ceux-ci , ignorants d’enjeux sociaux et de savoirs-faire complexes et subtils, reproduisent les schémas mentaux acquis dans d’autres champs, car : « la compétence, sur des technologies … est très souvent le fait de personnes situées en bas des pyramides hiérarchiques (les opérationnels). » (2)

On aurait pu espérer que nos élites veillent. Hélas, « ! l’encadrement supérieur, en règle générale, maîtrise mal l’outil informatique, et ne l’utilise pas comme outil de travail, … » (2)

Pire, en une période de mutations fondamentales qui engagent tout l’avenir du pays et de la société civile, l’inadaptation et l’incompétence des cadres supérieurs de la fonction publique perdure : « la formation permanente est quasi inexistante. » (3),
la «formation initiale, de qualité, n’est ni étoffée, ni prolongée, ni adaptée par une formation permanente de même niveau pendant la carrière professionnelle . » (3),
« la gestion des effectifs est fort peu rigoureuse. » (3)

Alors que des millions de chômeurs désespèrent de pouvoir exercer leurs compétences, des incapables prospèrent dans des emplois à vie : « Abandonnée aux corps, la {gestion des effectifs} favorise le corporatisme. » (3)

Comme dans le secteur privé, la gestion des effectifs et des compétences est catastrophique : « L’Etat employeur connaît très mal ses cadres dirigeants. Il ne dispose pas d’informations précises sur les effectifs, l’origine, la carrière et le statut de ses employés de haut niveau. Les données disponibles sont lacunaires, hétérogènes, disparates et dispersées. Il n’existe aucune gestion interministérie lle des agents. Ce sont les corps qui, parfois en coordination avec les ministères de rattachement de leurs membres, gèrent les effectifs. Les corps eux-mêmes, qui forment l’ossature de la haute fonction publique, sont très divers et entretiennent fort peu de rapports les uns avec les autres. Cet état de fait accroît l’opacité générale du système. » (3)

A l’heure où ces mêmes élites tentent de nous persuader que l’administratio n européenne est la panacée à nos soucis, on peut aussi s’inquiéter des compétences des fonctionnaires européens : « la France est un des seuls pays d’Europe à organiser une véritable formation des fonctionnaires, avant leur première prise de fonction. » (3)

Reste à savoir si les malencontreuses méprises méthodologiques et et les dramatiques dérives technologiques servent volontairement la vocation d’un état sécuritaire orwellien. Aucun citoyen ne peut rester insensible à ce contrôle individuel généralisé.







(1) Voir article ci-dessus : « Le contrôle social »

(2) Extrait de :
Rapport remis à Henri Plagnol, Secrétaire d’Etat à la Réforme de l’Etat. « L’Hyper-République. Bâtir l’administratio n en réseau autour du citoyen », par Pierre de La Coste. Rapporteur : Vincent Bénard. 08/01/2003

(3) La conclusion du rapport (2) cite explicitement 1984 de Georges Orwell.

(4) Extrait de :
Rapport au ministre de la fonction publique, de la réforme de l’Etat et de l’aménagement du territoire. « Moderniser l’Etat : l’encadrement supérieur ». Présenté par la commission sur la réforme de l’Ena et la formation des cadres supérieurs des fonctions publiques présidée par Monsieur Yves-Thibault de Silguy. Décembre 2003
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