
Article écrit en février 2006. Il ne prend évidemment pas en compte les mobilisations sociales autour du CPE.
Assisterons-nous à un second tour pour lequel seront retenus deux candidats ayant rallié moins de 30% des suffrages : un Sarkozy à 15% et une Royal à 13%, par exemple ? Ou un Bayrou à 15% et un Le Pen à 12% ? Ou un Sarkozy à 14% et un Fabius à 13% ? Pendant que les autres candidats, les Laguillier, Besancenot, Buffet, de Villiers, Dieudonné… se partageront, lui 6%, elle 4,5%, et le dernier 0,5% des voix.
Un Président élu avec 12% d’opinions favorables !
Comme en 2002, on risque fort de se retrouver avec un Président de la République qui aura recueilli en première intention de vote (au premier tour donc), moins de 20% des suffrages exprimés, soit l’assentiment de 12 à 14% des Français en âge de voter (résultats correspondant aux maigres performances de Jacques Chirac en 2002).
Puis, lorsque les législatives s’annonceront, nous assisterons au ras de marée habituel (lié au mode de scrutin majoritaire) qui accordera une majorité absolue à un parti politique minoritaire, probablement le PS ou l’UMP. Par le biais d’accords électoraux locaux avec ces deux grandes formations, l’UDF, le PC et les Verts tireront encore leur épingle du jeu en récupérant quelques strapontins dans l’Hémicycle. Pendant que les autres, les «petits partis», n’obtiendront pas un seul député (en 2002, même le FN qui a totalisé 18% des suffrages au second tour des présidentielles n’a pas réussi à faire élire un seul représentant à l’Assemblée !).
Une majorité absolue pour l’UMP à l’Assemblée en 2007 ?
À un an des échéances électorales, nous clamons haut et fort que nous ne voulons pas revivre ce scénario catastrophe ! Et nous devons nous élever sans attendre contre un système électoral dans lequel nous ne nous reconnaissons pas.
Il n’y a pas à chercher bien loin pour trouver les arguments qui légitiment ce refus. Une fois n’est pas coutume, ils dépassent largement les clivages partisans et les frontières idéologiques qui départagent la gauche et la droite. Cette convergence des analyses et des expressions issues de tous les horizons politiques est certainement le garant du bien-fondé de cette revendication : IL FAUT CHANGER LES RÈGLES !
Plus pertinents qu’un long discours, listons les différentes déclarations et constats qui ont émaillé l’actualité de ces 10 derniers mois.
• Qui a écrit en juillet 2005 que «78% des Français ne s’estiment pas représentés à l’Assemblée nationale» ?
«Le Figaro» qui publiait un sondage de l’institut BVA.
• Qui a affirmé en août 2005 dans les colonnes du «Nouvel Observateur», à propos des hommes politiques : «Nous n’avons plus aucune légitimité !» ?
Franck Borotra, ex-numéro 2 du RPR, ex-ministre sous Juppé, ex-député, ex-président du Conseil général des Yvelines… et, effectivement, proche du Président de la République !
• Qui a récidivé en octobre 2005, en affirmant que «76% des Français ne font pas confiance à leurs représentants» ?
«Le Parisien/Aujourd’hui en France» qui s’appuyait lui aussi sur un sondage d’opinion !
• Qui a affirmé le 16 décembre 2005 que la France n'est «pas une démocratie» mais s'apparente plutôt à «une monarchie élective» ?
Hervé Morin, Président du groupe UDF à l’Assemblée nationale !
• Et qui a dit lors du même colloque : «Quand nous analysons les causes de l'échec, l'enlisement, la stagnation de la France, nous y voyons d'abord des causes institutionnelles» ?
François Bayrou !
Et à gauche, qu’observe-t-on ? Des convergences de vues de plus en plus fortes autour d’Arnaud Montebourg, chef de file du courant socialiste «Rénover maintenant» qui appelle à la réforme constitutionnelle et à l’avènement de la VIe République.
La France victime d’un profond malaise démocratique
Voilà le constat que l’on peut tirer d’une succession d’indices qui témoignent indiscutablement d’un profond malaise démocratique. Pourtant, rien ne change ! Les règles du grand jeu électoral sont figées dans le seul but de permettre aux partis de l’establishment, UMP et PS pour l’essentiel, UDF et PC dans une moindre mesure, de conserver leurs prérogatives et l’attribution d’une manne d’argent public qui finance leurs activités, leurs permanents et leurs campagnes.
Les règles du grand jeu électoral sont figées alors qu’il faudrait les réformer rapidement pour redynamiser l’engagement républicain de tous nos concitoyens. Mais les tenants du pouvoir semblent se contenter d’une situation où PLUS DE 50% DES FRANÇAIS ne sont pas représentés à l’Assemblée nationale, quand on additionne les abstentionnistes (30 à 35%), les votes blancs et ceux des Françaises et des Français qui se sont exprimés en faveur de formations politiques non représentées dans l’Hémicycle (LCR, LO, FN, MPF – quatre formations qui totalisent près de 30% des voix).
Et quand on s’intéresse de plus près aux origines socioprofessionnelles et ethniques des «représentants» du peuple, on mesure à quel point les diversités et la mixité de la société française sont des valeurs négligées pour ne pas dire bafouées dans les plus hautes instances de la République.
Femmes, classes populaires, Français d’origines étrangères, jeunes, tous exclus !
Commençons par l’inégalité de représentation la plus visible, la plus criante : Au Palais-Bourbon, on compte 75 femmes députées pour 502 hommes (13% de l’effectif total). Elles ne sont que 11% d’élues dans le groupe UMP, 17% dans le groupe PS, 18% dans le groupe Communiste et 3% à l'UDF !
Si parmi les députés, 37 sont avocats, 44 cadres supérieurs, 27 ingénieurs, 31 médecins, 11 chirurgiens et 18 dentistes, 8 pharmaciens et 21 industriels, seuls 3 sont d'anciens ouvriers et 2 sont d’anciens marins.
Si parmi les députés, 28 sont issus des grands corps de l'État et 27 de la plus haute catégorie de fonctionnaires (la A), seuls 9 sont issus des catégories B et C de la fonction publique. Enfin, sur les 21 députés agriculteurs, un seul était salarié agricole.
Nul besoin d’une paire de lunettes à double foyers pour observer que les classes populaires sont largement sous représentées à l’Assemblée nationale. Mais cette «comptabilité de classes» s’avèrerait presque anecdotique au regard de l’analyse «ethnique» de celles et ceux qui peuplent les rangs de l’Hémicycle : Ne cherchez pas un député «issu de l’immigration» (notamment africaine), il n'y en a pas !
Enfin, 2,6% des députés ont MOINS DE 40 ANS. On comprend mieux dès lors pour quelle raison le fossé se creuse entre la jeunesse de ce pays et ses "représentants". Cerise sur le gâteau, parmi les 10 députés les plus jeunes de la majorité et de l'opposition, il y a seulement une femme… soit 10% des effectifs !
Une Assemblée qui fleure bon le XIXe siècle
Par qui sont représentés les 5 ou 6 millions de musulmans de ce pays (qui sont majoritairement des Français d’origine africaine et nord-africaine) ? Par qui sont représentés les centaines de milliers de Français d’origine asiatique, et aussi les millions de Français issus des premières vagues d’immigration d’Europe du sud (Espagne, Portugal, Italie) et de l’est (Pologne) ?
En consultant les patronymes des représentants du peuple, on a le sentiment qu’il faut être Français de souche pour avoir quelque chance d’être élu à l’Assemblée nationale. Les rares noms de famille à consonance «exotique» sont ceux des député-E-s… corses !
Voilà à quoi ressemble l’Assemblée nationale sensée représenter les Français dans toutes leurs diversités socioprofessionnelles, ethniques et religieuses : une classe de Dupont/Durand, notables de province, qui fleure bon le XIXe siècle.
Mais nous sommes au XXIe et la société française est confrontée à des situations qui imposent que les communautés nationales soient équitablement représentées. Trop d’exemples récents soulignent ce déficit chronique. Lors des récents événements des banlieues, on a pu mesurer la dramatique absence de porte-parole et de représentants de ces millions de Français qui vivent dans des quartiers défavorisés, voire laissés à l’abandon. De même, la lamentable affaire de l’article 4 de la loi du 23 février 2005 qui évoque «les aspects positifs de la colonisation» a heurté les communautés d’origines antillaise et africaine, soit au bas mot plusieurs millions de nos concitoyens qui ont été complètement exclus du vote parlementaire qui a entériné (avec l’aval des socialistes rappelons-le) un article stupide et offensant.
Voilà à quoi conduit la non représentation des habitants de ce pays dans toutes leurs diversités : à des incompréhensions qui peuvent se transformer à force d’exclusions répétées en communautarisme, puis en sectarisme, voire en affrontements. De ce point de vue le pacte républicain et l’unité du pays sont en danger.
Attaquons-nous à ce déni de démocratie !
Aujourd’hui donc, nous nous élevons contre un système qui, de notre point de vue, marginalise un nombre croissant de Français. Il est nécessaire d’inverser une tendance qui prive la majorité d’entre nous d’une représentation équitable. Les élections présidentielles et législatives semblent prendre une tournure comparable à celle que nous avons connue il y a cinq ans. Sur la forme, les résultats seront certes différents puisqu’une femme ou un homme succèdera à Jacques Chirac à la tête de l'État. Mais sur le fond, notamment à l’Assemblée nationale, le mode de scrutin privera une majorité de Français de représentants et accordera certainement une «majorité absolue» à un parti politique minoritaire. C’est à ce déni de démocratie qu’il faut absolument s’attaquer !
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Un communiqué d'APNÉE/Actuchomage
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Commentaires
(…)
En politique, le constat est affligeant :
Prenez le listing des intervenants lors de la séance du jeudi 6 octobre à 15h00 à l'Assemblée nationale.
Liste des inscrits (document officiel fourni par l'Assemblée) :
Monsieur Favennec (UMP)
Monsieur Lemoine (UMP)
Monsieur Brottes (SOC)
Monsieur Morel-A-L'Huissier (UMP)
Monsieur Mariani (UMP) - ça sonne corse ou peut-être italien… quand même.
Monsieur Manscour (SOC)
Monsieur Beaugendre (UMP)
Madame Ramonet (UMP)
Monsieur Dosé (SOC)
Monsieur Garrigue (UMP)
Madame Pons (UMP)
Monsieur Chanteguet (SOC)
Monsieur Martin (UMP)
Monsieur Perrut (UMP)
Madame Gaillard (SOC)
Monsieur Roumegoux (UMP)
Monsieur Le Mener (UMP)
Monsieur Besson (SOC)
Monsieur Binetruy (UMP)
Monsieur Auclair (UMP)
Monsieur Lurel (SOC)
Madame Martinez (UMP), ça sonne pied-noir ou espagnol… quand même !
Monsieur Martin (un autre) (SOC)
Monsieur Bernier (UMP)
Madame Guinchard (SOC)
Monsieur Cochet (NI)
…/…
Voilà !!!
Ils sont où les Ben quelque chose, les Mohamed, les Diop, les N'Guyen… ?
Voilà à quoi ressemble un débat ordinaire à l'Assemblée nationale :
• 16 UMP
• 9 Socialistes
• 1 non inscrit (Yves Cochet)
Et pas un "vrai" nom à consonance étrangère. C'est tout !
VIVE LA FRANCE !!!! Répondre | Répondre avec citation | Citer
ECHANDON Répondre | Répondre avec citation | Citer
Ce constat de l'état lamentable de nos Institutions, si peu dignes de notre pays qui mérite une vraie démocratie, il faudrait encore le compléter par celui de la tartufferie du découpage des circonscription s électorales ou certains députés sont élus avec 25 000 voix et d'autres avec 400 000 !
A mon avis, l'élection présidentielle si elle a un mérite, c'est de permettre une large palette d'expressions et il ne faut pas écarter des candidats, même complètement minoritaires (0.05 % ou moins) sous prétexte qu'ils ne seraient pas représentatifs; ils contribuent au débat et obligent les "gros" candidats à se positionner.
Si l'élection du président au suffrage universel doit être maintenue, je propose un système à trois tours au lieu de 2:
1) un premier tour identique à l'actuel
2) un deuxième tour (si acun candidat n'obtient plus de 50 % des voix au premier) avec les seuls candidats ayant obtenu plus de 15 % au premier tour (si ce système avait fonctionné en 2002 Lionnel Jospin aurait participé au 2ième tour)
3) Si aucun candidat ne dépasse 50 % au 2ième tour, seuls les 2 premiers participent au troisième.
Ceci dans la mesure où la Vième République est maintenue, ce qui mérite discussion publique, référendum à la clé !(Montebourg a émis quelques idées là dessus non ?)
En ce qui concerne lés députés, il est clair que le seul scrutin par circonscription s ne suffit pas à assurer la représentation de toutes les catégories de la poulation;
Je suggère un système ou les 2/3 (environ 380) des représentants seraient élus par circonscription (comme actuellement) et 1/3 à la proportionnelle (environ 190 députés); cette dernière liste devrait désigner des candidats "hors circonscription " et chaque liste devrait comportet un % minimum de femmes (50 % ?) de femmes, et des quotas de minorités (origine d'afrique du Nord, d'Afrique, d'Asie etc… du moins tant que la représentation de ces français(es) n'est pas devenue un acquis.
Ce système éviterait les majorités écrasantes en contradiction avec les volontés réelles des électeurs, tout en assurant malgrès tout un majorité.
Mais ce n'est pas tout : les députés "sans circonscription " pourraient par exemple se voir confier des fonctions de contrôle précises (dépenses, mises en place de lois importantes etc…
Je n'invente pas la poudre, et d'autres ont pensé à ces questions avant moi, c'et sûr. Le problème est que depuis au moins 25 ans on n'avance pas (forcément, il y en a que ça arrange…) et que ça finira dans la rue (ça a déjà commencé d'ailleurs dans queques banlieues !).
Alors on attend des propositions, au moins des candidats de l'opposition; pour l'UMP on voit bien venir un noveau charcutage de circonscription s électorales destiné à prévenir une défaîte toujour possible ! (je n'engage ici que moi !).
En conclusion, il va falloir vivre encore au moins une élection … à l'ancienne; peut être sortira t il des urnes un(e) président(e) assez lucide et généreuse pour mettre en chantier la rénovation de notre Démocratie, quelque soit le chiffre de la République !
Répondre | Répondre avec citation | Citer
Mais pour en revenir à la Démocratie, comment se nomme le candidat qui a refusé, avant le 2ème tour de la dernière présidentielle, de débattre avec son concurrent ? Et comment s'appelle le Journal satirique paraissant le mercredi qui, jusqu'au premier tour, tapait à tours de bras sur CHIRAC pour écrire ensuite qu'il fallait voter pour lui ?
Nous sommes arrivés dans ce pays à un tel niveau de déliquescence, de compromissions en tous genres et de trahisons que seule la venue du Chevalier BLanc, celui qui lave sans adoucir, permettra de respirer à nouveau l'air frais.
Il faudra, d'une manière ou d'une autre que ceux qui ont triché "passent à la caisse" (sentance à double sens ?), et ce n'est pas en changeant de République,
d'un coup de baguette magique, que les choses iront mieux. Méditez ceci :
CHASSEZ LES POLITIQUES
DONT VOUS NE VOULEZ PLUS
EN LEUR FAISANT LA NIQUE
A COUPS DE VOTES DANS'L CUL
Créons un parti fédérateur des bonnes volontés (j'ai une bonne idée sur la question) et surtout, votons et faisons voter. Pas d'abstentions ni de votes blancs qui font le lit de nos ennemis. La vie est un rapport de forces permanent,
montrons la nôtre.
ECHANDON Répondre | Répondre avec citation | Citer
Ce terme est donc parfaitement adapté à la "mise à l'écart" de certaines tranches de la population française.
En Afrique du Sud, avant l'abolition de l'apartheid, "tous ceux qui n'étaient pas considérés comme blancs devenaient des citoyens de seconde catégorie"*.
Aujourd'hui, la "composition ethnique" de l'Assemblée nationale laisse indubitablement apparaître une "mise à l'écart" de certaines populations due, notamment, à un mode de scrutin qui marginalise toutes les "minorités" au profit des grands blocs politiques traditionnels.
En cela, notre système s'oppose formellement à l’émergence de courants dissidents et/ou novateurs.
Il restreint par-là même l'apparition de nouvelles élites politiques (issues des classes populaires, donc des populations d'origines immigrées) et le renouvellement des classes dirigeantes.
De-là à parler de ségrégation institutionnali sée comme l'était l'apartheid sud-africain, certainement pas !
Mais à force de s'opposer à toute réforme et toute reconnaissance, on pourrait penser que…
* Source : http://www.nobel-paix.ch/paix_p1/apartheid.htm
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Et que dire de l'ambition profonde de l'UMP et du PS de voir l'avènement du bi-partisme en FRANCE (comme en Angleterre ou aux USA)…
ECHANDON Répondre | Répondre avec citation | Citer
La ségrégation institutionnali sée existe bel et bien. Elle a même été votée en choeur par la droite et la gauche, je veux parler de la loi FAUCHON de Juillet 2000. A VOIR ABSOLUMENT SUR LE NET (loi Faucon) et m'en dire des nouvelles…
ECHANDON Répondre | Répondre avec citation | Citer
Petit problème quand même quand APNEE cite Arnaud MONTEBOURG. Je crois savoir que ce député (qui était NPS comme Tony BLAIR est New labour) est PS, non ?
Or si l'on veut parler de déni de démocratie, il faudrait également débattre sans plus tarder de ce déni de justice opéré avec la complicité du PS. Oui, oui, je dis bien avec la complicité du PS, je n'ai pas peur des mots et je ne crains pas d'être démenti.
Car en Juillet 2000, sous la Présidence de Jacques CHIRAC, le Gouvernement de Lionel JOSPIN et le Ministère d'Elisabeth GUIGOU (Justice), le sénateur centriste UDF Pierre FAUCHON (comme Pompes Funèbres) a fait passer une loi,
sous la pression de l'AMF (Association des Maires de FRANCE), qui permet aux élites d'échapper à leur devoir, ainsi que l'analyse Guillaume PERRAULT dans son livre "Ni coupables ni Responsables" aux éditions Albin MICHEL.
Plus de responsables pour le sang contaminé, la vache folle, l'amiante, les essais nucléaires, et j'en passe et des meilleurs.
Hors donc, tant que cette infamie restera rien ne changera. On tient le pari ?
Merci d'avance à ceux qui prendront la plume après ce que je viens d'écrire, et qui, je l'ai déjà dit, est facilement vérifiable pourvu que l'on s'en donne la peine.
ECHANDON Répondre | Répondre avec citation | Citer
Les "jeunes" représentent une proportion très faible à l'Assemblée, puisque seulement 2,6% des députés ont moins de 40 ans.
Ce sont les 50-60 ans qui sont les plus nombreux, avec près de la moitié des sièges.
…/…
La parité hommes/femmes est peu respectée à l'Assemblée nationale, même chez les "jeunes".
L'Assemblée nationale est composée de 577 membres, dont seulement 75 femmes, soit 13 % des députés.
Cette sous-représentation est aussi visible dans les tranches d'âges les plus jeunes, puisque sur les 5 députés les plus jeunes de la majorité et les 5 plus jeunes de l'opposition, il y a seulement une femme… soit 10% des effectifs !
Source : http://www.linternaute.com
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J'ai peur de ne pas bien comprendre son raisonnement. Quelle quantité d'élite actuelle sur 60 et quelques millions de français ? Libéraux affairistes, haute bourgeoisie et (ex) marxistes populaires élus ? Est-ce là la majorité de la population ? non. C'est un cercle restreint à environ 5 à 10 000 personnes.
En déduisant 10000 de 60 et quelques millions de personnes, combien restent d'immigrés des classes populaires ? 80, 90, 95 % ? ou bien existe-t-il une majorité de la population muselée et invisible, même par Yves ? et qui continuerait à le rester … Pourquoi seule la classe populaire immigrée devrait-elle produire des élites ? Pourquoi un Yves s'en exclue-t-il ? Comment est-il conditionné ?
La représentation sincère n'est pas réservée aux élites existantes, ou aux immigrés. C'est quoi la démocratie ? Il y a aussi les autres opprimés tels les chômeurs et précaires, aucune analyse marxiste ne pourra le nier. Répondre | Répondre avec citation | Citer
"Le salut par un changement de République"
par Paul Alliès
Professeur de science politique à l'université de Montpellier-I, vice-président de la Convention pour la VIe République.
La France vient de vivre un épisode singulièrement illustratif du délabrement de ses institutions. Il est de nature à augmenter les risques politiques qui pèsent sur la prochaine élection présidentielle. Il affecte avant tout le régime constitutionnel sous lequel nous vivons, et pas seulement son personnel politique. Si bien qu'il devient de salut public de changer de République.
Les Français, jusqu'ici les moins avertis de ces questions, auront découvert grandeur nature l'archaïsme de la Ve République. Depuis le passage en force d'une loi au Parlement jusqu'à sa promulgation-suspension pour ne pas risquer la démission du Premier ministre, ils ont eu droit à une démonstration de ce que permettent nos actuelles règles constitutionnel les.
Ce spectacle impressionnant est-il le résultat d'une «mauvaise gouvernance», de mauvaises actions de dirigeants inexpérimentés (le Premier ministre) ou usés par le pouvoir (le Président) ? Cette thèse a été défendue par bon nombre de commentateurs. Elle fait écho à ce qu'avait été le choeur de la campagne de Lionel Jospin : «Présider autrement». Elle postule que les hommes sont plus forts que les institutions, que leur méthode de gouvernement peut changer radicalement la nature de celles-ci. On a vu, le 21
avril 2002, comment elle n'avait pas réussi à emporter la conviction de plus de 16,18 % d'électeurs. Car cette thèse est fausse : la Ve République forme un tout dont il est impossible de s'extraire, et la gauche, responsable en ce domaine de tant de contre-mesures, devrait s'en convaincre sans tarder. L'instauration du «quinquennat sec», en septembre 2000, a renforcé l'autorité du Président sur le Parlement et sa majorité, tout en renforçant son irresponsabilit é et son inviolabilité. L'inversion du
calendrier en 2002, redonnant la primeur à l'élection présidentielle, a définitivement interdit toute évolution parlementaire du système, qu'avait pourtant laissé imaginer la succession des cohabitations. Le Premier ministre peut donc gouverner à coups d'ordonnances et de 49-3, faisant du Parlement français le plus insignifiant de tous les Etats membres de l'Union européenne. Il peut aussi utiliser sa fonction dans la compétition pour l'élection présidentielle puisque la Constitution l'y encourage. C'est ce
désordre institutionnel qui aggrave la crise entre l'opinion et sa représentation politique, entre les gouvernés et les gouvernants quels qu'ils soient.
Jamais la défiance des Français n'a été aussi forte vis-à-vis de ces derniers. Le sondage TNS-Sofres des 8 et 9 mars, au début de la crise du CPE, est impitoyable : 72 % et 70 % des personnes interrogées s'estimaient mal représentées par un leader politique ou un parti. Gageons que, au cours du dernier mois, ces chiffres se sont encore élevés. Ils corroborent le divorce désormais historique entre les Français et leur système politique. A chaque occasion qui leur est donnée, ils votent volontiers «non», que
ce soit dans le référendum européen de 2005 ou aux élections régionales de 2004. La majorité des électeurs est gagnée par le vote par intermittence, le vote sanction, le vote impulsif, le vote blanc et nul, l'abstention politique enfin. Sur les 41 millions d'électeurs inscrits en 2002, 28 millions se sont ainsi mis hors système. C'est une des raisons structurelles de l'incapacité des majorités sortantes à se faire réélire, ce qui fait là encore de la France un cas rare en Europe.
La crise que nous venons de vivre ne va pas inverser ces tendances, bien au contraire. L'élection présidentielle de 2007 sera donc une date de plus dans l'érosion des partis de gouvernement, régulièrement affaiblis par un présidentialism e totalement opposé à l'évolution de la société, aux comportements participatifs des citoyens, aux attentes culturelles des jeunes. L'emballement médiatique actuel tant sur Sarkozy que sur Ségolène fait écran. Mais, si l'on ne veut pas que se répète en se caricaturant le 21
avril 2002, il faut imaginer dès maintenant un changement de régime. Force est de constater que, depuis quatre ans, les prises de position et propositions en ce sens n'ont cessé de se multiplier et de s'élargir, d'Edouard Balladur à Marie-George Buffet, en passant par François Bayrou. Arnaud Montebourg n'est plus le seul à revendiquer cette idée dont il eut l'initiative. Il incarne par contre, à lui seul, l'option primo-ministérielle contre la perspective d'un régime dit présidentiel, qui ne ferait
qu'aggraver la crise sociale et culturelle dans laquelle la Ve République nous a plongés. Comment imaginer le passage à une VIe République ? D'abord, avec un candidat qui en incarne le désir et le projet, qui dénonce clairement la responsabilité de nos institutions dans la crise de la politique. Ensuite, avec l'engagement des formations parlementaires républicaines d'utiliser les ressources de l'article 89 de l'actuelle Constitution qui donne «aux membres du Parlement» l'initiative en matière de révision.
Ce serait une bonne manière d'exploiter ce que la Constitution de 1958 conserve d'irréductiblemen t parlementaire. Elles pourraient s'accorder dès lors pour qu'une proposition soit déposée et adoptée par une «majorité d'idées» dans les deux Chambres avant d'être soumise à référendum. Sans doute la bataille sur le contenu du projet sera rude, mais elle sera de nature à offrir une perspective rassurante à tous ceux qui ne supportent plus l'installation des élites dans l'aventure et l'irresponsabilit é. Le 4
novembre 1965 le général de Gaulle abordait la campagne pour la première élection présidentielle au suffrage universel direct en ces termes : «Que l'adhésion franche et massive des citoyens m'engage à rester en fonction, l'avenir de la République nouvelle sera décidément assuré. Sinon, personne ne peut douter qu'elle s'écroulera aussitôt et que la France devra subir mais cette fois sans recours possible une confusion de l'Etat plus désastreuse encore que celle qu'elle connut autrefois.»
Alors qu'il n'y a plus de personnalité adéquate à ce régime dont la nouveauté est entièrement épuisée, il y a, par un étrange paradoxe de l'histoire, une actualité de ces propos gaulliens et la même nécessité de choix entre une nouvelle République ou le chaos. Répondre | Répondre avec citation | Citer
L'UMP vient d'annoncer son intention de "réserver" quelques strapontins aux Français issus de l'immigration récente… suivi immédiatement par le PS.
Voilà une belle leçon d'opportunisme politique : "Y'a bon Banania !".
Ne voyez dans ce célèbre slogan publicitaire aucun sous-entendu, juste l'expression de notre scepticisme… à l'égard de cette récupération politique.
D'un seul coup, comme par hasard, nos chers énarques (au PS et à l'UMP) découvrent que la France est une mosaïque… à un an d'élections capitales.
…/…
Le PS s'ouvre aux issus de l'immigration
NOUVELOBS.COM | 24.05.06 | 16:24
Le Parti socialiste a décidé de réserver 20 à 25 circonscription s, sur 577, à des candidats issus de l'immigration pour les législatives.
La direction du Parti socialiste a décidé mardi 23 mai au soir de réserver 20 à 25 circonscription s, sur 577, à des candidats issus de l'immigration pour les législatives de 2007, a-t-on appris au terme de la réunion hebdomadaire du bureau national du parti, rue de Solférino.
"Il y a certains de nos compatriotes qui souffrent de ces discriminations et nous devons montrer par ce biais que nous mettons nos actes en accord avec nos engagements", s'est félicité le Premier secrétaire François Hollande lors de cette réunion, selon les propos rapportés à l'AP par le porte-parole du PS Julien Dray.
"Un statut à part"
Interrogé sur le cas de Basile Boli, ancien footballeur de l'AJ Auxerre qui pourrait se présenter dans la première circonscription de l'Yonne, le porte-parole du PS a temporisé: "il sera traité avec un statut à part", "on n'a pas encore validé les candidats".
C'est le 14 juin que les militants socialistes doivent en effet voter dans les sections et fédérations pour désigner leur candidat pour les législatives de 2007. La liste de ces candidats sera entérinée lors d'une convention du PS à la Mutualité le 1er juillet.
Le 21 mars, la direction du PS avait déjà réservé 50% des circonscription s législatives aux femmes, pour la première fois, comme le veut la loi sur la parité du 6 juin 2000. Selon ses projections, le groupe socialiste de l'Assemblée devrait compter 34 à 35% de femmes députées après les législatives de 2007, contre 12,5% actuellement. L'Assemblée nationale compte 577 sièges. Répondre | Répondre avec citation | Citer